L. Panir/ Tt . Paru Mp. CÀ i'JUr»ùft atm
Il me reste à signaler le poids de œs monnaies , poids tout à fait insolite, et dont je ne connais pas d'autre exemple en Asie Mineure ; il est intermédiaire entre celui des didrachmes éginétiques, ^i pèsent environ 12 grammes, et celui des doubles darSques d'argent, qui varie de il grammes à ll^^^lO-
Oroittas, satrape de Mtsib et d'Iouib.
(PI. m.)
i. Tête de Pallas à gauche.
^ OPONTA. Partie antérieure d'un Pégase, à droite.
— iR- 3. Poids, 3«',13. (De ma collection. PL III, n» h.)
2. Guerrier nu et coiffé d'un casque conique, le genou droit en terre, et se couvrant de son bouclier ; de la main droite il tient une lance inclinée.
^ OPONTA. Partie antérieure d'un sanglier ailé à droite.
— A. 8. Poids, 2»',79. (De ma collection. PI. III» n^ 5.) Il existe un autre exemplaire de cette pièce dans le cabinet de M. Whittall, à Smyrne.
Le nom d'Orontas était commun chez les Perses ; parmi les personnages qui Y oui porté, il en est deux qui ont joué un rôle considérable en Asie Mineure au iv* siècle ; nous allons rassembler tous les passages relatifs à ces deux satrapes, qui ont généralement été confondus ensemble par les historiens modernes. (F. Rehdantz, Vita Iphicratis,^. 157.)
Dans son récit de la retraite des dix mille , Xénophon parle plusieurs fois d'un Orontas qui gouvernait la portion orientale de l'Arménie, tandis que Téribaze était satrape de TArménie occidentale ; il prit part avec Tissapheme i la poursuite des dix miUe après la bataille de Cunaxa
( AOl A. C), el à cette époque il emmenait avec lui pour l'épouser une fille du roi Artaxerce Mnémon (Xen., i4iia6.,II, 4. 8; III, 5, 17; IV, 8, 4). C'est le mèmeOrontas cpii commanda les forées persanes contre Évagoras en Gypre ; car il est appelé parent du grand roi par Diodere, et Plutarque dit expressément qu'il avait épousé Rbodogune, fille d' Artaxerce. Après l'expédition de Cypre, il tomba dans une profonde disgrâce i Diod. , XY, 3, 11. — Plut., Artaxerc.f 27.— Plut, ilpopAtA^gm., p. 6). Toutes ces mentions se rapportent évidemment au même personnage, et s'étendent de l'année 401 «^ l'année 379.
Dix-sept ans plus tard, en 302, à l'occasion de la grande révolte des sa^apes contre Artaxerce Mnémon , il est de nouveau question d'un Orontas qui y joua un rôle considérable, et c'est là que les difficultés commencent. Deux bistoriens ont parlé de cette révolte, Diodore et Justin, ou plutôt Trogue Pompée ; dans le sommaire du dixième livre de ce dernier, on lit i a Gomment Artaxerce attaqua les satrapes révoltés de l'Asie, d'abord Datame, satrape de Papblagonie, ensuite Ariobarzane, satrape de l'Hellespont, ensuite en Syrie Oroote, satrape d'Arménie; et comment, après les avoir tous vaincus, il mourut, laissant le trône & son fils Ocbus. » Il paraît évident que Trogue Pompée a voulu parler d'Orontas, satrape d'Arménie, le même qui était gendre d'Artaxerce et qui avait encouru sa colère après la campagne de Cypre; la mention de la Syrie, lieu de sa défaite, ne laisse aucun doute à cet égard.
De l'autre côté, Diodore, qui entre dans quelques détails au sujet de la révolte de 362, la présente d'une tout autre façon ; selon lui , le chef de la rébellion était Orontas , satrape de Mysie, qui, après avoir reçu de ses complices de fortes sommes pour lever des troupes, se tourna contre
eux , trahit la cause commune , et reçut pour prix de ses services le gouvernement de la satrapie maritime de l'Asie Mineure, qui embrassait à cette époque une grande partie des côtes occidentales de la péninsule (Diod., XV, 90, 91). Il est impossible de concilier les deux récits; rOronte de Trogue Pompée ne peut être le même que celui de Diodore ; Tun est un satrape d'Arménie, mentionné précédemment par plusieurs historiens; à la fln d'une assez longue carrière, il est vaincu en Syrie par Artarxerce, et perdit sans doute alors la vie; l'autre est un satrape de Mysie, qui joue un rôle tout différent, qui reçoit en récompense de sa trahison un gouvernement dont il reste en possession pendant les «innées suivantes, ainsi que l'attestent les textes que nous -allons citer.
