‹ Mélanges de logique d'Emm. Kant;Chapitre 24 sur 68 · SCOLIE · texte numérisé non relu

SCOLIE

Notre principe paraîtra peut-être suspect d’immoralité, à cause du lien indissoluble par lequel Fâme se trouve unie à la matière dans l’exercice des fonctions internes de l’entendement, doctrine qui ne paraît pas différer beaucoup de la funeste opinion des matérialistes. Mais je ne prive nullement l’âme de l’état de ses représentations, tout en reconnaissant que cet étal serait immuable et toujours semblable à luimême, si elle était entièrement libre de tout rapport externe. Et si par hasard l’on me faisait une semblable querelle, je la retournerais contre les modernes qui, d’un commun accord, professent la nécessité de l’étroite liaison de l’âme avec un corps organisé. Je n’en citerai qu’un seul : celui de l’illustre Crusius, qui entre

DES FRESIERS FRmCIFES

si avant dans ma pensée, qu’il affirme que l’âme esl évidemment assujettie à la loi par laquelle l’effort destiné à produire les représentations est toujours accompagné de l’effort de la substance de l’âme destiné à produire un certain mouvement organique; et que si le second est empêché, le premier ne peut luimême avoir de résultat. Au reste , il ne pense pas que cette loi soit si nécessaire que Dieu ne puisse l’abolir, s’il le veut; mais, comme il admet que la nature de l’âme est soumise à cette loi, il devrait reconnaître aussi qu’une autre création de l’âme serait alors nécessaire.

Page 1