SECTION III
ObMrratâon* qui peuvent préparer à l’application de la notion des quantité* négative* aux objet* de la Pbilo*ophie.
Je n’ai fait connaître jusqu’ici que les premières vues jetées sur un objet d’une haute importance et d’une grande dilBculté. Quand, des exemples que j’ai cités et qui sont assez intelligibles, on s’élève à des propositions générales, on a raison d’appréhea* der beaucoup de faire sur uhe route non frayée des faux pas qui ne seront peut-être remarqués que par la suite. C’est 'pourquoi je ne présente ce que j’ai encore à dire là-dessus que comme un essai très-incomplet, quoique j’espère de grands avantages de l’attention qu’on pourra peut-être y donner. Je sais bien qu’un pareil aveu est une fort mauvaise recomman-
dation pour obtenir l’approbation de ceux qui demandent un ton dogmatique décidé, pour les faire entrer dans la direction où l’pn voudrait les voir. Mais, sanséprouver le moindre regret de laperte d’une approbation de ce genre, je pense que, dans une science aussi épineuse que la métaphysique, il vaut beaucoup mieux exposer d’abord ses idées à l’examen public sous la forme d’essais incertains, que de les annoncer sur-le<;hamp avec tout le soin d’une prétendue solidité et d’une complète conviction , parce qu’en agissant de cette dernière façon toute améü !i ation devient impossible, et que toute faute qui peut s’y rencontrer est irréparable.
I. Chacun comprend facilement pourquoi quelque chose n’existe pas s’il n’y a pas de raison positive de son existence ; mais il n’est pas aussi facile de comprendre comment ce qui existe cesse d’exister. Il existe, par exemple, en ce moment dans mon âme l’image du soleil, produite par la force de mon imagination. Dans un instant je cesserai de penser à cet objet. L’image qui était en moi cesse d'exister dans mon esprit, et l’état le'plus proche du précédent est zéro. Si je voulais poser en principe que la pensée a cessé d’être, parce que dans le moment suivant j’ai discontinué de la produire, la réponse ne différerait nullement delà demande : car il est précisément question de savoir comment une action qui se fait actuel-
lement peut être discontinuée, c’est-à-dire peut cesser d’exister.
Je dis donc que tout passer est un devenirnégatif, c’est-à-dire que pour faire cesser quelque chose de positifqui existe, il faut aussi bien une cause positive que pour le produire quand il n’existe pas. La raison en est dans ce qui précède. Supposons que a existe : alors a — a est seulement égal à zéro, c’est-à-dire que a ne peut être détruit qu’autant qu’une cause réelle opposée et égale est unie à la cause ou raison de a. La nature corporelle en présente partout des exemples : un mouvement ne cesse jamais entièrement ou en partie sans qu’une force motrice égale à celle qui aurait pu produire le mouvement perdu, soit en opposition avec elle. Mais l’expérience intérieure sur la suppression des idées et des passions nées de l’activité de râme, s’accorde parfaitement aussi avec ce qui précède. On sent soi-même très-manifestement que pour faire disparaître et faire cesser une pensée pleine d’affliction, il faut ordinairement une grande et véritable activité. 11 faut des efforts réels pour chasser une pensée risible quand on veut reprendre sa gravité. Toute
abstraction n’est que la suppression de certaines idées
manifestes que l’on dispose ordinairement de manière que ce qui reste soit présenté avec d’autant plus de clarté. Mais tout le monde sait quelle grande activité il faut déployer pour cela. On peut donc appeler
V abstraction ■ \iùQ attention négative, c’est-à-dire une véritable opération et une véritable action opposée à celle par laquelle la représentation devient claire, et qui j par son alliance avec qlle, produit le zéro ou le défaut (defectus) de la représentation claire. Car autrement, si elle n’était absolument qu’une négation ou un défaut, alors il faudrait aussi peu d’efforts de la part d’une force pour la produire, que pour ignorer quelque chose qu’on n’aurait jamais eu de raison de connaître
