‹ Mélanges de logique. Traduits de l'allemandChapitre 51 sur 77 · ENTRE KANT ET LVMUEIIT · texte numérisé non relu

ENTRE KANT ET LVMUEIIT

uui)ara\aul mcnlionné de l'espace, ou in loco do Tespacc imai^inaire (Geda/ikenraums).

Ce (jtie vous dites § 2S, et dans la remarque, p. 2 el3, de Viiijiiii mathématique^ qu'il est dénaturé en métapliysicjiK^ |)ar des délinilions, et qu'un autre lui est substitué, est tout à fait dans mon sens. Par rapport au § 28, où il est question du simul esse et non esse^']t pense qu'il y a aussi dans le monde intelligible un simulachrum temporis^ et que le simul en vient, quand il se rencontre dans des preuves de vérités abso'ues qui ne tiennent ni au temps ni au lieu. Je croirais que le simulachrum spatii et temporis dans le monde inlell.i^ible pourrait fort bien trouver sa place dans voire théorie. C'est une copie de lespace et du temps réels, et qui en est cependant très-distincte. Nous avons encore dans la connaissance symbolique un moyen terme entre le sentir et le vrai penser pur. Si nous procédons convenablement dans la notation du simple et du mode de composition, nous aurons des règles certaines pour établir des signes de choses tellement composées que nous ne pouvons plus les penser, avec Vassurance cependant que la notation représente la vérité. Personne encore ne s'est représenté clairement tous les membres d'une série infinie en même temps, et personne ne le fera jamais. Mais, grâce aux lois de la connaissance symbolique, nous pouvons calculer avec ces sortes de séries, nous pouvons en

donner la somme, etc, ; nousdépassons ainsi les limites de notre pensée réelle. Le signe A-1 représente un nonêtre inconcevable, et peut cependant très-bien servir à trouver des théorèmes. Ce qu'on tient ordinairement pour des preuves de l'entendement pur no doit être regardé le plus souvent que comme des preuves de la connaissance symbolique. C'est ce que je disais, § 122 de la Pkénoméfiologie, à l'occasion de la question du § 11 9, et je n'ai rien à dire contre la remarque tout à fait générale du § \ 0.

Je m'en tiendrai là ; vous ferez de ce que j'ai dit tel usage qu'il vous plaira. Je vous prie cependant d'examiner avec quelque attention les propositions soulignées dans cotte lettre, et de vouloir bien, si vous en avez le temps, m'en dire votre jugement. Jusqu'ici je n'ai pu refuser encore toute réalité au temps et à Tespace, ni en faire de simples images et apparences ; si je pensais que tous les changements dussent être une pure apparence, ce serait contraire à l'une de mes propositions principales (§ 54 de\3i Phénomériologie) (1). Des changements se succèdent, persistent, cessent, etc. ; toutes expressions uniquement prises du temps. Si

(1) L'allemand dit, au contraire : Je jjcnse que tous les cliangemenls doivent nui^si cire une pure apparence. Ce serait contraire, etc. Jch denke dass jede Veracndcrunrjen auck blosser Schcin mussten. Die~ sestcaere cinem, etc. Ces deux phrases se conciliant mal entre elles, et !a première avec ce que l'auteur a dit précédemment de la réalité des chanj:emenls, j'ai supposé qu'il y a ici qucl([uc faute, et j'ai traduit on conséqueucc. {N. du trad.)

ENTRi: KANT ET LVMBEnT. .'H 3

VOUS [)ouvoz, Monsieur, ui'appreudrc autre cliosc làdessus, je n'aurai pas beaucoup à perdre. Le temps et l'espace seront une apparence réelle, ayant pour fondement quelque chose qui se règle avec autant de précision et de suite en apparence, qu'il peut y avoir de suite et de précision dans les vérités géométriques. Mais je dois dire cependant qu'une apparence qui absolument ne trompe jamais pourrait bien élre plus qu'une apparence.

P.'S. -^ Je. présume que les journaux de Haude et de Spener iront à Kœnigsberg. Je me bornerai donc à vous dire ici que, dans le n" i 1 6 du 27 septembre, j'ai eu l'occasion de dire au public comment s'est déjà trouvé quelqu'un qui étendra les tables des diviseurs des jiombres^ qui se trouvent dans mes additions aux tables logarithmiques et trigonométriques^ jusqu'à 204,000 et peut-être plus loin, et qu'une personne a entrepris de calculer les Zog-^nV/zme^ hyperboliques jusqu'à plusieurs décimales. Je vous en informe, afin d'éviter un double travail, et que le calcul soit consacré à d'autres tables encore toutes à faire. Il y a ici et là des amateurs de mathématiques qui s'en chargeront volontiers ; et j'ai lieu d'espérer que r invitation qui en sera faite dans les Catalogues généraux des bibliothèques, dans les Affiches de Goëttingue et àdiWs\QS Journaux savants de Leipzig, portera ses fruits. Si vous trouviez, Monsieur, quel-

'SU coR^ESP. rniLOs. entre kant et lambert. qu'un de voire pays qui prît plaisir à ces sortes de calculs, j'en serais charmé. Un éditeur ne compte pas le temps et la peine d'après le mérite, et je retirerai difficilement au delà d'un ducat par feuille. Pour ce qui est des bénéfices ultérieurs, je ne demande rien ; mais chacun pourra retirer des mains de l'éditeur même ce qui pourrait lui en revenir. Du reste, celui qui s'offrira le premier à calculer les tables encore à faire aura, comme de raison, le choix, s'il présente des garanties de capacité. C'est ainsi que j'ai toujours laissé le choix à quelqu'un qui s'est présenté, soit I)Our calculer lui-même ou pour faire calculer. La table des diviseurs des nombres s'élève peut-être bien à 1,000,000, et pourrait seule former deux volumes in-S".

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