IQUE
COTÜtîTO,
PAR LE BARON DESGENETTES
Don Dominique Cotugno, plus connu sous le nom de Cotunnius, naquit à Ruvo, dans la Fouille, royaume. de Naples, le '] janvier i-jSô.
11 fit ses études dans Tuniversité de la capitale.. Devenu docteur en philosophie et en médecine, il obtint, fort jeune, une place dans les hôpitaux de Naples, dont il avait suivi fort assiduement la pratique, et dans lesquels il avait fait preuve des talens qu’il développa depuis dans sa longue carrière médicale. Une figure agréable et spirituelle^ une élocution pure et peut-être un peu étudiée, jointes a l’élégance de ses manières, servirent à Cotugno, autant que son savoir, à le répandre da$s le grand monde, et lui procurèrent une brillante clientelle , surtout dans les comtnunautés religieuses, consacrées, en grand nombre, à Naples , a de nobles vestales.
Les recherches auxquelles se livrait Cotugno, sur l’organe de l’ouie, lui valurent bientôt une chairej d’anatomie , et il ne cessa depuis de cultiver/avec succès, diverses branches de CÆtte. science si étendue. , . '
Trois médecins, a peu près.du même âge, de caractères et de lalens totit ^ fait différeus, étaient à la tête de la médecine de Kapîes, à la fin du dernier siècle : c’étaient Cotugno, Cirillo et Vairo. Cet article est destiné à faire connaître le premier avec beaucoup de détails.
Le second , trop célèbre par sa fin déplorable, en 1799 , au milieu des discordes civiles, semblait né et élevé en Angleterre. On, la retrouvait en effet dans la maison, on la reconnaissait dans les doctrines favorites, dans lés goûts «et toutes les habitudes de Cirillo* Il avait cultivé les lettres, parlait et écrivait bien. Comme praticien, il avait une , grande sagacité, mais il s’enthousiasmait momentanément pour des méthodes empiriques, ou, pour parler avec plus de justesse, pour des spécifiques dont il s’exagera souvent l’efficacité. Il aimait beaucoup la botanique, et la cultivait dans un beau jardin qui faisait ses délices. Avec tous les agrémensqui réussissent dans le monde, il le recherchait peu.
Vairo, homme .simple dans ses mœurs comme dans ses manières, et dont la constitution athlétique était le type parfait des Napolitains des classes inférieures, avait umsens très-droit, une grande habitude des malades , et des connaissances étendues en chimie.
L’existence sociale de ces trois praticiens. ne le cédait en rien-à celle dès médecins lés plus'honorés de l’Europe - et leurs sokis , toute proportioù gardée, étaient plus* généreusement réraunérés-que partout ailleurs.
: Malgré l’étendue de la pratique de Cotugno , et elle prenait un temps très-considéràblé'à“Naples , à cause de l’usage des consuftatioiis, dans lesquelles on parlait dés heures entières’, ce médecin cultiva et enseigna conslainmenf l’anatomie, la physiologie^ la pathologie déduite presque lolalement de fouvertyré des cadavres , et enfin la-clinique. Il publia aussi, successivemenî : 1" ses découvertes sur les aquéducs dû limaçon et lè -vestibule'tlè l’oféilieyans fliominè,Auxquels oh à donnéson nomj 2°soh tràitésürla sciatique-, 3 “ses observations sur le siège de la petite vérole, et quelques autres estfinables travaux.’ Commé il paraît qu’il'étaitpeu àvidé de renommée, il conservait, dans ses portefeuilles, et plus souvent dans soh simple souvenir, des faits pliîs oü' riioins préèiéuxparfois uniques, et doiit il s’exposait, dëlâ‘sbi-te,'’a pefdirèla-pfopfiété. Nhus nous bornerons ' à en citer deux seuls exemples.