La même nécessité d’une raison positive pour la suppression d’un accident intérieur de l’àme, se montre dans l’empire sur les passions, pour lequel on peut se servir des exemples cités plus haut. Mais en général, à l’exception des cas où l’on a conscience de cette activitéopposée,et que nous avons précédemment cités, on n’a aucune raison suffisante de la reconnaître quand on ne la remarque pas clairement en soi. Je pense en ce moment, par exemple, au tigre ; cette pensée disparaît, et se trouve remplacée par celle du cheval. On ne peut assurément observer dans la vicissitude des pensées aucun effort particulier de l’âme qui ait opéré ici pour faire disparaître des pensées. Mais quelle admirable activité ne se trouve pas cachée dans les profondeurs de notre esprit, activité que nous ne remarquons pas dans son exercice, parce que les opérations en sont nombreuses, et que chacune en particn-
ESSAI
lier a’ est représeatée que lrè&-obscurément ! Les preuves en sont connues de tout le monde : il suffit de citer pour exemple ce qui se passe en nous à notre insu quand nous Usons, pour en être étonné. On peut consulter, entre autres ouvrages sur ce sujet, la Logique de Reimarus, qui fait des observations là-dessus. On peut juger par là que le jeu des représentations, et généralement de toutes les facultés de notre âme , lorsque leurs conséquences cessent après avoir réellement existé, suppose des actions opposées dont l’une est la négative de l’autre, en conséquence de certains principes que nous avons exposés, quoique l’expérience intérieure ne puisse pas toujours noos en instruire.
Si l’on fait attention aux raisons sur lesquelles repose cette règle, on apercevra aussitôt que, pour ce qui regarde V anéantissement de quelque chose qui existe, il ne peut y avoir à cet égard aucune différence entre les accidents des natures intellectuelles et les conséquences des forces agissantes dans le monde corporel ; c’est-à-dire qu’eux aussi ne sont jamais détruits autrement que par une véritable force motrice opposée à une autre, et qu’un accident interne, une pensée de l’âme, ne peut cesser d’exister sans nne force véritablement active du même sujet pensant. La distinction ne regarde ici que les différentes lois auxquelles sont soumis ces deux espèces d’êtres, puis-
que l’état de la matière ne peut être changé que par des causes extérieures, tandis que celui d’un esprit peut encore l’être par une cause intérieure. La nécessité de l’opposition réelle reste cependant toujours la même malgré cette distinction.
J’observe encore que c’est une notion illusoire de croire avoir compris la disposition des conséquences positives de l’activité de notre âme en les nommant des on«5«o/w. Il faut surtout remarquer que plus on approfondit ses jugements les plus ordinaires et les plus certains, plus on découvre de pareilles illusions, lorsque l’on se contente des mots sans rien comprendre aux choses. Que je n’aie pas en ce moment une certaine pensée si elle n’a pas existé auparavant, c’est ce qui est assez intelligible quand je dis : Je ne pense pas à cela; car ces mots signifient alors l’absence du principe, d’où l’on aperçoit l’absence de la conséquence. S’agit-il, au contraire, de savoir pourquoi une pensée qui naguère existait, n’est plus en moi : alors la réponse précédente n’est pas du tout admissible. Garce non-être est à présent une privation, et l’omission a maintenant un autre sens, savoir : la suppression d’une activitéqui existait un peu auparavant (1 ). Mais c’est la question que je me pose, et dans laquelle je ne me paie pas si aisément d’un
(1) Ce sens ne convient pas même proprement aux paroles.
