M. ANTfîNIOr nOAEMûN02 APXIEPEÛ2. Môme tète
1^ ATNA2T0r OABEiîN TH2 IEPA2 KENNATflN KAI AAAA22EÛN. €. lA. Siège sacré ; dans le champ, la triquetra. — JE. 7.
Les légendes de cette pièce, dont j'ai vu cinq ou six exemplaires, ne sont jamais complètes, parce que le flan
est toujours trop petit; mais en comparant deux exemplaires, on les rétablit facilement dans leur intégrité; ainsi celui du Cabinet de France et celui de ma collecUon se complètent mutuellement.
3. Mêmes légendes et même date. Le type du revers est un foudre ailé. — M. 7.
(Cabinet de France. — Voyez aussi le Catalogue de la collection Pembroke, n° lOOi.)
Je n'ai pas rencontré dans les nombreuses collections que j*ai examinées d'autres variétés de la monnaie de Polémon. H. de Sallet en cite une quatrième d'après Belley et Le Bret, dont voici la description :
M. ANTONIOr Tête virile avec un caducée.
j$ APXIEPEn2 TOnAPXOr KENNATfiN AAAAI.ET.
B. Foudre.
(Mionnet, Cilicie, n» 272; SuppL, n» 310.)
Cette pièce n'existe, à ma connaissance du moins, dans aucune collection, ei il me parait évident que c'était un exemplaire mal conservé et mal lu de la monnaie d'Ajax, que nous rapporterons plus loin ; il y a précisément au Cabinet de France une pièce d'Ajax dont le droit est endommagé, et qui, j'en ai la conviction, est l'exemplaire même que Le Bret a eu sous les yeux.
Les médailles que nous avons décrites prouvent que M. Antoine Polémon gouverna la principauté d*01ba,lesCennates et les Lalasses pendant onze ans au moins, avec les titres de grand prêtre et dynaste, titres qui, selon Strabon, étaient effectivement portés par les souverains d'Olba. Le commencement de son gouvernement est fixé par Appieii (Bell. Cil?., V, 75) à l'année 715 de Rome ; en même temps qu'il donna à Darius, fils de Pharnace, le royaume du Pont, Antoine accorda à Polémon une portion de la Cilicie.
De son cdté, Strabon (XII, 6,1) nous apprend qu*Iconiuni en Lycaonie faisait partie de la principauté de Poléraon ; et en effet cette ville, située dans la plaine au nord du Taurus, n'était pas très-éloignée d'OIba, qui appartenait à la Cilicie Trachée, et se trouvait sur le versant méridional de la chaîne. Ces deux auteurs sont les seuls qui aient fait mention de la principauté cilicienne de Polémon : ils le font d'une façon incidente, sans aucun détail, et sans dii^ qu'Olba en ait été le siège principal ; mais les médailles, en constatant que Polémon portait les noms de Marc- Antoine, montrent qu'il était un client du triumvir, et que par conséquent c'est à lui qu'il devait son élévation. 11 ne peut donc y avoir de doute à cet égard ; le Polémon mentionné par Appien et Strabon est bien celui des nié^ dailles.
Ainsi, M. Antoine Polémon régna sur Iconium, Olba et une partie de la Cilicie Trachée de 715 à 725, et peut-être plus tard. Voyons maintenant comment on peut concilier ces* faits avec le récit de Strabon (XIV, 5, 10), le seul auteur qui nous fasse connaître l'histoire d'Olba à cette époque.
