M. TULLIUS ClCERO
MAPK02 TrAA102 KlKEPfiN, Tête nue de Cicéron.
]$ MArNHTfiN TfîN AHO imTAOï ©EOAnPOl. Main tenant une couronne, une palme, une épée et un cep de vigne. — M. 5. Cabinet de France, deux exemplaires, et Musée Britannique. ( PI. TIII, n* b.)
Cette médaille a dérjà été le sujet d'une foule de dissertations, qoi ont été résumées dans nn excellent article de Boii^esi, auquel je renvciie le lecteur [OEuvreê complètes^ I, p. 171). La conclusion de l'illustre savant halien est que la tête est celle ti' Auguste, et que la pièce a été frappée sous le proconsnlat de H. 'Tullius Gicero, le fils de foratew, qui gouverna f Asie vers l'an de Rome 780 (28 av. J. G.) . Sandemente, Visconti, Birch* et Gh. lenormant ont soutenu au contraire que la îèie et la Ij^nde se rapportent à Cicéron l'orateur, et "que les hsAyieants de 3IagnéBie ont frappé cette monnaie -en souvenir des bienfaits qu'ils avaient reçu de sa famitte. 3e passe sous silence ropinien de Cousinéry et d'atrtres qui ont voulu y voir la tête de Jules César; ce système n'est pas soutenable.
Borghesi fait remarquer avec raison que la ville Ôe Magnésie n'avait aucune obligation envers Gicéron, qui n^avàit pas été proconsul d'Asie , et que la reconnaissance <|u'elle pouvait avoir envers la famille TuUia ne pouvait en tout cas s'adresser qu'à son frère Quintus, qui gouverna eBfecti-
1 Numiêtnatic Chronicle, 1839, t. II, p. 107.
/ vement l'Asie pendant trois ans (693-690). On ne voit pas
d'ailleurs que Quintus lui-même ait été le bienfaiteur de Magnésie plutôt que des autres villes de la province ; il les exempta toutes d'une contribution impopulaire, qu'on avait l'habitude de lever en faveur des édiles de Rome, et pour subvenir aux dépenses des jeux célébrés par ces magistrats dans la capitale ; mais cette mesure fut générale et s'appliqua à toute la province. En dehors de ce fait, il n'y a pas trace, dans la correspondance si détaillée de Gicéron, de rapports plus étroits entre sa famille et les Magnésiens. Il faut donc admettre avec Borghesi que la monnaie a été frappée sous le proconsulat de M. Gicéron le fils; ce point nous parait désormais hors de conteste. Quant à la tète, il suffit d'examiner les deux exemplaires de la médaille conservée au Cabinet de France pour se convaincre qu'elle n'est pas celle d'Auguste; sur ce point, Borghesi s'est certainement trompé. Aussi doit-on s'en tenir à la régie si justement invoquée par Visconti, et dont nous fournissons aujourd'hui de remarquables confirmations, à savoir, que la légende qui accompagne un portrait sur une médaille donne le nom de la personne que ce portrait représente ; mais dans le cas de notre médaille on peut hésiter enti'e le père et le fils, qui portent exactement les mêmes noms. N'étaient les exemples de Fabius, de Gallus, et ceux que nous fournissent les monnaies d'Afrique, je serais tenté de me ranger à l'opinion de Yisconti, avec cette restriction, bien entendu, que la monnaie a été frappée sous le proconsulat du fils, et qu'on y a placé le portrait de son père pour lui être agréable. En fin de compte, la question se réduit à une appréciation du caractère de Gicéron le fils, dont Sénèque a dit : Homo qui nihil ex paterno ingenio habuit prxler nrbanilalem {Suasoria^ 8) ; lui faisait-on mieux la cour en mettant sur
la monnaie son portrait ou celui de son père? Les Magnésiens ne devaient rien au père, tandis qu'ils pouvaient attendre des services du fils ; c'était là leur seul point de vue ; en mettant le portrait du fils, ils étaient sûrs de plaire ; en mettant celui du père, l'étaient- ils au même degré? Je lie le crois pas, car la mémoire du grand orateur était médiocrement agréable à Auguste. Toutefois la question est délicate, et je n'oserais la trancher; mais, à tout considérer, et eu égard aux autres exemples que je produis dans ce mémoire, j'incline à croire que le portrait est celui du fils.