‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 96 sur 175 · SCÈNE XVI. 5l · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI. 5l

ici. Je parie que c'est une petite personne bien gauche, bien maussade , bien provinciale.

AIR : De la Caniargo.

Je la vois d'ici,

Elle est faite ainsi:

Corps e'troit et bien long,

Jupon sur jupon,

Toupet i-ctape',

Manteau mal drapé , Ton de voix glapissant,

Avec de l'accent.

Re'verence

Et silence.

Fade compliment Qui mentj

Beauté mince

De province, Voilà trait pour trait Votre vrai portrait.

Épais embonpoint,

Manches jusqu'aux poings, Petits yeux et grand nez,

Et pieds mal tournés ;

Talent négligé.

Cerveau mal rangé , Par maint vieux préjugé

Toujours engorgé.

Courant après l'esprit, Sans cause elle sourit.

Et toujours écoute sans entendre L'amant tendre Qui croit prendre Un cœur d'un grand prix Que d'autres ont pris.

320 ADÈLE

Tout homme de goût

]V'a que du de'goût Pour ces tristes sujets.

Ces fades objets.

Ce n'est qu'à Paris

Qu'il peut être e'prisj Car Paris, des houris

Est le paradis.

Et je serais le beau-père d'une femme comme cela ! Came ferait un tort irréparable. Ce salon -ci cependant n'est pas trop mal meublé. Voilà un forte -piano : comment ! elle serait musicienne ! Oh ! je gage qu'elle chante quelque air de Rameau , avec un ton bien aigre et des cadences perlées. En vérité, nos pères étaient de tristes mortels I II est bien heureux pour nous qu'ils ne soient pas tous morts de consomption. Mais qu'est-ce que je vois? une élégante ici, à Strasbourg! Ça ne se peut pas.

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