En 1785, l’illustre professeur «Scarpa fit paraître, à
Pavie, format in-^° , le second livre de ses observatiobs anàtoraiques, sous le titre suivant : Anatomicarum annotationum liber secundus, de orgaiiO olfaclûs prœcipuo deque nervis nasalibus interioribus e pari quinto nérvàrum cerebri. Le chapitre cinq de cet ouvrage {^De ivervo palatinû)^ excitade la part de Cotugno ,'de vives réclamations , que nous croyons cependant n-avoir-^iamais été-rendoes publiques. Voici les pièces de cette espèce de procès : Cotugno avait fait graver',i^ès 1762, le nerf nâsô-palatin • il ribüseh donna à nous-même un exemplaire que Mascagni j rud des plus sales, comme l’un des plus grands anatomistes^ nous gâta, en y enveloppant un kyste trouvé dans le foie, et qu’il conserva ainsi plusieurs jours dans l’une de ses poches. On faisait .observer à Cotugno, pour calmer sa mauvaise humeur,.que Scarpa, loin de lui vouloir dérober l’antériorité , avait placé celte note dans son ouvrage ( page 72). Qnum hæc : t^pis .tradere properarem, measqueAe hoc nervo ohservationes vira cl. Girardio commurdcaretn { elapso nuper anno 1784 ), meminit amictis tribus etviginti àbhinc annis ch Cdtunnium idonem œri mcidendurn curasse :, in quâ huic nervo similè quidpiam ejcpressum erat. Hanc vero iconem cl. auctorem ineditam reliquisse , aut sàltem rara qaœdam exemplaria sut amictssimis dedisse , quorum ipsemet Girardius unum possidebat , mihique inspiciendum déditi Fateri veritas cogit cl. Cotunnium nouisse hune nervum; in eo tantum meai obéej'vationès discrepaht^ quod aliam esse hiijus nervi exitiis ratidnem ad palatum, atque ex Cotunnii icône cognosci possit, docuerînt. /Cotugno eût entendu volontiers oraison, si' cette note' eût été placée comme un erratuma. la fin de l’ouvragej mais,ce défaut, de précaution doit .servir à justifier Scarpa, loin d’inr culper uu savant si honorablement connu.
Quand Galvant, de Bologne, fit connaître les premières observations qui, réunies depuis èn corps de doctrine, ont illustré son nom , Cotugno rappela , avec raison, un fait curieux qu’il avait observé dans sa jeunesse, sans chercher à se l’expliquer, et sans lui donner d’autre publicité que de le confier à quelques amis, et entre autres a l’archiatre Vivenûo. CdtUgno occupé a liré^ et dérangé par une souris qui trottait autour de lui, la prit et l’ouvrit avec son canif. Le diaphragme de ce petit animal ayant été piqué ou irrité, il donna un coup de queue assez fort pour engourdir le doigt'
annulaire et successivement !a main tout entière de l’anatomiste. ... ■ ■ ;
i On apprendra avec satisfaction que, Gotugno fut chéri et distingué par les différens souverains sous le règne desquels il/vécut à Waples. Tous lui conférèrent des titres de confiance et des marques d’honneur , qui avaient quelque prix, parce qu’elles n’étaient, point prodiguées., Gotugno se montra attaché au gouvernement monarchique,' qui entraîne à sa suite, comme une conséquence inévitable, des classes privilégiées. Au reste, cette opinion politique.de Gotugno tenait probablement à l’idée élevée qu’il s’était formée de la noblesse. Voici ce qu’il disait a un Pignatelli-Branciforte, prince deButera,, dans la dédicace dè l’un de ses ouvrages {De sedibus variolarium) : Façdt sunimum numen , et honorum omnium votisfavens auscultet ^ ut, cuitantum virtutis induisit, for^ tunet tibi finnos, 'etaugeat : quo dmtiùs optimiprincipis amîçitiâ, quâ, ut non aller, gaudes, perfruare, ut félise uxoris tu(B, matronçe lectissimœ, admirabili consortio diutissimè avivas : ut prolis numerosœ.ét egregiœ, quantfuturam ominarnur patri similem , senéx y multis benej^actis lætare : ut tôt populis longiùsfaveûs. tibi subjectis , qui te patremsuum potiùs quant doJninum, et experiuntur et. nommant, que deinùm ut longùm exémplo sis generi humano , quo ver CB nobilitatis, quee soUda virtute, idestrationi innixa, et ad hominum utilitatem tradiicta, aut tota continetur, qut, certe perficitur , imaginem intueatur.
Gotugno mourut â Naples le 6 octobre 1822, âgé de plus de 89 ans.
M. Pierre Magliari a prononcé , dans la séance publique de l’Académie médico-chirurgicale de. Naples, du 18 décembre 1822, un éloge de Gotugno., qui a été imprimé.
. M. Ange-Antoine Scotti, préfet de la bibliothèque royale,
aussi publié, dans la même ville, un autre éloge de Çotugno.
