‹ Mélanges de logique. Traduits de l'allemandChapitre 74 sur 77 · TRAITÉ DE PAIX PERPÉTUELLE · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE PAIX PERPÉTUELLE

De la possibilité d'une pnia: perpétuelle en philosophie^ dans le système de La philosophie critique.

La philosophie critique est celle qui ne commence pas par essayer de bâtir ou de renverser des systèmes, ou seulement (comme le modérantisme) d'établir un toit sans maison, pour avoir, au besoin, un abri. Elle commence au contraire par Texamen de \à faculté de connaître de la raison humaine (quel qu'en soit le dessein), et ne sophistique pas ainsi quand il s'agit de questions philosophiques qui ne peuvent trouver leur solution dans aucune expérience possible. — Or, il y a cependant quelque chose dans la raison humaine qui ne p<;ut être connu par aiicune expérience, et dont les eiïels pouvant êtie révélés par l'expérience, et dès lors absolument ordonnés (et même suivant un principe à priori), prouvent cependant la réalité et la vérité. C'est la notion de la liberté, et la loi qui en émane de l'impératif catégorique, c'est-à-dire qui prescrit d'une manière absolue. — Grâce à cet impératif, des idées qui seraient entièrement vaines pour la raison purement spéculative, quoiipie cette raison nous y renvoie inévitablement comme à des principes de connaissance de notre (in dernière, reçoivent une réalité pratique, bien que moralement piatique seulement ; celle de nous comporter cumme si leurs objets

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(Dieu et rimmortalité), qifon peut par conséquent envisager à cet égard (prali(iucmenl) comme des postulats, étaient donnes.

Cette philosophie, qui est toujours sur le pied de guerre (contre ceux qui confondent les pliénomènes pris à contre-sens avec les choses en soi), et par là même toujours inséparable de l'activité rationnelle, fait naître l'espoir d'une éternelle paix entre les philosophes, d'un côté par suite de l'impuissance des preuves théoriques du contraire, de l'autre par la force des raisons pratiques en faveur de ses principes. Cette paix offre en outre l'avantage de tenir toujours en haleine les facultés du sujet constamment menacé, et de favoriser ainsi par la philosophie le dessein de la nature, qui est de vivifier constamment le sujet, de le préserver d'un sommeil léthargique.

A ce point de vue, on doit préférer la prétention d'un homme qui, toujoursactifetencoredansTâgedela force, s'est illustré non-seulement dans sa partie (les mathématiques), mais aussi dans un grand nombre d'autres, le regarder non comme un messager de malheur, mais QommQVinvœu[Gluekc\vunsch)^\oYS(\\x''\\ refuse absolument aux philosophes une paix qui leur permette de se reposer commodément sur de prétendus lauriers (1 ).

(1) Si la guerre pouvait être évitée , Et la sagesse être écoutée, Tous les hommes vivraient en paix. Quant aux philosophes, jamais. Kaestxer.

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En effet, une paix semblable ne manquerait guère d'énerver les facultés , et tromperait les intentions de la nature par rapport à la philosophie, comme moyen constant de pousser l'humanité à sa fin dernière. Au contraire, une constitution guerrière n'est pas encore la guerre; elle peut et doit bien plutôt la prévenir par une prépondérance décisive des raisons pratiques sur les raisons contraires, et assurer ainsi la paix.

FONDEMENTS HiPERPHYSIQUES DE LA VIE DE l'hOMME AU PROFIT d'une PHILOSOPHIE PRATIQUE.

Grâce à la raison, Pâme de l'homme a reçu un esprit (mens, vou;), qui fait que sa vie n'est pas soumise au pur riiécanisme de la nature et à ses lois techniquement pratiques, mais qu'elle peut être réglée sur la spontanéité de la liberté et sur ses lois moralement pratiques. Ce principe de vie ne se fonde pas sur des notions du seiisible, qui toutes présupposent (avant tout usage pratique de la raison) une science, c'està-dire une connaissance théorique ; il procède au contraire étroitement et immédiatement d'une idée du sursensihle^ de la liberté et de l'impératif moral catégorique, qui nous la révèle. Il fonde ainsi une philosophie dont la théorie n'est pas, il est vrai (comme

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lt*s nialht'nialiqucs), un bon inslruiiicnt (propre à toutes sortes de tins), par conséquent un simple moyen, mais qu'il est obligatoire en soi de mettre en pratiijuc.

(Qu'est-ce que la philosopJiie comme doctrine qui esty de toutes les sciences, la plus nécessaire à l'homme?

C'est celle, comme le nom le fait assez voir, qui a pour objet la recherche de la sagesse. La sagesse est l'accord de la volonlé avec la fin dernière {lesouxeram bien). Et comme cette fin, en tant qu'elle est accessible, est aussi un devoir et réciproquement, en ce sens que si elle est un devoir, elle doit aussi être accessible, est une loi des actions, mais une loi morale, la sagesse pour les hommes n'est autre chose que le principe interne de la volonté de suivre les lois morales, quel qu'en puisse être Vobjet, parce qu'une volonté déterminée par un objet empirique peut bien servir de base à une règle techniquement pratique, mais pas à un de\>oir (qui n'est pas un rapport physique).

Des objets sursensibles de notre connaissance.

Ce sont Dieu, la liberté ^i V Immortalité. — 1 ° Dieu comme être qui oblige tous les autres j 2" la Liberté

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