‹ Mélanges de logique. Traduits de l'allemandChapitre 50 sur 77 · ENTRE KANT ET LAMBEUT · texte numérisé non relu

ENTRE KANT ET LAMBEUT

seuleincut qu'on no doil pas délinir le temps et la (inrôe, mais simplement les concevoir. Tous les chani^emenls liennout au temps et ne sont pas concevables sans le temps. Si les changements sont - . » j réels^ le temps est alors re'el, ce (pfil peut toujours l ^ fr*'"*^^ être. Si le temps n'est pas réel^ aucun changement \ non plus n'est réel. H me paraît cependant qu'un idéaliste même doit reconnaître, au moins dans ses représentations, qu'il y a des changements, quelles commencent et qu'elles finissent, que quelque chose précède réellement, existe. Amsi le tenijs ne peut pas être regardé comme quelque chose qui n'est^^.? réel. Il n'est pas une substance, etc., mais c'est une détermination finie de la durée, avec laquelle il a quelque chose de réel, en quoi ce réel peut toujours subsister {etwas Reaies y worin dièses auch immer hestehen mag). S'il est impossible de le nommer d'aucun nom pris d'autres choses, sans danger d'équivoque, il doit ou recevoir un nom nouveau, primitiviim, ou rester sans nom. Le réel du temps et de l'espace semble si bien avoir quelque chose de simple et d'hétérogène par rapport à tout le reste, que l'on peut seu- . lemeutle concevoir; on ne peut le définir. La durée semble être inséparable de l'existence. Ce qui existe dure aussi pendant un certain tempsabsolument, et récipro* quement ce qui dure doit nécessairement exisier aussi longtemps qu'il dure. Des choses existantes d'une

durée qui n'est pas absolue, sont ordonnées suivant le temps, en ce sens qu'elles commencent, durent, changent, finissent, etc. Ne pouvant refuser aux changements la réalité sans connaître auparavant quelque autre chose, je ne puis pas non plus dire maintenant que le temps, non plus que Tespace, ne soit qu'un auxiliaire des représentations humaines. Du reste, pour ce qui est des locutions vicieuses dans les langues par rapport au temps, il est toujours bon de remarquer les équivoques que le mot temps peut faire iKiitre. Par exemple :

Un lojig temps est intervallum temporis vel duorum momentorum et signifie une durée déterminée.

f^ers ce temps-là, à cette époque^ etc., est ou un instant déterminé, comme en astronomie tempus immersionis, emersionis^ etc., ou une durée un peu indéterminée, plus petite ou plus grande, antérieure ou postérieure à l'instant, ou un point de temps, etc.

Vous présumerez facilement ma pensée par rapport au lieu et à l'espace. J'établis l'analogie :

Temps : durée = lieu : espace, analogie qui a fait rigoureusement disparaître l'équivoque des expressions, et qui ne change qu'en cela seulement, que l'espace a trois dimensions, la durée une seule, et qu'en outre chacune de ces notions a ({uelque chose de propre. Comme la durée, l'espace

ENTHE KANT ET UMUKRT. 309

a quelque chose d'absolu, ot aussi des déterminations finies. L'espace, comme la durée, a une réalilé (jiii lui est propre, qu'on ne peut ni donner ni définir, sans crainte de malentendu, en prenant des mots tirés d'autres choses. C'est quelque chose do simple et qui doit être conçu. Le monde intelligible tout entier n'appartient pas à l'espace; mais il a un simulacre d'espace, qui se distingue facilement de l'espace physique, et qui otîre avec l'espace une ressemblance peut-être plus intime qu'une ressemblance métaphorique.

Les dilïlcultés théologiques qui ont rendu si épineuse la théorie de l'espace, surtout depuis Leibniz et Clarke, ne m'ont pas encore troublé. C'est que je laisse volontiers indécis un différend qui ne peut être clairement posé. Du reste, je n'ai pas voulu, dans mon ontologie, m'occuper des autres parties de la métaphysique. Je ne trouve donc pas à redire qu'on regarde le temps et l'espace comme de simples figures et comme des phénomènes. Car outre qu'une apparence constante est pour nous une vérité, où ce qu'il y a de fondamental ne sera jamais découvert ou ne le sera que plus tard, il est utile, en ontologie, de s'occuper aussi des notions qui ont pris leur crédit dans l'appaience, parce que la théorie doit cependant Jinir par être appliquée aux phénomènes. Car l'astronome aussi commence par le phénomène ; il en déduit la théorie de l'univers et l'applique, dans ses

310 fOURESPOXDANCE PHILOSOPHIQUE

éphémérides, aux phénomènes et à leur prédiction. En métaphysique, où la difficulté de l'apparence est si importante, la méthode de l'astronome sera plus sûre. Le métaphysicien peut tout admettre comme apparence, distinguer la vaine de la réelle, conclure du réel au vrai. Et sil marche bien, il rencontrera peu de contradiction pour les principes, et, en général, de l'assentiment; seulement, il semble qu'il faille pour cela du temps et de la patience.

Je serai plus bref par rapport à la cinquième seclion. Je tiens pour très-important, monsieur, si vous pouvez trouver un moyen de scruter plus profondément le principe et l'origine des vérités qui tiennent au temps et au lieu. Mais, en ce qui regarde la méthode, je n'aurais à dire ici que ce que j'ai déjà dit auparavant à propos du temps. Car si les changements^ et avec eux le temps et la durée sont quelque chose de réel, il semble en résulter (^«e /<t séparation proposée dans la cinquième section, doit avoir un autre but et, en partie, plus nettement déterminé, et qu'en conséquence il faudrait aussi une autre classification. Ce qui me fait penser ainsi, ce sont les §§ 25 et 2G. Par rapport au § 27, le qnicqidd est, est alicuhi et aliquando^ est en partie erroné, en partie équivoque, s'il signifie la môme chose que in teinpore et in loco. Ce qui dure absolute n'est pas in tempore, et le monde intelligible n'est que in loco du simulachri

Page 1