c( Au-dessus de Cyinda et de Soli, dit-il, s'étend une région montagneuse dans laquelle est située la ville d'Olba, avec un temple de Zeus, fondé par Ajax, fils de Teucer. et dont le prêtre était dynaste de la Trachéotide. Plus tard la contrée devint la proie d'une foule de tyrans, et le repaire des pirates ciliciens-, après leur destruction, qui eut lieu presque de notre temps, on l'appelait la principauté de Teucer; le gouvernement et la prêtrise ne faisaient qu'un, et la plupart de ceux qui furent grands prêtres se nommaient Teucer ou Ajax. Ensuite Aba, fille de Zénopbanès, l'un des tyrans de la contrée, étant entrée par mariage dans la maison des Teucrides, s'empara du pouvoir, que son père
avait déjà exercé en qualité de tuteur ou d'intendant; plus tard Antoine et Gléopâtre, cédant aux flatteries d'Aba, lui firent don de la principauté; enfin elle fut déposée, et te pouvoir demeura aux mains de la race légitime. »
Tel est le récit de Strabon, dont l'autorité est si grande pour tout ce qui touche à l'hbtoire de l'Asie Mineure, sa patrie. Nous avons vu que Polémcm reçut l'investiture d'une portion de la Cilicie en 715, et qu'il régnait encore au moinsonze ans plus tard, c'est-à-dire deux ans après la bataille d'Actium, qui eut lieu le 2 septembre 723. Ainsi, depuis 715 jusqu'à la chute d'AntoinOi il n'y a point place pour le règne d'Aba; cependant Strabon dit formellement qu'elle fut maintenue an pouvoir par Antoine et Gléopàtre: il faut donc de toute nécessité placer l'intervention du triumvir et de la reine d'Egypte eu 711, époque où ils se virent pour la première fois, et firent ensemble un séjour de (^pielque durée à Tarse, capitale de la Cilicie et située non loin d'Olba; en effet, leur intervention ne put avoir lieu avant, et dès l'année suivante Antoine était rappelé en Italie, d'où il ne revint en Grèce et en Asie qu'en 715. Ainsi, Aba régna environ quatre ans après son investiture par Antoine et Gléopfttre ; en 715 elle fut déposée, et Polémon lui succéda.
Voilà ce qui nous semble ressortir du texte de Strabon ; mais il reste encore une question à ëclaircir. A quelle famille appartenait le successeur d'Aba? Les «xppessions de Strabon ne sont pas parfaitement claires : tr^Aii |isv
xotTcXd(h;, ToTc ^'hàt xoû "livouc Si£|Uivev i^ àp^^t* Le ïBOi fr/o^
doit-il s'entendre de la famille d'Aba ou de celle des Teucrides? Il ne peut guère être question des enfants d'Aba, car Strabon se serait exprimé autrement; mais il a pn vouloir dire que le successeur d'Aba était son neveu oa un collatéral quelconque. D'un autre côté, comme à Tépo*
que où Strabon écrivait Olba était gouvernée par un Ajax, fils de Teucer, ainsi que nous le verrons plus loin, il est fort probable qae par le mot y^voc il a voulu désigner la race légitime, la race d'Olba par excellence, et il faudrait en conclure que Polémon était un Teucride, et qu'à Texemple de son voisin Tarcondimotus il avait pris les noms de Marc- Antoine pour plaire au puissant triumvir, dont il était devenu le client.
Tel est le système qui nous parait se concilier le mieux avec le témoignage des auteurs et des médailles. Eckhel, et après lui M. de Sallet, regardent Polémon comme le mari d'Aba, mais avec cette différence que, selon Eckhel, Polémon était un Teucride, tandis que d'après M. de Sallet il était d'une autre race, peut-être le fils de Zenon de Laodicée, et que la faveur accordée à Aba par Antoine était précisément delà marier à son protégé Polémon. II nous semble difficile de faire accorder ces interprétations avec le texte de Strabon et le silence absolu que cet auteur garde au sujet de Polémon ; si Polémon était un Teucride, le pouvoir devait être rentré dans cette famille par son mariage avec Aba, et non après la mort de cette dernière, comme le dit Strabon ; si Polémon élût un Zénonide, il était ou bien le même personnage que Polémon, roi du Pont, ou tout au moins un de ses proches parents, et alors il est inadmissible que Strabon ait omis de signaler un fait qui se rapportait à la dynastie qui régnait dans sa propre patrie.
Le passage de Strabon que nous venons de discuter est le seul texte ancien relatif à la principauté d'Olba; mais les médailles ont conservé le souvenir d*un autre prince, postérieur à Polémon, et qui y régnait à l'époque même où Strabon écrivait son ouvrage. Voici la description de ces pièces : . .
A. A1ANT02 TEïKPOr. Tête d'Ajax; devant, un cadtioëe.
i^ APX1EPE02 TOnAPXOr KBNNAT.AAAAI.€T.A.
Triquetra (Gabioets de France et de Berlio). — JE. 6.