Enfin, on a donné, sur cet illustre médecin, une notice dans le recueil périodique intitulé: Annali ujiiversali di medidna di Milano ,
On a aussi frappé, à Naples, en son honneur, une médaille. D’un GÔté on voit son effigie, avec cette inscription : Hippocrati NeqpolitancS, 1824* Au revers est Minerve tçnant d’une main le portrait d’Esculape, et recevant de l’autre celui de Gotugno qu’un génie ailé lui présente. L’Etude
ferme la boîte de Pandore; et on lit au bas : Rerum ahdita monstrat. - -
Ouvrages de Cotugno :
Dissertatio aualomica de aquceductïhus auris Jiumance internæ ; Naples, 1761, m-8“ j Vienne, 1774» iD-12. ,
Les organes sont bien décrits; les fonctions qui leur sont assignées paraissent aujourd’hui hypothétiques. Cotugno enseignait que les aquéducs du vestibule et du limaçon font ' communiquer le labyrinthe avec l’extérieur. Il appuyait cette opinion, qui lui était particulière, sur ce qu’il croyait avoir remarqué que l’oreille interne ést toujours remplie de séro- ;5Ué. Cotugno , pour expliquer comment ce liquide peut êtremu par la compression qu’exerce sur lui la base de l’étrier , supposait l’existence de canaux dérivatifs qui lui permettaient de s’échapper en partie , et de laisser un peu de vide entre lui et les parois du vestibule. Les anatomistes d’aujourd’hui pensent, d’après des recherches multipliées, que ces deux aquéducs font communiquer le labyrinthe membraneux avec l’extérieur, et qu’ils forment des vésicules placées entre l’os et la dùre-irière. ^
De Ischiade , nervosâ commertranur ; Naples , 1765., in-8“, avec figures; Vienne, 1770, in-12, publié par les soins de St. Cremtzj.Naples, avec des additions, 1779, in-8° ; Venise, 1783, in8°. Réimprimé dans le Thésaurus de Sandifort. — Traduit en anglaisLondres, 1776, in-8“; ' èt en allemand, Léipzig, 1792, in-8°. ^ -
Cotugno est îe premier qui ait fait cesser le vague qui régnait sur la nature et le siège de cette maladie, dans nos anciens auteurs ; et il a ajouté l’épithète de nerveuse, qui fait cesser toute ambiguité. Gètté dénomination â été approuvée par tous les médecins, mais elle a ém judicieusement remplacée par leTprofêssèur Chéussier, qui, eii classant la sciatique parmi les hévraigies, lui à donné le nom de fer«oro-/?ojoZifee , et a rangé, sous celui de coxa/gfe, toutes les affections de l’articulation. On doit â Cotugno la division importanteenlrela sciatique antérieure et la postérieure, qu’il a décrite avec sdin.-Cé praticien est favorable à l’emploi du cautère polentiélvdéjài”rëcommaüdé par Ferncl et Riolan; lUais il indiqué, emhabile anatomiste, et la manière de l’appliquer, et les parties stir le trajet desquelles il doit l’être.
De sedihcis vütiolarüm 'S.vvTo.yiiu. Naples, 1769, ih-8°, avec une planehe contenant sept figures ; Vienne, 1771, in-8“7
ibidem, 1775. —- Loiivaim, 1788; réimprimé dans le Thésaurus de Sandifort.
Nous avons déjà dit, à l’article Girardi, dans la Biographie, médicale, les motifs qui avaient détourné Morgagni de s’occuper de recherches sur le siège de la petite vérole. Colugno a voulu remplir cette lacune. Son travail, dédié à Pringle, doit être considéré comme classique 5 car il est exé-r outé dans le même esprit et sous la même forme qui ont présidé à ta composition de l’ouvrage qui a immortalisé le professeur de Padoue. ,
Qn avait lieu de croire, au cprarnencement de ce siècle, que la petite vérole disparaîtrait de notre Europe, et que son souvenir se confondrait, dans nos annales , avec celui de la lèpre qui désola nos ancêtres. Cependant, .environ vingtcinq ans après la découverte de la vaccine, on a élevé des doutes sur son efficacité, darrs le pays même, ou elle était née, ou au moins d’où elle s’était répandue. Ces doutes, fondés sur quelques exceptions peu nombreuses, mais bien constatées, n’infirment,point à nos yeux l'es bienfaits de la vaccine , mais seulement les assertions trop positives de quelques médecins dont les intérêts ont pu paraître liés à son infaillibilité absolue. Leu public ,;et,,surtout les, classes les moins éclairées de la ,sociétérefroidis d’abord sur la pfar tique de la vaccine, semblent, de jour en jour^ la repousser davantage. C’est dans de semblables circonstances qu’upe épidémie varioleuse, propagée par