En effet, en 35i on le trouve guerroyant contre le roi de Perse, de concert avec Artabaze, le satrape révolté de Dascylium (Demosth., De Symmor.^ p. 186); et lorsque ce dernier, abandonné par ses alliés grecs, fut contraint de quitter l'Asie, Orontas réussit à se maintenir dans sa satra^ pie. Son principal adversaire parait avoir été Autophradate, probablement satrape de Sardes, sur lequel il remporta plusieurs avantages, notamment à Gymé en iËolie et dans les environs de Sardes (Polyœn., VII, lA). En 3A8 il était encore maître de sa satrapie, et il était déjà depuis quelque temps allié des Athéniens, qui lui décernèrent une couronne d'or et le titre de citoyen, en récompense des services qu'il leur avait rendus; c'est ce que nous apprend une inscription d'Athènes, datée de l'archontat de Calliroaque (A. G. 3A9/8, Voy. Rhangabé, Anliq. Bell., Il, n"" 397, 398). A partir de cette époque, Orontas n'est plus mentionné; mais l'ar* rivée du Rhodien Mentor, qui , peu de temps après , fut nommé satrape des provinces maritimes, et chargé en
nième temps par Ochus de continuer la guerre contre les révoltés, dut changer la face des affaii'es, car l'on sait que Mentor ne tarda pas à réduire tous les rebelles à l'obéissance, (Diod.^XVl, 52.)
Les deux médailles que nous publions ne peuvent appartenir qu'au second Orontas , le satrape de Hysie et de la satrapie maritime ; aussi bien leur style est celui du milieu du IV* siècle, et elles portent l'une le pégase de Lampsaqae, l'autre le sanglier ailé de Clazomènes. Le guerrier agegouillé qu'on voit sur la seconde de ces pièces et qui est reproduit souvent sur les monnaies de bronze de la Ghersonèse Taurique, a été regardé par les numismatistes comme une représentation d'Achille ou d'Ulysse, et je suis loin de contester cette explication ; mais ne pourrait-on pas aussi y trouver une allusion à la grande réforme opérée peu d'années auparavant dans la tactique de la phalange par le célèbre général athénien Gbabrias? Il avait appris à ses soldats, lorsque l'ennemi allait charger, à mettre un genou en terre et à tenir leurs lances en arrêt, en se couvrant du bouclier appuyé contre l'autre genou. Ce changement avait fait grand bruit, et Chabrias s'était fait représenter par les sculpteurs dans cette attitude. (Diod., XY, 82. — Polyœn., Il, 1, 2.— Nepos, Chabrias, h— CL Rehdantz, Viia IpJUeraL^ p. 6a.)
La médaille d'Qrontas frappée à. Clazomènes a déji été publiée plusieurs fois, notamment par Mionnet, qui donne la légende QPONTfi, mais qui ne paraît pas avoir va la pièce {SuppL, IX, p. 2A0, n*" 91), et par Koehne, qui la décrit exactement d'après un exemplaire du musée de l'Hermitage {BeUràgen zur Geschiehte Cherronescs in Taurien^ p. 38, pL III, n"" 30). Koehne s'étonne avec raison de trouver \m type particulier à Clazomènes sur une monnaie
attribuée par les auteurs à la Chersonëse Taurique, et sans doute il n'aurait pas admis cette attribution s*il n eût été induit en erreur par Sestini. Ce dernier, en effet, a publié une médaille (ex museo régis Bavariœ) semblable à la nôtre, mais où il prétend avoir lu de plus la légende X£P. écrite de droite à gauche ( Lettere ConHnuaz. , IV, p. 10). Je me suis adressé à M. Streber, conservateur d« musée de Munich, pour obtenir une empreinte de cette pièce, et ce savant ne la trouvant pas dans la collection confiée à ses soins, a bien voulu faire quelques recherches à ce sujet; il m'a écrit qu'elle ne figure sur aucun des catalogues et n*a certainement jamais fait partie du Cabinet royal de Bavière. Je crois que la pièce signalée par Sestini est la même que Mionnet publie comme faisant partie de la collection Chaudoir, et qui de là a passé au musée de l'Hermitage; personne n'en a jamais vu d'autre exemplaire, et je suis convaincu que Sestini, avec sa légèreté habi«tuelle, trouvant sur l'argent un type de la Chersonèse déjà connu sur le bronze , a cru voir ou a imaginé les lettres XEP; ce procédé, tout étrange qu'il paraisse, est beaucoup plus répandu parmi les archéologues qu'on ne le suppose généralement; à force de se persuader qu'une légende doit exister sur une pièce, on finit souvent par croire qu'elle s'y trouve en toutes lettres.
KÉTRIPORIS, nVNASTE DE LA ThRACE.