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réel de l'existeoce du monde. La volonté divine est quelque chose. Le monde existant est une tout autre chose. Cependant l’une est posée par Tautre. L’état où je suis quand j’entends le nom de Stagirite est une chose par laquelle quelque autre chose prend naissance, savoir ma pensée à un philosophe. Un corps A est en mouvement, un autre B se trouve en repos sur la même ligne droite. Le mouvement de A est quelque chose ; celui de B est quelque autre chose, et cependant l’un se trouve posé par l’autre. Vous pouvez maintenant analyser la notion de la volonté divine tant que vous voudrez, vous n’y rencontrerez jamais un monde existant qü’autant qu’il y serait contenu et posé par l’identité ; il en est de même des autres cas. Je ne me laisse pas non plus payer des mots cause et effet, force et action : car dès qu unejoisjeçonsidère quelque chose comme une cause d’une autre, ou que je lui attribue la notion d’une force, j“ai déjà imaginé en elle le rapport du principe réel à la conséquence, et il est facile ensuite d'apercevoir la position de la conséquence d’après la règle de Videntité. Par exemple, au moyen de la volonté toutepuissante de Dieu, on peut comprendre très-clairement l’existence du monde. Mais ici la puissance signifie ce quelque chose en Dieu par quoi d’autres choses sont posées. Mais ce mot désigne le rapport d’un principe réel à la conséquence ; et ce rapport, je voudrais
bien qu’on me le fUcomprendre. J’observe seulement en passant que la division faite par M. Crusius du principe en principe idéal et en principe réel est entièrement différente de la mienne : car son principe idéal est identique avec le principe de connai^nce, et alors il est facile d’apercevoir que, quand je regarde déjà quelque chose comme un principe, je peux en tirer la conclusion. Ainsi, d’après ses propositions, le vent d’ouest est un principe réel des nuages pluvieux, et, en même temps, un principe idéal, parce que je peux les reconnaître et les conjecturer à ce caractère. Mais d’après nos notions, le principe réel n’est jamais un principe logique, et la pluie n’est pas posée par le vent en conséquence de la règle de l’identité. La différence entre l’opposition réelle et l’opposition logique, telle que nous l’avons exposée plus haut, est parallèle à la différence reconnue maintenant entre le principe réel et le principe logique.
J’aperçois clairement la première à l’aide du principe de contradiction, et je comprends comment, quand je pose l’éternité de Dieu, le prédicat de la mortalité est détruit parce qu’il y répugne. Mais de savoir comment le mouvement d’un corps est détruit par le mouvement d’un autre sans que celui-ci soit en contradiction avec le premier, c’est une autre question. Si je suppose l’impénétrabilité, qui est en opposition réelle avec tout corps qui cherche à pénétrer
dans l’espace qu’occupe un autre corps, je puis déjà comprendre l'anéantissement des mouvements^ mais alors j’ai converti l’opposition réelle en une autre. Que l’on cherche maintenant si l’on peut, en général, expliquer et rendre intelligible celte opposition réelle : Comment, parce qu’une chose est, une autre chose cesse-t-elle d’être? et si l’on peut en dire plus que ce que j’en ai dit, à savoir qu’elle n’arrive pas simplement en vertu du principe de contradiction. J’ai réfléchi sur la nature de notre connaissance à l’égard de nos jugements de principes et de conséquences, et j’exposerai un jour le résultat de ces opérations avec beaucoup de détail. Il en résulte aussi le rapport d’un principe réel à quelque chose qui a été posé ou supprimé par là, ne peut pas être exprimé par un jugement, mais simplement par une notion, qu’on peut bien, au moyen de l’analyse, réduire à des notions plus simples de principes réels, de manière cependant qu’à 1a fin toute notre connaissance de ce rapport aboutit à des notions simples et inanalysables, dont le rapport à la conséquence ne peut nullement être éclairci. Ceux dont les profondes lumières ne trouvent point de bornes , essayeront les méthodes de leur philosophie aussi loin qu’ils peuvent aller dans une semblable question.