KE. Tète laurée d'Apollon
^. ANn. Tète de bélier adroite; dessous un ûgle. JE. A.
— M — (Christ. Ramus. Num. Reg. Danisp.^ l, p. 17i. — Hioanetr Suppl^ IV, p. 18A, n"" 9, à Céphallénie.)
La Gébrénie était un petit district de la Troade, confinant à l'ouest au territoire d'IIium » au sud-ouest à celui de Néandria, au midi à ceux d*AsBOS et de Gargara, et à Test à la Dardanie, dont Scepsis était la capitale; le territoire de Scepsis était séparé de la Gébrénie par le Scamandre ' ; Gébren ou Gébréné était la principale ville du district. Dans une ancienne épigramme attribuée à Homère» les Gâ>réniens sont représentés comme vivant auprès du mont Ida et y exploitant des minerais de fer *. Us étaient d'origine éolienne, comme les habitants de la plupart des petites villes de la Troade. Selon Éphore de Cymé, qui rattachait tout à l'histoire de sa viUç natale, les Gébrénieos étaient une colonie de Gymé( dans tous les cas ils étûent Éoliens, et Gébren est comprise, dans U Troade éolienne par Xénophon et Scylax*. Les mythograpbes regardaient Gébren comme U patrie d'OEnom», et on y montrait le tombeau de cette princeaae et de Paris son époux \
G'est dans les listes des villes tributaires d'Athènes que l'on trouve la plu» ancienne mention desGébréniens; ils payaient un tribut qui, d'^rès les calculs de Bœckh^ fut de près de S talents en iik7, et de talents en AAS» ce qui suppose une ville assez riche '. Apre» la chute de la domination athénienne, Gébren et les villes éoliennea du voisinage rentrèrent sous l'autorité, persane, et Phar-
i Stnib..Xin, 1,33.-1, 51.
* Bom., Bfigr, 10, Sic «tuieqv.
> Ephor., fragm. 22, éd. Muller.— Scylax, cap. 96, éd. Millier. » ApoUod., Biblioth,y in, 12, 6.— Partheo., Emtie,, 4.-* Strabon , XlH, 1,33.
• B9cUb , S«9BlBAa«tfc. Àthm., Il , p. «98, «97.
ntiiamt en confia le gouTernemrat au Dardanien Zénis* puis, à b mort de ce dernier, à sa veuve Mania. Vers l'an SOOi un Grec de Scepsis, nomrnô Hidîas, qui avait épousé la fille de Mania, fit périr sa belle-mère ainiû que son jeune fils, et s*enipara du pouvoir; mais la plupart des villes de la province refusèrent de le reconnaître , et entre autres Gébren. Aussi, lorsque le Lacédémonien Dèrcyllidas envahit la Troade, le gouverneur de Gébrra refusa-t-il de lui ouvrir ses portes, prétendant garder la ville pour Phamabaae; mais les soldats sous ses ordres introduisirent les Grecs dans la place, et Dercyllidas Toocupa pour les Lacédémoniens, qui ne la gardèrent que peu d'années \ A la paix d*Antalcidas (388 A. G.) toute la Troade retomba sous la domination persane, et en 860 elle était gouvernée par le satrape Artabaze; celui-ci ayant été emprisonné par Autopbradate, ses beaux-frères Mentor et Menmon prirent à leur solde un chef de mercenaires nommé ' Qiaridémus, qui , au lieu de remplir ses engagements, s^empara traîtreusement des villes de Scepsis, Gébren et Dium; mais, très-peu de temps après, se voyant menacé d'un siège, il les abandonna sans les avoir pillées et re* passa en Europe '. Après la conquête d'Alexandre, Antigone tt«n6{k»ta les habitants de Scepsis et de Gébren à Antigonie, qu'il venait de fonder. Ges deux villes ayant été depuis longtemps en hostilité Tune contre l'autre, la rémiion de leurs habitants fut jugée impossible par Lysi* maque, le vainqueur d' Antigone, et les Scepsiens reçurent l'autorisation de retourner chez eux *. A partir de cette époque il n*est plus question de Gébren; Pline mentionne
< Xen., HeiiMin, 1.16-19.