d’imprudentes communi-: cations, a frappé la capitale et un grafld nombre de points du royaume, et que l’on a pu ée convaincre de;la vérité de ce que. nous avançons. ;Noi?s ne connaissons que Strasbourg où les magistrat^ municipaux aient ordonné., en l’application, toutefois partielle, dés J ois sanitaires, à la petite vérole importée de l’ancienne Lorraine dans leurs murs. Il faut-consulter ce qu'a publié dernièrement M. le professeur Fodéré sur ces faits intéressans observés par plusieurs étudians fort instruiis, dont Tun d’outCie-Rhin , et qui n’ayait, point été vacciné, a contracté la petite vérole. L’Académie royale de médecine, qui marche ayecaotiyité vers je but de son institution, a dû s’occuper de cette qucistiop importante. Ceux qui sont assidus à ses séances n.’ouhJieront point le rapport et les discours lumineux de MM. jlVl5treau, Husson, Guerseut et quelques autres. La franchise la plus, louable dans l’exposition des faits, le talent de i•observatipn^,;;la dialectique médi-
cale, qui ont brillé dans ces discussions, en feront une époque luéinorable de l’bistoire de l’Académie. Il en sera de même de la discussion faisant suite aux premières, et qui a été relative a la méthode, suivant nous , téméraire , de cautériser les pustules varioliques avec te nitrate d’argeijt fondu.
D’après, ce qui vient d’être exposé, on rie doit point être surprisque l’ouvrage de Qotugno, sur la variole , :offre enr core aujourd^ui un grand intérêt. Dans ce travail, .J’àuteur pose d’abord ces questions : Q%el est le siège et quelles sont les limites de la petite vérole ? Se borne-t-elle à la peau ? Se développe-t-elle dans les parties intérieures et sûr les siir.faces des cavités et des viscères qu’elles renferment?- Ge, ne sont point, ditColugno , les opinions des écrivains que je vais discuter,i c’est la nature que je veux étudier et peindre: rmhi cum hommurn sententüs niilla res erit ; namJmmini quid facial tantum^ feratque .natura ’dejîtiituvo fuerit salis corisuluisse. eam diligenter et repetitb.
Vient‘ensuite rhistoire très-détaillée d’un solidat âgé de quarante-sept ans^ et qui, dans la convalescence d’une petite vérole confluente, mourut le quatorzième jour, d’une chute sur la tête. Son cadavre fournit matière à des observations qui, d’après l’examen attentif de la tète , do cou , de la^por-i trine et du bas-ventre, prouvèrent que la maladie se bornait' aux tégumens. Cotugno fait remarquer que la: vai^iolé dont . iL est question était de l’espècé dite crystalline, qu-if r!egardé comme la plus sujette aux rétrocessions, '
Cette première.observation est suivie de l’hisloire^^^alenient funeste, d’une variole confluente, dans un ehfaflt de douze ans. Cotugno ne le traita point ; mais il en fit l’ouveE-r l ure. La plus grande partie des; pustules qui reeouvraient la r peau était de l’espèce ombiliquée , et lêui' centre .était de-r-; venu gangréneux. Le derme épicranien, reeouver.td’unépaisse< cbèvelore, ne présenta pas une seule pustule. L’abdomen par lequel on commença la nécropsie, offrit un-foie et une; rate plus volumineux que dans l’état sain. La-poitrine, qui fut ensuite examinée, fit voir le pharynx pustulèex jusqu’à l’origine de l’œsophage, le reste était intact. Quant à la tête, l’intérieur de là bouche était net, mais la langue élait cou-verte dê quelques pustules, ainsi que l’entrée du conduit audiîiL , . ,
- Cotugno passe à une troisième observation, faite sur unenfànt d’eriviiron trois ans, et du sexe féminin, qui mourut!>
le douzième jour, d’une variole confluante, a laquelle s’était jointe une diarrhée continuelle. On a tout lieu, dans de semblables cas, de soupçonner une inflammation du foie, et on peut même s’en assnrer au moyen de la percussion. S’il en est véritablement ainsi, il faut traiter promptement l’affection inflammatoire, et se garder d’arrêter brusquement le flux de.ventre par les médicamens astringens. Gotugno in^ dique ,ici,.d’après les anciens, ce qu’il faut craindre ou espérer des affections somnolents ( In quo morho somnus laborem Jacit ^ mortale. ;Si vero somnus prosit, nonlethale. Hipp. Aphorism., section , apb. i ). Consultez Suidas, an mot îToro?., qui a été fort mal entendu par un grand nombre d’interprètes et de commentateurs.