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mot. On a besoin d’une grande précaution dans l’application de la règle donnée à toutes sortes de cas de la nature, afin de ne pas prendre mal à propos quelque chose de négatif pour quelque chose de positif, ce qui arrive facilement. Car le sens de la proposition que j’ai exposée ici est relatif à la naissance et à l’anéantissement de quelque chose de positif. Par exemple, l’extinction d’une flamme faute d’une matière qui l’alimente, n’est pas une naissance négative ; c’est-àdire qu’elle ne se fonde pas sur une véritable force motrice qui soit opposée à celle qui fait naître cette flamme : car la durée d’une flamme n’est pas la durée d’un mouvement qui existe déjà, c’est la production continuelle de nouveaux mouvements pard’autres molécules combustibles(l). L’extinction de la flamme n’est donc pas la suppression d’un mouvement réel, c’est seulement le défaut de nouveaux mouvements et d’autres décompositions, parce que la cause manque, à savoir : l’alimentation ultérieure du feu ; cessation qui ne doit pas être regardée alors comme la cessation d’une chose existante, mais comme le défaut de la raison d’une position possible (de la décomposition ultérieure). C’est assez. J’écris cela comme un sujet de méditation plus approfondie dans cette es-
(1) Tout corps dont les parties sont subitement réduites en gaz et exercent en conséquence la répulsion, qui est opposée à la cohésion, donne du feu et brûle, parce que le feu élémentaire, qui était auparavant on état de compression, devient libre et se répand.
pèce de connaissances : car celle explication ne peut suffire à ceux qui sont étrangers à ces sortes de questions.
II. Les propositions que je pense exposer dans ce numéro me paraissent être de la plus haute importance. Mais il faut auparavant, que j’ajoute une détermination à la notion générale des quantités négatives, détermination qu’à dessein je n’ai pas donnée plus haut, pour ne pas surcharger l’attention. Je n’ai considéré jusqu’ici que les fondements de l’opposition réelle, en tant qu’ils posent réellement dans une seule et même chose des déterminations dont l’une est la négative de l’autre, par exemple des forces motrices du même corps suivant des directions directement opposées entre elles ; et en ce cas ces causes détruisent positivement des deux côtés leurs effets, savoir, les mouvements. En conséquence, je donnerai maintenant le nom de réelle à cette opposition (oppositio aclualis). On appelle autrement, au contraire, etavec raison, ^es prédicats qui appartiennent à des choses différentes, et dont l’un ne détruit pas immédiatement la conséquence de l’autre, mais dont toutefois l’un est la négative de l’autre, en tant que chacun d’eux est tel qu’il peut également détruire ou la conséquence de l’autre, ou du moins quelque chose qui est précisément déterminé comme cette conséquence et qui lui ressemble. Cette opposition peut s’appeler opposition pos-
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eible (opposUio potentiaüs). Elles sont toutes deux réelles^ c’estrà-dire différentes de l’opposition logique ; toutes deux sont continuellement employées en ma> thématiques, et toutes deux nléritent de l’étreen philosophie. Dans deux corps qui sont mus l’un contre l’autre, suivant une môme ligne droite et avec des forces égales, ces forces, en tant qu’elles se commu- ' niquent aux deux corps dans le choc, peuvent être l’une la négative de l’autre, et même dans le prunier sens, par opposition réelle. Dans deux corps qui se meuvent en sens contraire sur une même ligne droite, et qui s’éloignent l’un de l’autre avec des forces égales, l’une de ces forces est la négative de l’autre. Mais comme dans ce cas ils ne se communiquent pas leurs forces, ils ne sont que dans une opposition virtuelle, parce que chacun d’eux détruirait la force qui est dans l’autre, s’ils venaient à se heurter dans la même direction. C’est ce que je sous-entendrai aussi dans ce qui suit relativement à toutes les raisons de l’opposition réelle dans le monde, et non pas seulement par rapport à celles qui concernent les forces motrices. Mais pour donner aussi un exemple de celleslà, on pourrait dire que le plaisir d’un homme et le déplaisir d’un autre sont en opposition virtuelle, comme si l’un devait détruire réellement le fait de l’autre, puisque dans cette opposition réelle l’un défait souvent ce que l’autre fait en suivant son plaisir.
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Comme je prends d’ane manière (ont à fail générale les raisons qui sont opposées réellement de part et d’autre, on ne peut pas exiger de moi que je rende œs notions toujours visibles par des exemples in concrète-. car autant est clair et intelligible tout ce qui appartient au mouvement et qu’on peut rendre visible, autant sont difficiles et obscures en nous les raisons réelles qui ne sont pas mécaniques, pour rendre compréhensibles leurs rapports et leurs conséquences dans l’opposition ou dans l’accord. Je me contente donc d’exposer les propositions suivantes dans leur sens général.
