‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 78 sur 175 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

RICHARD et les précédées.

RICHARD

Tenez , voilà votre arrêt.

ARMAND

Oui, qui me fait gagner ma cause.

Allons , lisez vite , je tremble.

RICHARD

Ne le pressez pas tant, on n'apprend que trop tùt les mauvaises nouvelles.

ARM AN D, après avoir lu. • '

0 Dieu ! je suis confondu , anéanti !

RICHARD

Je vous l'avais prédit.

294 ADÈLE

ADÈLE

Montrez-moi cette lettre.

AR31AND

Non , de grâce , ne la lisez pas ; elle est si étrange , si choquante , si déplacée ! elle vous irriterait contre ma famille , et peut-être contre moi.

ADÈLE

Donnez, donnez, je le veux.

(Elle lit.)

« Je crois, mon fils, que vous avez perdu la tête; pour « la première fois de la vie, j'ai trouvé de la raison à » votre mère et du bon sens à votre oncle ; vous avez » fait un prodige ; nous sommes tous trois d'accord >> pour vous déclarer que nous ne consentirons jamais à » la folie que vous fait faire, sans doute, une coquette, » une aventurière, qui abuse de votre jeunesse et de )• notre éloignement. Nous serons à Strasbourg pres- » qu'en même temps que notre lettre; nous saurons « bien vous ramener à votre devoir, et rompre un pré- M tendu lien que vous n'aviez pas le droit de contracter » sans notre aveu, et qui est nul de toute nullité. »

EL bieni vous l'entendez?

ARMAND

Je suis perdu î

RICHARD

Ma foi , vous avez besoin de tout votre courage ; eu passant devant le Lion d'Or , j'ai vu descendre de la diligence votre père, votre mère et votre oncle : ils vont sûrement venir ici. Quel assaut à soutenir!

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