* Pumosth., ado. Ariêlocrat,y p. 671.
s Strab., XHI, 1,33.
— M — enoore Çr&renia, maïs il s*agit du district et non de la ville*-
Strabon appcdle notre ville Cébrteé, KeSpi^w); le véritable nom est Cébren, K&6p7)v, forme employée par Xénopbon^ Scylax, Démostbëne et le grammairien Didyme*. L'etbnique est ]Li6f»!vtoc dans l'épigramme bomérique, dans Xénopbon et dans ht liste des tributs. Strabon se sert d'un autre ethnique, Ks6(»)vtrjc« formé de KsSpi)vk, nom du dbtrict- Les deux autres ethniques cités par Etienne de Bysanoe, K£6pi)vo< et Ee6pnvsi>c, ne se rencontrent pas dans les auteurs^ et le premier est de forniation tout à fait irrégulière.
Les médailles décrites en tôte de cet article ont été pu-> bliées pour la plupart par Borrell', qui le premier les a retirées de Gépballénie, où elles étaient classées, pour les attribuer à Cébren. La pièce n* 1, qui est nouvelle, con-firme son attribution d'une noanière définitive. Cette médaille, d*un beau style archaïque, appartient à la première moitié du v* siècle. La coiffure de la tète figurée sur le n* ressemble beaucoup à celle des satrapes persans; mais la bonn^ est ceint de laurier, de sorte qu'il faut plutât y voir une tète béroîqtte, celle de Paris par exemple, dont le tombeau se voyait auprès de Cébren. Le n* 7 n'a pu être frappé que pendant l'intervalle qui s'écoula entre la fondation d'Antigonie par Antigène, et le changement de ce nom en celui d'Alexandrie par Lysimaque. Les Cébréniens incorporés dans la nouvelle ville tenaient à conserver les types, de leur monnaie nationale; plus tard d'autres types prévalurent, celui du cheval paissant, emprunté à Néandria^,.
« Plin., V, 30,8€Ct. 33.
• Steph. Byx. m voce.
* Mim.CAron., VI.p. 187.
^ Mionnet , S«pp/., Troade , n* 493 , 494.
et celui d'ApoUon Sminthîen, divinité honorée dans tonid la Troade, et plus particulièrement dans la petite ville d'Hamaxitus, incorporée, de même que Néandria, dans le territoire d'Alexandrie.
EPHESUS lONIiE.
f fAOïirriANOG. KAiCAp. CEBACTOC . rBPMÂNKOC. Tète lauréa de Demitien.
r\ E4»egiûn.kaaceàG. FlcHve barbu, couché, tenant dan» la main droite des épis, et de la gauche une corne d'abondance; il est appuyé sur une unie renversée. iE. 6. (Ma collection.)
Il existe des médailles d'Éphèse entièrement semblable» à celle-ci, mais avec la légende Mapvac ' au lieu de KXa(T««<;. Ni le Marnas ni le Glaséas ne sont mentionnés dans les auteurs; on ne eonnatt leur existence que par les médailles.. C'étaient probablement deux petits affluents du Caystre, dont la vallée* appartenait en partie au territoire d'Éphëse.
MYUS lONlîE.
Tête laurée d' Apollon à droite.