La première proposition est celle-ci : Dans tous les changements naturels du monde, la somme du positif, en tant quelle est évaluée comme addition des positions semblables {non des positions opposées ) , et que Von soustrait les unes des autres des positions opposées réellement, nest ni augmentée, ni diminuée.
Tout changement consiste ou dans la position de quelque chose de positif qui n’existait pas, ou dans la destruction de quelque chose de positif qui existait. Mais le changement est naturel entantque son principe fait aussi bien partie du monde que sa conséquence. Dans le premier cas, celui de la position d’une chose qui n’existait pas, le changement est donc une naissance. L’état du monde avant ce changement est, par
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rapport à cette position, égal à zéro, = 0; et, par cette naissance, la conséquence réelle est = A. Mais je dis que si A naît, — A doit aussi naître dans un changement naturel du monde, c’est-à-dire qu’il ne peut exister aucune raison naturelle d’une conséquence réelle, sans être en même temps une raison d’une autre conséquence qui est la négative de la première (1) : car la conséquence rien étant == 0, excepté en tant que la raison est posée, la somme de la position ne renferme pas plus dans la conséquence que ce qui était contenu dans l’état du monde lorsqu’il en renfermait la raison. Mais cet état de la position qui est dans la conséquence, contenait le zéro ; c’està-dire que, dans l’état précédent, la position n’était pas celle qu’on trouve dans la conséquence. Donc le changement qui en résulte dans l’ensemble do monde , d’après ses conséquences réelles ou virtuelles, ne peut être pareillement qu’égal à zéro. Comme donc, d’un côté, la conséquence est positive et == A, mais que néanmoins l’état entier de l’univers doit être égal à zéro, = 0, comme auparavant, par rapport au changement A ; mais comme la chose est
(1) De même que, par exemple, dans le choc d’un corps contre un autre, résulte en même temps la production d'un nouveau mouvement et la suppression d’un autre semblable qui existait d'abord , et que dans une baitiue personne ne peut pousser suivant une cwtaine direction un autre corps flottant sans être poussé lui-méme suivant la direction opposée.
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pourtant impossible, excepté dans le cas d’A — A, il en résulte que jamais il n’arrive naturellement dans le monde un changement positif dont la conséquence ne consiste pas, en somme, dans une opposition réelle ou virtuelle qui se détruit. Mais cette somme donne zéro, = 0, et avant le changement elle était égale- ' mont = 0 : de sorte qu’elle n’a été ni augmentée ni diminuée par là.
Dans le second cas, celui où le changement consiste dans la suppression de quelque chose de positif, la conséquence est==0. Mais, d’après le numéro précédent, l’état de l’ensemble de la raison n’était pas simplement = A, mais A — A= 0. Ainsi, d’après le mode d’estimation que je suppose ici, la position n’est ni augmentée ni diminuée dans le monde.
Je vais tâcher d’éclaircir cette proposition, qui me paraît importante. Dans les changements du monde corporel, elle passe déjà pour une règle mécanique démontrée depuis longtemps. Elle est ainsi exprimée ; Quantitas motus, summando vires corporum in easdem partes, et subtrahendo eas quce vergunt in contrarias, per mutuam illarum actionem (conflictum, pressionem, attractionem) non mutatur. Mais quoique dans la mécanique pure on ne fasse pas dériver immédiatement cette règle de la raison métaphysique, d’où nous avons tiré la proposition générale, la justesse n’en repose pas moins positivement
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sur ce fondement : car la loi de l’inertie qui constitue ce principe dans la preuve ordinaire, n’emprunte sa vérité que de l’argument que j’ai cité, ainsi que je pourrais le faire voir facilement s’il était nécessaire.
