RICHARD, MICHEL DUPRÉ
MICHEL
Enfin m'y voici ; morbleu ! je croyais ne jamais arriver; toutes ces villes sont d'une longueur à traverser! Je ne sais pourquoi on a la fureur de se renfermer dans ces maudites carrières. Ah ! Richard, bonjour ; eh bien! je l'avais prédit? Voilà ce que c'est que de quitter le toit de ses pères.... Si mon frère était resté dans sa ferme , mon neveu ne serait pas devenu la dupe d'une coquette. Où est- il? où est-elle? que je les voie, que je leur lave la tête; que je les mette à la raison ; que je les sépare, et que je m'en retourne, car je suis diablement pressé. Eh bien! tu ne dis mot, parle; réponds -moi donc , finiras-tu ?
RICHARD
A quoi voulez -vous que je réponde? vous parlez si vite, que je n'ai pas même le temps de vous entendre.
MICHEL
OÙ est cette Adèle, cette écervelée , cette héroïne de romans , qui a ensorcelé mon neveu ?
RICHARD
Je ne sais pas si elle est ici.
MICHEL
Qu'elle soit au diable si elle veut : mais mon neveu , où est-il?
RICHARD
Je l'ignore; 11 n'est pas dans cette maison.
302 ADÈLE
MICHEL
Comment I n'y loge-t-il pas ?
RICHARD
Il y logeait, mais je ne sais s'il y logera encore.
MICHEL
Ceci est drôle; ne se dit- il pas marié avec cette Adèle?
RICHARD
Vous devez le savoir mieux que moi.
3IICHEL.
Oh I je vois qu'on ne peut rien tirer de cet homme, il a juré de parler sans rien dire; c'est ce qu'on apprend à la ville ; je t'avertis que ces réponses normandes m'enimient. Cours me chercher Armand ; je veux absolument le voir; et, s'il me fait trop attendre, c'est à toi que je m'en prendrai.
RICHARD, sorunt.
J'y cours, mais je ne réponds de rien.