K. MrH. Un oiseau debout ; le tout dans les détours du Méandre. JE. A. (Ma collection et Cabinet des médailles. — Mionnet, 5tipp/., Carie, n» 45, à Alindà.) — PI; III, n* 6.^
Myus était la plus petite des douze villes ioniennes. Selon lati^ition, elle fut fondée par Cydrélus ou Cyarétus, fils de Codrus, près de Temboucbure du Méandre et à l'entrée du golfe Latmique. Le voisinage de Milet, qui de^
i Mionnet, lonie , n* 202.
boone heure devint une ville riche et floriasante, fut sans doute ce qui empêcha Myus de jamais acquérir de l'importance ^ Elle est mentionnée pour la première fois dans l'histoire à l'année 601 L'attaque sur Naxos ayant échoué, la flotte ionienne vint mouiller devant Myus, et c'est là qu'Aristagoras de Milet en fit arrêter les chefs, lorsqu'il conmiença sa révolte contre l'autorité persane *. Myus prit part à cette révolte , qui devint pour les Ioniens une guerre d'indépendance. A la bataille de Ladé (A. C. AM), où ils furent vaincus, et qui mit fin à la guerre, il y avait trois galères de Myus'. La victoire de Mycale, en A79, rendit aux villes ioniennes leur liberté; elles devinrent d'abord alliées et ensuite sujettes d'Athènes, et lui payaient un tribut; pour Myus ce tribut était en AA6 de 2 talents, et en hiS de 2 talents 600 drachmes \ Myus était, avec sa voisine Magnésie du Méandre , au nombre des villes données par le roi de Perse à Thémistocle*. J'ai déjà fait remarquer ailleurs * que Magnésie était la seule de ces villes dont le roi pût disposer réellement, les autres étant au pouvoir des Athéniens; mais on les regardait sans doute dans les bureaux de Suse comme tribuuires, et on envoyait toujours le même rôle de contributions au satrape de la province. En A28 les Athéniens, sous Lysiclès, étant partis de Myus, voulurent remonter le Méandre pour lever des contributions; mais ils furent défaits par les Cariens et leur commandant tué \
« P«n».. VII , 2 . 7.— Strab., XIV, 1, 3.
• Herodot., V, 36.
» Hwodot., VI , 8.
• BcBckh, Staatêh. Athm., II, p. 709.
•Thnc, 1,138.
• JbvMMim., 1856, p. 48.
'ThocjUi, ir
Dtts les ëTénoments qui remplîMOnt Tintervalle entre U cfaote de la domination athénienne et l'établissement de» Séleucides en Asie Hineoref Myus dut saine la fortune de sa poissante voisine Milet; mais je ne la trouve plus men* tîonnée qu'en 201« A cette époque Philippe V de Macédoine s'en empara et la donna aux Magnésiens, qui lui avaient rendu quelques services pendant qu'il hivernait en Carie'. Deux siècles plus tard, du temps de Stratioo, Myus était tellement dépeuplée, qu'elle n'avait plus d'existence indé^ pendante et s'était rattachée & Milet \ Enfin, au temps de* Pausanias, la ville était complètement abandonnée, et il n'y restait plus qu'on temple de Bacchus en marbre; les atterrissements du Méandre avaient fermé l'entrée du golfe Lat* mique, et avaient engendré aux environs de la ville une telle multitude de cousins qu'elle en était devenue inhabi* table*.
Le nom de Myus s'écrivait de deux manières distinctes ;^ la première est celle usitée par Hérodote, Thucydide et les auteurs postérieurs, Mvoûc, ethnique iioo<S<no<; la seconde est la forme locale Mutic, ethnique Moii<ruK, employée par l'historien Hécatée de Milet % dans les listes des tributs à Athènes, et enfin sur la monnaie locale. Hérodote nous apprend que panni les Ioniens de l'Asie il y avait quatre dialectes en usage; l'un des quatre était celui des habi* tants de Milet, de Priène et de Myus*. La forme Mi^, au lieu de M uotî< , devait être une de ces particularités locales, et, en effet, c'est de cette forme que se sert le Milésiea
« Polyb., XVI,24.
« Strab.,XrVM,10.
• Pau», vu. 2, 7.
• St«ph. Byz., ▼. UÙT^.
• HffodoU, 1 , 142.
Bécatée. On avait cm autrefois que Il6i)c et Mooû< pouvaient 6tre deux villes distinctes, mais les listes des tributs et notre médaiUe ne permettent plus de douter de leur identité.
