‹ Mélanges de logiqueChapitre 49 sur 60 · J8Ü DE L’USAGE DES PRINCIPES TÉLÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

J8Ü DE L’USAGE DES PRINCIPES TÉLÉOLOGIQUES

maine ne suffît, par exemple, la première formation des plantes et des animaux, elle serait sans doute, comme le dit M. Forster, une science à faire par des Dieux qui auraient été contemporains du fait, ou même les auteurs, et non une science à attendre des hommes. Mais si l’ histoire naturelle consiste à dériver des forces de la nature, telles qu'elles s’offrent à nous maintenant, l'enchaînement de certaines propriétés actuelles de la nature des choses avec leurs causes dans un temps antérieur, et cela aussi loin seulement que l’analogie permet de remonter, une pareille histoire naturelle est non-seulement possible, mais elle a été assez fréquemment essayée par des naturalistes profonds, quels qu’aient été leurs succès, par exemple dans les théories de la terre (où celle de l’ illustre Liçmée trouve aussi sa place). La conjecture de M. Forster lui-même, sur la première origine du nègre , n’appartient certainement pas non plus à la description de la nature, mais seulement à Hiisloirc naturelle. Cette différence tient à la nature des choses, et je ne demande par là rien de nouveau ; je veux seulement qu’on sépare avec soin une chose d’une autre chose, parce qu’elles sont entièrement hétérogènes*, et que si l’une (la description de la nature) fait l’etTet d’une science dans tout le luxe d‘un grand système, l’autre (l’histoire naturelle) ne peut montrer que des fragments ou des hypothèses incertaines.

EX PHILOSOPHIE. ?81

Grâce à cette distinction et â l'exposition de l'histoire naturelle, comme science propre, quoique maintenant (peut-être aussi à jamais) plus exécutable pour l’apparence que pour la réalité (dans laquelle pourrait bien se trouver indiqué pour réponse à la plupart des questions un vacat ), j'espère faire en sorte que par une prétendue connaissance on n’attribue pas à l’une ce qui n’appartient qu’à l’autre, et qu’on apprenne à distinguer plus nettement la circonscription des connaissances réelles en histoire naturelle (car on en possède quelques-unes), en même temps que les limites qui lui sont assignées par la raison, et les principes qui pourraient servir à la faire cultiver avec le plus de succès. On ‘doit me pardonner cet embarras, puisque j’ai constatéet fait ressortir dans d’autres cas, quoique pas précisément au gré de chacun, un grand nombre d’inconvénients résultant du peu de soin qu’on a pris de délimiter les sciences, et qu’en outrejesuis très-persuadé que la simple séparation de l’hétérogène qu’on avait auparavant pris pêle-mêle, doit souvent apporter aux sciences une lumière toute nouvelle, en même temps sans doute qu’elle décèlera bien des pauvretés qui pouvaient auparavant se déguiser sous des connaissances étrangères. Mais aussi elle mettra en évidence un grand nombre de véritables sources de la connaissance dont, on n’aurait pas soupçonné la place. La plus grande diffi-

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