‹ Mélanges de logique d'Emm. Kant;Chapitre 16 sur 68 · DE LA CONNAISSANCE MÉTAPHTSIQUE · texte numérisé non relu

DE LA CONNAISSANCE MÉTAPHTSIQUE

lence est en soi complètement anlécédemment indéterminée, est impossible en soi. On conclut de la contingence qu’elle est indéterminée par elle-même. Nos adversaires prétendent qu’étant aussi anlécédemment indéterminée elle est complètement privée en ellemême de détermination, c’est-à-dire de futurition, et que l’intelligence divine est obligée de s’en faire une représentation.

Notre honorable adversaire avoue cependant qu’il y a là quelque chose d’incompréhensible, mais qui, grâce à la contemplation qui s’étend à l’inGni, est en parfaite harmonie avec la grandeur de l’objet. Mais tout en confessant que si l’intelligence humaine veut entrer plus avant dans les profondeurs de la connaissance, elle est à jamais incapable de pénétrer certains secrets d’une intelligence plus profonde, il est cependant vrai de dire qu’il ne s’agit pas ici de savoir comment la chose même existe, mais si elle existe. C’est donc une question de fait. Or, de l’avis même de l’adversaire, l’impossibilité d’un fait est chose tout à fait accessible à la connaissance humaine.

Réponse auxinstances invoquées par les défenseurs de V équilibre de l’indifférence.

Nos adversaires nous défient de faire justice d’exemples qui paraissent prouver de la manière la plus po-

DES PREMIERS PRINCIPES

silive et la plus manifeste, l’indiCFérence de la volonté humaine dans des actions libres. Quand nous jouons apairoxx impair, et que nous cherchons, en devinant, à gagner des fèves contenues dans la main, nous nous prononçons indifféremment, sans calcul et sans aucune raison de choisir pair plutôt qu’impair.

Ils parlent encore d’un prinee, je ne sais lequel, qui donna à quelqu’un le choix de deux boîles, parfaitement semblables par le poids, la forme et la nature; l’une contenait du plomb, l’autre de l’or ; pas de choix possible fondé sur une raison. Ils parlent, dans le môme sens, de la liberté d’indifférence à se mettre en marche du pied droit ou du pied gauche.

Un seul mol sufiil, je crois, pour répondre péremptoirement à tout eela. Quand, développant notre principe, nous parlons des raisons déterminantes, il ne s’agit pas ici d’une ou do deux espèces de raisons, par exemple, dans les actions libres, des raisons qui s’offrent à un entendement accompagné de conscience; mais de quelque manière que l’action soit déterminée, il faut, si elle doit être, qu’elle soit déterminée par une raison quelconque. I.es raisons objectives peuvent fort bien ôtrp étrangères à la détermination de la volonté, et l’équilibre entre les motifs qu’on se représente avec conscience peut être parfait, quoiqu’il y ait encore lieu à un grand nombre de raisons capables de déterminer l’esprit; car cette hésitation et cette indécision de

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l’esprit font senlement qu’une chose passe de la faculté supérieure à l’inférieure, depuis la représentation avec conscience jusqu’aux représentations obscures, dans lesquelles il est difficile d’établir l’identité parfaite des motifs. La tendance du désir inné à des jierfections ultérieures ne permet pas que l’Ame reste dans le même état. Il faut donc que l’esprit incline dans un sens ou dans un autre par la variation même de l’état des représentations internes.

Propoaitlou X.

Exposition de quelques corollaires naturels du principe de la raison déterminante.

\ . — Il ny a rien dans le raisonné qui naifété dans la raison, car il n’y a rien sans une raison déterminante; il n’y a donc rien dans le raisonné qui ne témoigne de sa raison déterminante. Mais, pourrait-on objecter, puisque les choses créées ont des limites, ne s’ensuit-il pas que Dieu, qui contient la raison de ces choses, est également limité?

Je réponds : les limites qui circonscrivent les choses finies prouvent que leur raison est également limitée dans l’acte de la création divine. Car l’action créatrice de Dieu est limitée, en raison de la limitation de l’êtreà produire. Mais cette action étant une détermination relative de Dieu, qui doit correspondre aux choses à

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produire, n’est pas interne, ni absolument intelligible en Dieu, d’où il suit que ces limitations ne conviennent pas à Dieu considéré en lui-môme. J

2. — De deux choses qui n'ont rien de commun , l'une df elles ne peut être la raison de Vautre. Cela revient à la proposition précédente.

Z. ‘Il Tl y a pas plus dans le raisonné que dans la raison. C’est encore une conséquence de la même règle.

Corollaire. — La quantité de réalité absolue dans le monde ne change naturellement ni par augmentation ni par diminution.

Eclaircissemem. — Les modifications des corps rendent frappante l’évidence de cette règle. Si, par exemple, un corps A choque et met en mouvement un autre corps B, une certaine force, une certaine réalité (1), par conséquent, s’ajoute à ce dernier. Mais une égale quantité de mouvement a été enlevée au corps choquant ; la somme des forces dans l’effet égale donc les forces de la cause. La loi qu’on a donnée du choc entre deux corps élastiques, de grosseur inégale, semble donc erronée. Mais elle ne l’est pas. Le plus petit do ces corps élastiques, en venant heurter \cplus gros, en est frappé à son tour, et acquiert, en sens op-

(1) Qu’il me soit permis do concevoir ici, avec le sens commun, la force imprimée; comme [une réalité transmise, bien qu'à proprement parler ce ne soit qu’une certaine limitation ou direction de la réalité interne.

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