LE MYTHE GERMANIQUE
Donar livre combat au serpent if td^ard, frère de Fenriswolfei de HeL Fenriswolf est le loup qui hurle dans la tempête; Hel^ qui a donné son nom à Tenfer germanique, est le nuage qui recèle (hehletij cacher) Forage. L'haleine de Midgard est empoisonnée : Donar lui-même, en le tuanty est suffoqué.
La mythologie allemande raconte que le marteau de Thôrr lui a été dérobé par un géant et enterré profondément dans la terre ; tous les ans il remonte quelque peu, et au bout de sept ans il revient à la lumière. D'un autre côté, les légendes de la Bavière et de la Souabe parlent de Irésors commis à la garde de dragons et enfouis dans le sol, qui, au bout de sept ans, remontent à la surface (1). La parenté des deux idées est aisée à voir. Les nuages dorés par Tcclair sont considérés comme un trésor qui, après avoir brillé dans le ciel, va se cacher au plus profond de la terre ; pour l'emporter, il faut Iromper ou vaincre le dragon qui le garde ici-bas, comme il le défendait dans les airs. C'est là le célèbre et mvstérieux trésor des Nibelungen, dont il est tant question dans l'épopée germanique. Siegfriedyle héros du poème, rencontre au pied d'une montagne les nains Nibelung et Schilbung qui se disputent le trésor de leur aïeul. Invité à le partager entre eux, il reçoit en récompense l'épée invincible du vieux roi Nibelung ;m2ds il ne parvient pas à diviser le trésor, qui est reporté dans la montagne. Une lutte s'engage entre les descendants de Nibelung et Sieg-
(1) Schwartz, der Ursprung der Mythologie, p. 6i.
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fried; il les tue, ainsi que douze géants et sept cents de leurs serviteurs. Le nain Alberich veut venger ses maîtres ; mais il est vaincu également, obligé de céder le bonnet (tarnkappe) qui le rend invisible et de prêter serment à Siegfriedj par qui il est constitué le gardien du trésor (1). Indépendamment du combat contre les NibelungSj il est fait mention d'une victoire de Siegfried sur un dragon {lindwwm) dont le sang, en coulant sur son corps, le rend invulnérable. Le héros épouse la princesse bourguignonne Kriemhild ; il périt dans une partie de chasse, frappé par Hagen, qui connaît la seule place de son corps par où il peut être blessé. Le trésor des iVtbelungSy qui était la dot de Kriemhild, est descendu par elle dans le Rhin. Le poème, dans sa seconde partie, fait intervenir Attila (JElzel), roi des Huns, qui épouse Kriemhild; celle-ci emporte avec elle sa dot et la fait servir à la vengeance de son premier mari.
Dans les chants Scandinaves nous retrouvons intacte la fable dont l'épopée des Nibelungen, dans sa rédaction actuelle, nous montre les fragments brisés. Il n'est pas question de Huns ni de Bourguignons; l'action est encore placée dans son milieu mythique. Siegfried apparaît comme le représentant d'Odin : dans l'un de ces chants on lui donne le nom de Sigemund, et Sigmundr est uu des surnoms du dieu (2). Tout est merveilleux dans sa vie; il est élevé par le génie Regino, aimé de la walkyrie
(1) Nibelungen, Z^ aventure, (â) Griinm, Myth. alL, p. 3U.