‹ Mélanges de logique d'Emm. Kant;Chapitre 44 sur 68 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Comme on voit augmenter journellement le nombre des philosophes profonds, ainsi qu'ils s'appellent eu xmèmes, qui pénètrent si avant dans toutes choses, que rien même de ce qu’ils ne peuvent éclaircir ni comprendre ne leur demeure caché, je prévois déjà que la notion de l’opposition réelle que j’ai posée en principe au commencement de celte dissertation, leur paraîtra très-aride, et que la notion des quantités négatives qui a été construite sur ce fondement ne sera pasassez fondamentale. Moi, qui necherchepas à dissimuler la faiblesse de mes aperçus, et qui ne comprends ordinairement pas ce que tous les hommes croient comprendre facilement, je me flatte d’avoir droit, par mon impuissance, à l’assistance de ces grands génies, afin que leur haute sagesse puisse remplir le vide que mes lumières imparfaites ont dû laisser dans mes idées.

Je comprends très-bien comment une conséquence est posée par un principe suivant la règle de Videndté, par la raison que Y analyse des notions l’y trouve contenue. Ainsi la nécessité est une raison de l’immutabilité, la composition une raison de la divisibilité, l’infinité une raison de tonte la science ; et je puis aper-

cevoir clairement cette liaison du principe avec la conséquence, parce que la conséquence est réellement identique avec une partie de la notion du principe, et que, puisqu’elle y est déjà comprise, elle est établie par ce principe d’après la règle AeV accord. Toutefois Je serais bien aise de recevoir des éclaircissements sur la manière dont une chose dérive d’uneautre, mais pas d’après la règle de l’identité. Je nomme la première espèce de principe, principe logique, parci; que son rapport à la conséquence peut être regardé comme logique, d’après la règle de l’identité; tandis que j'appelle principe réel celui de la seconde espèce, parce que ce rapport appartient bien à mes vraies notions, mais la manière dont il a lieu ne peut être jugée en aucune façon.

En ce qui regarde maintenant ce principe réel et son rapport à la conséquence, ma question peut être présentée sous celte forme simple : Comment dois-je comprendre que, par le fait quelque chose existe, quelque autre chose existe aussi? Une conséquence logique n’est posée que parce qu’elle est identique avec le principe. L’homme peut faillir. La raison de cette faillibilité consiste dans le fini de sa nature : car si j’analyse la notion d'un esprit limité, je trouve que la faillibilité en fait partie, c’est-à-dire qu’elle est identique avec ce qui est contenu dans la notion d’un esprit fini. Mais la volonté de Dieu contient le principe.

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