L’explication de la règle dont nous nous occupons, dans le cas où les changements ne sont pas mécaniques, par exemple dans ceux qui se font dans notre àme ou qui en dépendent en général, est de sa natnre dilBcile ; de même en général ces effets, ainsi que leurs causes, ne peuvent pas être exposés d’une manière à beaucoup près aussi claire et aussi intelligible que ceux du monde corporel. Cependant j’éclaircirai de mon mieux cette question.
L’aversion est aussi bien quelque chose de positif que le désir. La première de ces deux choses est la conséquence d’un déplaisir positif, comme l’autre est la conséquence d’un plaisir. Ce n’est qu’autant que nous ressentons en même temps à l’occasion du même objet du plaisir et du déplaisir, quelle désir et l’aversion par rapport à cet objet sont en opposition positive. Mais en tant que la même cause occasionne du plaisir dans un objet, et devient aussi la raison d’un véritable déplaisir dans un autre objet, la raison du désir est en même temps la raison de l’aversion, et le principe d’un désir est pareillement celui de quelque chose qui se trouve en opposition réelle avec lui, quoique cette opposition ne soit que virtuelle. De même
que lorsque des corps qui se meuvent sur la même ligne droite suivant une direction opposée, s’éloignent mutuellement, quoique l’un d’eux ne tende pas à détruire le mouvement de l’autre, on regarde cependant l’un de ces mouvements corn ilié le négatif de l'antre, parce qu’ils sont virtuellement opposés : de même la crainte de l’obscurité dans un homme est en raison directe du degré du désir de la gloire ; et celte crainte n’est à la vérité que virtuelle, tant que les circonstances ne se trouvent pas en opposition réelle avec la passion de la célébrité, et, par la même raison, du désir de la gloire. L’n principe positif d’un pareil degré de déplaisir est établi dans l’âme pour le cas où les circonstances du monde seraient opposées à celles qui sont favorables à la première de ces passions (1). îsous verrons bientôt qu’il n’en est pas ainsi dans l’être parfait, et que la raison de son souverain bien exclut toute possibilité même de déplaisir.
Dans les opérations de l’entendement , nous trouvons même que plus une idée devient claire et lucide, plus les autres idées deviennent obscures, plus leur clarté diminue ; de sorte que le positif qui, dans un pareil changement, devient réel, est lié à une oppo-
(1) Lé sage stolcieo devait donc extirper tous les penchants qui contiennent un sentiment d'un grand plaisir sensuel, parce qu’ils renferment aussi la raison de grands mécontentements et déplaisirs qui, d'après le jeu variable du cours du monde, peuvent détruire tout le prix de la Jouissance.
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silion réelle et positive, qui , si l’on additionne tout d’après 1 q mode d’estimation mentionné, ne diminue ni n’augmente par le changement le degré du positif.
La deuxième proposition est celle-ci : Toutes les causes réelles de l’univers , si l’on additionne celles qui sont d’accord, et que l’on en soustraie celles qui sont mutuellement opposées, donnent un résultat égal à zéro. L’ensemble du monde n’est rien en lui-môme, excepté en tant qu’il est quelque chose par la volonté d’une autre chose. La somme de toute réalité existante , en tant qu’elle a sa raison dans le monde, est donc, considérée en elle-raôme , égale au zéro, = 0. Quand même toute réalité possible en rapport avec la volonté divine donne un résultat qui est positif, la substance d'un monde ne se trouve cependant pas détruite par là. Mais il résulte nécessairement de cette substance que l’existence de ce qui a sa raison dans le monde, est en soi et par soi égale à zéro. Ainsi la somme de ce qui existe dans le monde en rapport avec la raison qui est hors de lui, est positive; mais, par rapport aux causes réelles intérieures entre elles, elle est égale à zéro. Dans le premier rapport, une opposition, des principes réels du monde à la volonté divine ne pouvant jamais avoir lieu, il n’y a en ce sens aucun anéantissement, et la somme est positive. Mais comme dans
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le second rapport le résultat est zéro, il s’ensuit que les raisons positives doivent se trouver dans une opposition telle, que si on les examine simultanément, elles donnent zéro.