‹ Mélanges de mythologie et de linguistiqueChapitre 11 sur 28 · X.— LE MYTHE OERMANIOUE · texte numérisé non relu

X.— LE MYTHE OERMANIOUE

La mythologie germanique, qui s^est montrée si riche en documents de la plus haute antiquité, depuis qu'on a su l'interroger, nous offrira un certain nombre de faits à ajouter à l'histoire de Y vitra. Outre les anciens poèmes allemands ou Scandinaves, encore tout pleins des dieux décrits par Tacite, les mythologues allemands trouvent une mine inépuisable dans les usages, les traditions et jusque dans les proverbes et les locutions encore en vigueur aujourd'hui. On peut s'étonner de cette persistance ; mais les mythes, qui sont comme la cristallisation du langage, s'y attachent et se perpétuent avec lui. La ' Germanie parle encore l'idiome qui a servi à nommer ses anciens dieux; elle prononce leur nom sans s'en douter, et il suffit de creuser le langage populaire pour mettre à découvert toute une religion que le temps a à peine en-

(1; Voy. M. Maury, Itt Légendes meuses, p. 131.

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fouie. Dans son grand ouvrage sur la mythologie allemande, J. Grimm fait servir à Thistoire des dieux les dénominations données aux pierres, aux plantes et au\ animaux, les noms propres des hommes et des lieux, les termes employés pour désigner les jours de la semaine ou les fêles de Tannée, les légendes locales et les contes transmis de père en fils dans les campagnes. Comme en sanscrit et en grec, il arrive souvent qu'en ramenant à leur sens étymologique les noms des personnages qui figurent dans un mythe, la fiction disparait, faisant place à un phénomène physique.

L'équivalent de Dyaus et de Jupiter dans la religion des anciens Germains est le dieu Zio; mais la divinité suprême s'est fractionnée, et à côté de Zto, paraissent au premier rang Wuoian et Donar. Le dieu Donar^ en vieux saxon 7/iunar, en anglo-saxon Thunor^ en norrois Thôrry représente le tonnerre, qui porte encore ce nom en allemand (donner) (1). Il lance le marteau Miàlnir^ dont le passage est précédé de l'éclair et qui, après avoir frappé le but, revient de lui-même dans sa main. Marteau se dit en vieil allemand hamar (aujourd'hui ham^ mer)y mot qui anciennement désignait une pierre dure, un rocher. La lettre allemande h est remplacée dans les langues slaves par nnk; hamar ^en slave, devient kamen^ en lithuanien akmUj génitif akmens : nous retrouvons ainsi le mot sanscrit et zend açman et le grec âxpiv (2).

'1) Grimm, Mijth,^ p. I5l.

(2) Id., ibid,, p. 165. Bopp. Lexique eanecriti s. v. Açntatu

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