Même tête
j^ ATTAMBHAD[Y]. Victoire debout. M. 3.
Cabinet de France. (PI. VI, n"" 6.) Cette pièce a été mal lue par M. Langlois {Numism. des Arabes^ p. 61).
Jusqu à présent le nom de ce roi a toujours été écrit ircdi(iJSiXo<; par les Dumismalistes ; et effectivement sur presque toutes les médûlles où il se trouve, les dernières lettres de la légende manquent, parce que le flan était trop petit pour le coin. Mais le tétradrachme de H. de Prokesch, que j'ai sous les yeux, et le petit bronze du Cabinet des médailles ne laissent aucun doute sur la véritable forme de ce nom propre, qui devra s'écrire désormais Àttambélus. Dans les manuscrits de Dion Cassius (LXVIII, 28), seul auteur qui sût mentionné un prince de ce nom, on trouve les formes ÂdajA&Xoc et S«(&6i|Xo<, toutes les deux fautives.
Le tétradrachme de M. de Prokesch montre qu*Attambélus régnait déjà en 283 ou 285 des Séleucides (29 ou 27 av. J.-C). et ceux dn Mu'^ée Britannique, que son règne se prolongea au moins jusqu'en S17 de la même ère (5 ap. J.-G.); îl dut mourir bientôt après, ca^ son successeur était déjà sur le trône en 321. Il y a tout lieu de croire qu'Attambélus !•• fut le successeur de Tiraeus; il y a cependant encore entre les deux règnes une lacune d'une vingtaine d'années dans la série des dates connues.
L'étymologie du nom Attambélus a donné lieu à différentes conjectures. M. Langlois, qui lisait Attambilus, y reconnaissait la forme arabe Jb f\iôù. Voici ce que m'écrit à ce sujet mon confrère M. Renan, qui a fait une étude particulière de l'onomastique des Sémites, et qui possède en ces matières une incontestable autorité : a Votre lecture supprime jusqu'à la possibilité de l'explication de Victor Langlois, qui, avec Atxsia&Xoc, pouvait offrir un mirage assez séduisant. Lo second composant du mot est sûrement le nom du dieu BeL Mais que veut dire ATTAM? M. Quatremère {Journal des Savants, oct. 1857, p. 622) l'explique par « don ; » mais le savant orientaliste s'est dispensé d'une
analyse rigoureuse. Si la forme pleine éUiit Si-^nc, on ne s'expliquerait pas la chute de Ym initial. A défaut de meilleure explication, voici celle que je propose. Supposons une forme f^i^r:», analogue à nun:», hn^nz. Le prétérit du verbe araméen étant moDosyllabique (ktal pour katal)^ la transcription de Sa^nj serait ntanbel Les deux consonnes initiales entraînant un aUph prosthétique (cette loi s'applique même au verbe araméen ; exemple : taaA.ii).) , on obtient Anianbel; puis, par la loi de l'assimilation, Atlanbel (compraez ]T\^ pour !??«); puis, par l'attraction du 6 et de r», Attambel »
On se rappellera que l'un des deux sanctuaires les plus importants de l'Élymais, pays limitrophe de la Gbaracène, était celui de Bélus.