INDRA
« Quand tu es appelé par nous pour boire le soma (2), viens avec tes chevaux fauves, dieu qui lances des pierres !
< Notre sacrificateur est assis suivant le rite ; l'herbe sacrée est étendue ; les pierres ont été assemblées le malin.
c Ces prières te sont adressées, dieu qui reçois les prières : assieds-toi sur l'herbe sacrée ; goûte, héros, notre offrande.
c Prends plaisir à nos libations et à ces chants, vainqueur de Vritra (3), toi qui es fêté, ô IndrUy dans nos cérémonies.
t Nos pensées caressent le puissant buveur de soma^ le maître de toute force, Indray comme la vache caresse son petit.
c Réjouis-toi de ce breuvage, repais ton corps, grand dieu, ne fais pas affront à celui qui t'invoque.
c Nous sommes à toi, Indray nous chantons arroses de nos libations: et toi, dieu bon, sois à nous.
(1) Rig-vedaf Mandaia, III, hymne il.
(S) La boisson du sacriûce, sorte de liqueur fermentée produisant rivresse,
(3) C'est le démon combattu par Indra,
I Ne d^lie pas tes chevaux loin de nous (1) : viens vers nous, Indray dieu béni, réjouis-loi ici.
€ Que tes chevaux à la longue crinière t'amènent sur un char bien bâti pour t'asseoir sur Pherbe arrosée de beurre. >
Tous les hymnes n*ont pas cette extrême simplicité : il y en a d'autres qui sont pleins de mouvement et de vie. Voici le commencement d'une prière prononcée pendant une tempête (2) :
« Pas sur nous... dieu fort, dans les hasards de cette mêlée (3)! car nul n'atteint les lirailes de ta puissance. Tu fais mugir comme un tonnerre les fleuves et les eaux; comment la terre ne tremblerait-elle pas de crainte? >
Plus loin le poète s'écrie :
€ Tu as ébranlé le sommet du ciel immense ; quoique seul, tu as dans ton audace précipité Çambara (4), quand, animé par l'ivresse, tu as lancé contre ces faibles démons ta fourche aiguisée.
c Qui peut t'égaler quand tu fais éclater tes ondes mugissantes sur la tête du faible Çushna (5), quand d'un cœur magnanime, tu accomplis aujourd'hui tes exploits ?
, (1) Ne t'en Ta pas vers une autre tribu.
(2) Rig., I, 54.
(3) Le poète n'achève pas : il demande à Indra de ne pas laisser tomber sa foudre sur lui ni les siens.
I (i) Autre nom de Vritra.
(5) Autre nom de Yritra; littéralement : edui qui destèche.
82 UëRCULE et CAGUS
c Le sombre réservoir des eaux, le nuage tortueux était englouti par Vritra : Indra précipite vers la terre tous les flots qu'il tenait enfermés. »
Nous voyons se dessiner dans ces derniers vers quelques traits du mythe que nous nous sommes proposé d'analyser. Nous le retrouvons encore dans l'hymne suivant :