VINDEX, TULLUS, FLAVIUS, CORIOLAN , CURIUS
Cette Rome, seigneur, tant de fois triomphante, Qui forçait la fortune à se montrer constante. Voit enfin aujourd'hui ses honneurs effacés, Sa liberté mourante , et ses murs menacés. Nos prêtres, nos guerriers , notre consul lui-même , Oubliant de leur rang la dignité suprême , Doivent, dans votre camp, implorer vos bontés; Le sénat l'a voulu : seront-ils écoutés? Suspcndicz-vous l'assaut dont la nuit nous menace? Porterai-je aux l\om;iins leur arrêt ou leur grâce?
î5o CORIOLAN,
Je crois , seigneur, qu'on peut leur accorder deux jours. Sans redouter
Tullus , à quoi tend ce discours ?
Le conseil a remis leur sort en ma puissance ; Vous, attendez, comme eux, mes ordres en silence.
(A Flavius.)
Avant que le combat eût changé nos destins , J'avais offert la paix à vos concitoyens , Flavius; vous savez comme ils l'ont rejetée. Une plus dure loi doit leur être dictée ; Loi qui garantira pour jamais l'univers Et de l'orgueil de Rome, et du poids de ses fers. Je lui donne une nuit , et ce temps doit suflire , Si son peuple à la paix se dispose à souscrire. Mais si c'est trahison, artifice, détour
(En (lisant ces trois mots , il observe Vindex, Tullus et Klavun. •
Cette trêve est trop longue en durant jusqu'au jour.
Que ses ambassadeurs viennent sur ma pai'ole ;
Ils seront, dans mon camp, plus sûrs qu'au Capitole.
FLAVIUS
Seigneur, un temps si court
COniOLAN.
Vous m'avez entendu; Allez dire au sénat ce que j'ai résolu.
TUI.LUS, bas i VinJex.
Ce temps nous suffira