TRAITÉ DE PAIX PERPÉTUELLE
y action {Eiiivlrkung) de forces excitantes (dans l'excitation vitale) et dans la faculté de réagir sur les forces excitantes (la faculté vitale), et il appelle sain l'homme dans lequel une excitation proportionnelle produit un effet qui n'est ni trop fort ni trop faible. L'opération animale de la nature serait au contraire chimique^ et serait naturellement suivie de la corruption. En sorte que la corruption ne devrait pas être (comme on le croyait autrefois) une conséquence et une suite de la mort ; c'est au contraire la mort qui devrait être une conséquence de la corruption. — La nature est ici représentée dans l'homme avant son humanité, par conséquent dans son universalité, telle qu'elle agit dans l'animal, pour développer seulement des forces que l'homme peut ensuite appliquer suivant des lois de liberté ; mais cette activité et son excitation ne sont point pratiques ; elles ne sont que mécaniques encore.
DES CAUSES PHYSIQUES DE LA PmLOSOPHlE DE l'hOMMK.
Si Von fait abstraction delà conscience, qui dislingue l'homme de tous les autres animaux, qui en fait un animal raisonnable (qui ne peut avoir qu'««e seule àrae, puisqu'il n'a qu'une conscience), \e pen-
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chant à se servir de (cllc fiiculli' pour raisonner, et même pour raisoiuicr par simples notions, e'esl-à-dire \)o\\v pJiilosnp]ici\ |)reii(l un caraelère méthodique. Il f(Mid à V(^\er autrui par la polt'mnpie philosophi(|ue, cest-ù-dire à disputer. VA comme il n'est pas facile de le faire sans passion, il va jusqu'à quereller en faveur de sa philosophie, et même jusqu'à Jaire une guerre ouverte en masses réunies les unes contre les autres (école contre école, comme armée contre armée). Ce penchant, ou plutôt celte démangeaison doit être regardée comme une des bienfaisantes et sages institutions de la nature; elle s'en sert pour préserver l'homme d'un grand mal, celui de tomber en pourriture, malgré sa vie corporelle.
De l'action physique de la philosophie.
Cette action est la santé {status salubritatis) de la raison, comme effet de la philosophie. — Mais comme la sanlé de Thomnie (d'après ce qui précède) est un mouvement continuel de la maladie à la santé et réciproquement, la seule diète de la raison pratique (comme une sorte de gymnastique de cette raison] ne suffît pas pour maintenir l'équilibre qu'on appelle sanlé; la philosophie doit agir (ihérapeuliquement) comxwQreniède [materia medica); remède dont l'usage exige des administrateurs et des médecins (ces der-
HjH TnAITL DE PAIX rCRrÉTUELLE
niers ont seuls le droit de prescrire cet usage). A propos de quoi la police doit veiller à ce que de vrais médecins, des médecins habiles et non de simples -anialeiirs, s'arrogent le droit de conseiller l'étude de telle ou telle philosophie, et qu'ainsi on ne déshonore pas un art dont on ne possède que les premiers éléments.
Le philosophe Posidonius est un exemple de la philosophie, comme moyen médical, par l'expérience faite sur sa personne en présence du grand Pompée (Cicer. Tuscul. quaesl. II, 61) : par une vive attaque contre Técole d'Epicure, il surmonta un violent accès de goutte, la fit descendre aux pieds, sans lui permettre de se fixer au cœur ou à la tète, et prouva par là ^effet physique de la philosophie, tel que la nature l'envisage (la santé corporelle), lorsqu'il déclamait sur la proposition que la douleur n'est pas un mal{\).
(1/ Il est plus facile en latin qu'en jircc d'éviter l'équivoque dans les expressions souffrance {vmlum) et péché {pravuin).—Pii\- rapjiort au bieii-étre et à la souffrance (la douleur), riionime fcomme tous les èlres sensibles) est soumis à la loi de la nature et purement passif; par rapport au pcché (et au bien moral), il est soumis à la loi de la liberté. La première contient ce que l'homme souffre; la seconde, ce qu'il fait librement. Par rapport au destin la distinction entre le droit et le gauche [fato rel drxtro, ici sinisiro) est une simple diil'ércncc dans le rajjport extérieur de l'homme. Afais quant à la li!)erté et au rapport de la loi à ses inclinations, c'est une distinction dans l'intérieur de lui-même. — Dans le premier cas le droit est opposé à loblique {rectum obliqua) ; dans le second, le droit est opjiosé au courbe, au rabougri, au lordu {rectum pravo s. varo, oblorto).
^i les Latins ont assigne à l'événement malheureux le côlé gauche,
EN rUMoSOPHIE. ifil
De V apparence de l impossibilité d'une paix perpétuelle eu philosophie .
Le dogmatisme (celui de l'école de Wolf, [)ar exemple) est un oreiller pour dormir, et le terme de loule animation, bien que l'animation soit cependant le bienfait de la philosophie. — Le scepticisme^ qui, lorsqu'il est absolu, est le contraire du dogmatisme, n'a rien avec quoi il puisse exercer sur la raison mobile quelque influence, parce qu'il ne fait usage de rien. — Le modérantisme^ qui tient le milieu, croit trouver dans la vraisemblance subjective la pierre de touche des sages, et pense qu'en accumulant un grand nombre de principes isolés (dont aucun n'est en soi démonstratif; il suppléera au défaut de la raison suffisante; mais ce n'est pas là une philosophie; il en est de ce remède (la doxologie), comme de la teinture contre la peste ou de la thériaque vénitienne, qui ne sont bonnes à rien^ à cause de la trop grande propriété qu'elles ont en tous sens.
c'est peut-être parce qu'on est moins habile à repousser une attaque avec la main gauche qu'avec la droite. Mais si, dans les présages, quand l'augure avait tourné ses regards vers ce qu'on appelait le temple (le midi) , il regardait comme favorable l'éclair de gauche, c'est peut-être par la raison que le Jupiter Tonnant, qui était imaginé regardant l'augure, tenait la foudre de la main droite.