La quatrième observation est celle d’un malheureux enfant, âgé d’environ quatre ans, des classes indigentes, mais de la plus belle espérance. Conduit à l’hôpital pour y être traité de la teigne , il fut frappé de la variole. Jusqu’au quinzième jour, tout allait bien ; l’éruption avait été considérable, mais les pustules, bien distinct^ , et presque toutes ombiliquéess’étaient bien développées, élevées à la. surface, et remplies d’un bon pus ; la fièvre était conforme aù caractère de la maladie. L’enfant ne fut point saigné , ce qui rentrait pourtant dans la méthode ordinaire de Çotugno. Les cuisses, les jambes et les pieds n’offraient aucune pustule. On appliqua, aux parties intérieures des cuisses, des vésicatoires qui agirent bien ; cet enfant était avide d’alimens, et buvait avec excès ; il avait des déjections alvines abondantes ef fort régulières, et rendait beaucoup d’urine. Plein de vivacité et de gaieté, il avait déchiré, dans son impatience,: presque toutes ses pustules. Le quatorzième jour il fut purgé, et rendit peu de choses. Le quinzième jour, tout est bouleversé , et commence une scène déplorable : les forces s’affaiblissent ; la pâleur recouvre la face ; l’enfant, immobile, ' est couché sur le dos; la respiration est devenue difficile ; on entend le bruissement d’une sorte de matière dans les bronches qu’elle obstrue. Le pouls devient grêle, fréquent; la tête n’est plus libre, et l’enfant succombe dans des con-‘ vulsions^ ;
L’exposition de cette maladie fait honneur à la sensibilité de Cotugno, et offre un bel exemple de cette bienfaisance distributive qui s’étend à toüs les hommes, et que les médecins sont pssez heureux pour pouvoir pratiquer journellé-
ment; pais venons a ce que la nécropsie a pu présenter d’utile pour l’art.
La tête n’offrit intérieurement aucun désordre; les narines ouvertes dans leur continuité, firent voir que les voies aériennes et les sinus étaient exempts de pustules; il n’y en avait qu’à leur entrée. Une section de la mâchoire inférieure ayant été faite sur le menton , et continuée sur la partie moyenne dé la langue, jusqu’aupharynx, anne trouva de pustules ni sur les lèvres, ni dans l’intérieur de la bouche, ni sur la langue, ni le palais, ni le pharynx lui - même. Üne autresection, qui ouvrit le larynx dans sa continuité jusqu’à la trachée artère, ne présenta ni pustules, ni aucune trace d’inflammation , et aucune matière ou fluide écuméux. Trompé, surtout relativement au dernier point, on crut qUe l’ouverture de la poitrine en apprendrait davantage , et les espérances furent encore déçues. Ckitugno fait observer qu’il trouva le ccéür fort dur, et, en quelque sorte', retiré sur luimême, comme un nœud, ce qui, suivant lui , indiquait que cet organe avait cessé de battre par Teffet d’une convulsion. L’abdomen était sain ; on trouva seulement, dans les intestins, unë centaine de vers lombrics, qui, dix heures après la mort de l’enfant, étaient pleins de vie. La gangrèneV qui s’éfait emparée des tégumens du bas - ventre, pouvait faire conjecturer im état morbide des organes subjacens . Pais Ou ne trouva, comme il vient d’être dit, aucune altération dans leurs tissus. ' '
GotugnO'rapporte une cinquième observation j assez sem- . blable à la précédente, et faite sur un enfant à peu près du même âge, et qui mourut le douzième jour, à la suite de convuls'ions. L’auteur indique, à cette occasion, les signes qui font connaître la présence dés vers lombrics dans la petite vérole^ et recommande, poar leS combattre, Tusage de l’étbiops martial ( deutoxide de fer ). Enfin, il lire, des cinq observatioüs.pfécédentes , une conclusion positive sur le siège totalement extérieur de la petite vérole, ce qui est démenti par des observations pins récentes et très- nombreuses. ■ \ ^ , .. • : V. •
Vient ensuite l’observation d’un jeune homme j -âgé dé vingt ans, qui succomba à la suite d’une pleurésie. Après avoir exposé les désordres qu’offrit la poitrine, Cotugno nous fait connaître les remarques suivantes : Les viscères-que l’on trouvé enflammés cbéa les varioleux , ne paraissent point