ACTE V, SCÈNE II
Il n'est plus temps de suivie un repentir timide ;
Il faut qu'à cette nuit la vengeance préside.
On refuse la paix , je ne l'offrirai plus ,
Et ces remords tardifs deviennent superflus.
Les Romains les croiraient faiblesse, inconséquence,
Ou terreur. Combattons , l'instant fatal avance.
Que la postérité dise : Ici Rome fut;
On bannit Marcius , et Rome disparut.
(Silence.)
Mais déjà nous touchons à la troisième veille. Tout dort, excepté ceux que le malheur réveille. Curius I Curius !
LE SOLDAT
De sa tente, à l'instant, Curius est sorti pour aller dans le camp.
Que je reconnais bien sa tendresse inquiète! Il croit voir des dangers qui menacent ma tête, Et ses vaines terreurs , en égax-ant ses pas , Font que, pour me sauver, il ne me défend pas. Il me laisse au pouvoir d'un soldat qui peut-être... Si l'on voulait ma mort, hélas! serait un traître. Eh! que puis-je empêcher, si l'on veut me trahir? Tant redouter la mort, c'est mille fois mourir! Ah ! pour chérir la vie , est-elle donc si belle ! Elle n'est qu'un fardeau pour un Romain rebelle. Entoure; d'ennemis, d'inconnus, d'étrangers, Cliaque pas qu'il veut faire est seuié de dangers; Tout vient lui reprocher de trahir sa patrie, El, soupçonné partout, de tout il se défie.
(11 se live.)
LE SOLDAT, àpait.
S'il va dans cette tente , il peut tout découvrir, Et , s'il fait un seul pas , je dois le prévenir.
Mais que fait Curius ? Il me semble l'entendre. Voyons.
( 11 prend son épée et son casqne. ) LE SOLDAT, courant se mettre, la pique honte, derrière la tente Je Curius.
Je crois qu'il vient, plaçons-nous pour l'attendre.