TRAITÉ SE FAIX PEBFÉTUEILE
De la possibilité tfuîie paix perpétuelle en philosophie^ dans le système de la philosophie critique.
La philosophie critique est celle qui ne commence pas par essayer de bâtir ou de renverser des systèmes, ou seulement (comme le modérantisme) d’établir un toit sans maison, pour avoir, au besoin, un abri. Elle commence au contraire par l’examen de la faculté de connaître de la raison humaine (quel qu’en soit le dessein), et ne sophistique pas ainsi quand il s’agit de questions philosophiques qui ne peuvent trouver leur solution dans aucune expérience possible. — Or, il y a cependant quelque chose dans la raison humaine qui ne ptmt être connu par aucune expérience, et dont les effets pouvant être révélés par l’expérience, et dès lors absolument ordonnés (et même suivant un principe à priori), prouvent cependant la réalité et la vérité. C’est la notion de la liberté, et la loi qui en émane de l’impératif catégorique, c’est-à-dire qui prescrit d’une manière absolue. — Grâce à cet impératif, des idées qui seraient entièrement v*aines pour la raison purement spéculative, quoique celte raison nous y renvoie inévitablement comme à des principes de connaissance de notre fin dernière, reçoivent une réalité pratique, bien que moralement pratique seulement ; celle de nous comporter comme si feurs objets
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EN PniLOSOPHIE.
(Dieu et rimmortalité), qu’on peut par conséquent envisager à cet égard (pratiquement) comme des postulats, étaient donnés.
Cette philosophie, qui est toujours sur le pied de guerre (contre ceux qui confondent les phénomènes pris à contre-sens avec les choses en soi), et par là même toujours inséparable de l’activité rationnelle, fait naître l’espoir d’une éternelle paix entre les philosophes, d’un côté par suite do l’impuissance des preuves théoriques du contraire, do l’autre par la force des raisons pratiques en faveur de ses principes. Cette paix offre en outre J’avantage de tenir toujours en haleine les facultés du sujet constamment menacé, et de favoriser ainsi par la philosophie le dessein de la nature, qui est de vivifier constamment le sujet, de le préserver d’un sommeil léthargique.
A ce point de vue, on doit préférer la prétention d’un homme qui , toujours actifet encore dans l’ âge de la force, s’est illustré non-seulement dans sa partie (les mathématiques), mais aussi dans un grand nombre d’autres, le regarder non comme un messager de malheur, mais commeun vœu{Gluekcwunsch), lorsqu’il refuse absolument aux philosophes une paix qui leur permette de se reposer commodément sur de prétendus lauriers (1 ).
(1) Si la guerre pouvait être évitée ,
Et la sagesse être écoutée,
Tous les hommes vivraient en paix.
Quant aux philosophes, jamais. Kaestker.