‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 88 sur 175 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

son père et sa mère ne permettraient jamais qu'il se mariât avec une fille de la campagne.

AIR : Jclez les yeux sur le portrail.

Renfermant depuis tians nos cœurs Un sentiment si doux , si tendre , Nos yeux ont bien verse' des pleurs, Et je ne puis cncor comprendre Pourquoi les villes, de tous temps, Ont ainsi méprisé les champs.

Les pauvres enfans! Eh bien I voilà le fruit d'un sot orj;ucil.

AIR : Ainsi jadis un grand prophète.

Je ne vois partout qu'impudence, Qu'avarice et que vanité ^ On se moque de l'innocence.

Et l'on marcliande la beauté.

Trompés dans leurs extravagances, Que de fous avec leurs trésors, Croyant payer des jouissances , N'ont acheté que des remords!

ADÈLE

C'est trop vrai.

MICHEL

Armand trouvait le bonheur, la folie l'en éloigne; mais c'est ce que je ne souffrirai pas ; certes je ne le souffrirai pas, je saurai bien

Votre colère me fait trembler ; que voulez-vous donc

3o8 ADÈLE,

MICHEL

Ne craignez rien, ma chère, mon frère et ma sœur ont perdu le sens.

AIR : Amusez-vous, jeunes fillettes.

Mais, quoi qu'ils puissent faire et dire, Leurs eflbrts seront impuissansj Le pauvre Armand est en délire :

Je saurai le rendre au bon sens.

Je veux , quoique sa mère en gronde, Qu'il soit heureux dès aujourd'hui, Maigre' son père et tout le monde , S'il le faut, même malgré lui.

^ ADÈLE

Hélas! ils n'y consentiront jamais.

MICHEL

Oh ! je vais dresser une bonne donation qui fera deux heureux , si tout le monde n'est pas fou ; si tout le monde extravague , morbleu ! je leur romps en visière , et j'envoie au diable toute la famille ; mais ne craignez rien, vous dis-je. Elle est charmante... 0 les extravagans ! avec leur rouge , leurs schalls , leurs grecques , leur or , leurs diamans , auront- ils un trésor comme celui-là? Elle est fraîche, douce , simple; elle est charmante I

(Il sort.)

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