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PROFIT D’UNE PHILOSOPHIE PRATIQUE

Grâce à la raison, Pâme de l’homme a reçu un esprit (mens, vous), qui fait que sa vie n’est pas soumise

au pur mécanisme de la nature et à ses lois techni-

quement pratiques, mais qu’elle peut être réglée sur la spontanéité de la liberté et sur ses lois moralement pratiques. Ce principe de vie ne se fonde pas sur des notions du sensible , qui toutes présupposent (avant tout usage pratique de la raison) une science , c’està-dire une connaissance théorique ; il procède au contraire étroitement et immédiatement d’une idée du sursensible , de la liberté et de l’impératif moral ca-

tégorique, qui nous la révèle. Il fonde ainsi une phi-

losophie dont la théorie n’est pas, il est vrai (comme

EN PIIH.OSOPHIE.

les mathématiques), un bon instrument (propre à toutes sortes de fins), par conséquent un simple moyen, mais quïZ est obligatoire en soi de mettre en pratique.

Qu est-ce que la philosophie comme doctrine qui est , de toutes les sciences, la plus nécessaire à V homme ?

C’est celle, comme le nom le fait assez voir, qui a pour objet la recherche de la sagesse. La sagesse est l’accord de la volonté avec la fin derniere (le souverain bien). Et comme cette fin, en tant qu’elle est accessible, est aussi un devoir et réciproquement, en ce sens que si elle est un devoir, elle doit aussi être accessible, est une loi des actions, mais une loi morale, la sagesse pour les hommes n’est autre chose que le principe interne de la volonté de suivre les lois morales, quel qu’en puisse être V objet, parce qu’une volonté déterminée par un objet empirique peut bien servir de base à une règle techniquement pratique, mais pas à un devoir (qui n’est pas un rapport physique).

Des objets sursensibles de notre connaissance .

Ce sont Dieu , la liberté et l’ Immortalité. — 1 0 Dieu comme être qui oblige tous les autres; 2° la Liberté

traité de paix perpétuelle

comme faculté que possède l’homme d’assurer l’accomplissement de ses devoirs (comme préceptes divins) contre toute puissance de la nature ; 3° \' Immortalité, comme état où le bonheur ou le malheur de l'homme doit être en rapport avec son mérite moral.

On voit que ces trois choses forment en elles comme

l’enchaînement des trois propositions d’un raisonnement attributif; et comme aucune réalité objective ne peut leur être théoriquement accordée, parce qu’elles sont des idées du sursensible, on ne leur en conçoit une possible, si elles en sont susceptibles d’ailleurs, qu’au point de vue pratique, comme postulats de la

raison moralement pratique (1).

Parmi ces idees, la moyenne, celle de liberté, dont l’existence est contenue dans l’impératif catégorique, qui ne permet aucun doute, est accompagnée des deux autres. L’impératif supposant le principe suprême de la sagesse, par conséquent aussi la fin dernière de la volonté parfaite (la suprême félicité d’accord avec la moralité), contient seulement la condition sans laquelle

seufe cette fin peut être atteinte. En effet l'être qui

(t) Un postulat est un impératif pratique, donné à priori , dont la possibilité n’est susceptible, d’aucune explication (par conséquent d’aucune preuve). On ne postule donc pas des choses, ou en général l 'existence de quelque objet, mais seulement une maxime (règle) de l’action d’un sujet. — Si donc il y a devoir d’agir pour une certaine fin (le souverain bien), je dois aussi pouvoir admettre quil y a des conditions sous lesquelles seules l’accomplissement d’un devoir est possible, quoique ces conditions soient sursensibles, et que nous ne puissions en avoir (théoriquement) aucune connaissance.

EN PHILOSOPHIE

peut seul opérer cette équitable rétribution est Dieu ; et l’état dans lequel seul cette justice peut être rendue à des êtres raisonnables faisant partie de ce monde d’une manière parfaitement d’accord avec cette fin dernière, est celui d’une durée de vie déjà fondée dans la nature même, c’est-à-dire V immortalité. Car si la durée ultérieure de la vie n’avait pas là sa raison d’être, elle n’indiquerait qu’une espéraiicc d’une vie à venir, mais pas une vie future nécessaire à supposer par la raison (en conséquence de l’impératif moral).

Résultat .

C’est donc un simple malentendu, ou une confusion des principes moralement pratiques de la moralité avec les principes théoriques sans lesquels seuls les premiers peuvent être donnés par rapport à la connaissance du sursensible, s’il y a encore débat sur ce qu’enseigne

la philosophie comme science de la sagesse ; et l’on

peut annoncer avec fondement de cette science, parce qu’on ne peut et qu’on ne pourrait plus rien lui opposer de sérieux, La prochaine conclusion d’un traité de paix perpétuelle en philosophie .

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