On ne connaissait pas encore de monnaies de Myus; celle que nous publions vient combler une lacune importante dans la numismatique ionienne, où les douze villes seront désormais représentées. Cette pièce doit appartenir au m* ou au n* siècle avant l'ère chrétienne. Gomme toutes les viUes situées dans la vallée du Méandre, Myus a exprimé sur sa monnaie le voiânage du fleuve.
GAGiE LYGIiE.
Figure archaïque d'une déesse voilée, debout, les bras étendus.
ij). ArKiûN.TA. Lyre; le tout dans un carré creux. JE. A. (Ma collection.) PL III, n» 7.
Gags étût située près de la côte de la Lyde, entre limyra et le cap Ghelidonia ou cap Sacré; au-dessus, à une petite distance dans l'intérieur, se trouvsdent Corydalla et Rbodiapolis, avec lesquelles Gagas formait une de ces petites confédérations dont il y a plusieurs exemples en Lycie. L'emplacement de ces trois villes a été déterminé au moyen d'inscriptions par Spratt et Forbes '. La plus ancienne mention de Gagœ se trouve dans le périple de Scylax ; on la trouve ensuite citée par Alexandre Polyhistor ' au r' siècle avant l'ère chrétienne, par Dioscoride, Pline' et l'auteur du Stadiasmus; par Eusèbe* et Hiéroclès. Dans les notices
I IVicNwlimlycia, I,p. 182, etc.
s Stopb. B7i.ym«oct.
» Plin., V, leot. 28.
* Ma/rtyr, Palmêtm,, e. 4. TâTacs ^ kMnioi oùs fov^t&ov ndXiv.
ecclésiastiques Tévèque de Gsg« est déâgné sous les noms défigurés : 6 Toicwv, Taticwv, Tormv, TqrXmv. Gagœ était une ville anciexme , ainsi que le prouve le nom de niXatov rtv^o^^ et de naXai^KoXu;, que lui donnent quelques auteurs \
C'est auprès de Gagœ que Ton trouvait la pierre appelée gagate^ XtOo< Y«Y«^é<« fort usitée en médecine par les anciens *. Cette substance est nonmiée Irr^rr^ ou ^vffxi^ X(6o< par Nicandre dans ses Thériaques; la première leçon n*est sans doute qu'une erreur de copiste ; la seconde est expliquée par le scholiaste, qui la dérive de vè^^t^ autre forme de rcrst'. La même forme est employée par Strabon. Selon cet auteur le 'mf^^ ^^< se trouvait en Mésopotamie, et cette substance est la même que le y«t«^< ^^ • <^^ ^^ avait comme cette dernière la vertu de chasser les reptiles \
On trouve dans Y Elgmoiogieum Magnum* une historiette qui attribue la fondation de Gagœ aux Rhodiens, et qui explique le nom de la ville par le cri des matelots dorions lorsqu'ils découvrirent la terre : -^â, yà. Le nom de Rhodiapolis, viUe voisine de Gagœ, montre que les Rhodiens ont effectivement fondé des établissements dans ces parages, probablement à l'époque où la Lycie leur était soumise ; mais les monuments lyciens qui existent à Rhodiapolis, et le nom de Palœopolis appliqué à Gagœ, prouvent que ces deux villes existaient longtemps avant la domination rhodienne. Les Rhodiens n'avûent probablement fait que les repeupler, alors qu'elles étaient tombées eh décadence.
* Stoph. Byz., m« DiMor., Mat. Med„ V, 145.
« DioMSor., L cil.— PHn , XXXVI , »cct. 34.— GsUn., vol. XII, p. 203, éd. Kobiu
> Schol. Nioaodr., TkÊriae , 37.
» Strftb. XVI, 1 24.
• £lym. Mag,f ▼. râYoïi.
La médaille que nous publions est le premier monument numismatique de Cagae. L'état de la pièce ne pennet pas de distinguer les attributs de la déesse qui y est représentée; au revers on voit la lyre, type fort répandu en Lycie«
AHBLADA PISlDIiE.