‹ Mélanges de numismatiqueChapitre 9 sur 80 · Même légende et même tète · texte numérisé non relu

Même légende et même tète

tf. CEB . AAPANAEûN . MffTPono. Dans le champ koinon. Même type d'Hercule. M. 9. (Ma collection. Deux exemplaires.)

Laranda, appelée aujourd'hui Larenda par les Grecs, et Caraman par les Turcs, est mentionnée pour la première fois dans l'histoire à l'époque de la mort d'Alexandre. Le conquérant macédonien ayant nommé Balacrus, fils de Nicanor, satrape et commandant des troupes en Lycaouie et en Isaurie, les habitants de Laranda et d'Isaura le firent périr. Cette révolte, qui avait eu lieu du vivant d'Alexandre, ne put être punie qu'après sa mort. En 82S ou 822 Perdiccas marcha contre Laranda, la prit d'assaut, la détruisit, fit mourir les habitants en état de porter les armes et vendit les autres comme esclaves'. Cependant la ville se releva de ce désastre. Vers la fin du i" siècle avant l'ère chrétienne elle faisait partie de la principauté d'Antipater de Derbe, après la mort duquel elle passa au pouvoir d'Amyn*

« JVmv. Aim. de FtnêL atckéol., t. II, p, 348, 1889, pi. R, n* 4. « Diodor., XVin,22.

laB, roi de Galalie\ Elle est meotionnâe par Ptolémée* Ters le milieu du u* siècle, et par Suidas ' aux règnes de Septime Sévère et de Sévère Alexandre; elle 0gure égale^ ment dans Hiéroclès et les notices ecclésiastiques; enfin, les médailles décrites en tête de cet article nous apprennent que du temps de Philippe elle portât le titre de métropole et celui de Sébasté.

La médaille n"" 2 a déjà été publiée par Hionnet \ d'après Sestini, mais d'une manière inexacte. L'exemplaire de Sestîni faisait partie de la collection M^ciay et se trouve maintenant dans la mienne. J'en ai complété la légende au moyen d'un second exemplûre qui m'a été envoyé récem^ ment du Levant. Le n"" 1 a été décrit par H. Victor Langkûs % qui l'avait acquis en Gilicie, et a passé également dans ma collection. Le savant voyageur n'en a pas bien lu la légende, qui est assez mal fraiq[>ée et un peu confuse; il y a vu àpenàeûn au lieu de aapanaeqn, et il y a reconnu le nom d'une ville d'Arendœ en Lycie, mentiaiuiée par Ptolémée.

J'ai déjà fait remarquer, dans un article sur les médailles lyciennes*, que dans le meilleur manuscrit de Ptolémée on lit Tpsttvict au lieu de Àp&v8a(, et cette leçon est établie d'uoe manière péreroptoire par les médailles lyciennes à U légende Tpt&wccttDv. Il faut donc renoncer à Arandie, qui n'a dû son existence qu'à des erreurs de copistes, et y sub* stîtoer en Lycie Trébenna, en Lycaonie Laranda. Inutile

' Strab., 301.6,3.

• Ptol., V. 6.

• Suidas, V. Ns9tb»p, Ilcinv^poc.

• Sufjp/o Lycaonie, n* 7.

• «M. mu»., 1854, p. 105.

• il«r. mim., 1863, p. 97.

d'ajouter que les titres de Sébasté et de métropole, ainsi que le mot Coiv«v, ne conviennent nullement k des villes lyciennes, tandis qu'en Lycaonie les médailles de Barata nous offrent la légende Kocvov. Auxoô.Bapatlwv , celles de Da^lisandus la légende Kmvov.Auxoo.AoXtvavSlidv, enfin celles de

Savatra, ZsovMttpIcDv. Koi. Auxaoviac *• 1 Num.Chfm„ym,p.2;Xl,p.Al.-^maanÊft,Smppl., LjeMalay H* 19.

AMYNANDRE,

ROI DES ATBJlMANBfl.

Tête casquée de Mars à droite.

I)). [A0A]MANiîN. AMTNANAP02. Lévrier courant à droite, iE. S. — Cabinet du roi , à Turin.

L*Athamanie était un district du nord de la Grèce , situé entre la Thessalie et TÉpire , borné à Test par la chaîne du Pinde; à l'ouest par la rivière Arachthus. Habité par une population guerrière, mais peu civilisée, ce pays n'eut quelque importance qu'après la chute de la monarchie épirote ; pendant les guerres incessantes qui signalèrent le long règne de Philippe V de Macédoine , les Athamanes jouèrent un rôle assez important, sous la conduite de leur roi Amynandre, celui dont nous publions le premier monument pumismatique.

En racontant les événements de Tannée 220 avant Jésus-

Christ, l'historien Polybe fait mention d'un certain AmynaSv roi des Athamanes , parent de Scerdilaïdas, roi d'IUyrie * ; c'est probablement le. même personnage qu'Amynandre , nom dont Amynas est une forme abrégée. Dans tous les cas , on trouve Âmynandre occupant en 208 une position influente ; il fut choisi à cette époque par les Étoliens et les peuplades voisines comme médiateur entire eux et Phili}^ de Macédoine *.

Il parait que la médiation n'aboutit à aucun résultat » probablement à cause des prétentions des Étoliens ; car un peu plus tard Philippe obtenait d'Amynandre la faculté de passer à travers l'Athamanie pour pénétrer dans la haute Étoile, expédition dont le résultat fut de déterminer les Étoliens à demander la paix. Amynandre reçut en récompense de Philippe l'île de Zacynthe. Il avait épousé quelque temps auparavant Apamé, fille d'un certain Alexandre de Mégalopolis, qui se prétendait issu des rois de Macédoine, et qui en conséquence avait donné à son fils le nom de Philippe. Amynandre envoya son beau- frère comme gouverneur à Zacynthe *.

En 205 il assista, avec d'autres chefs épirotes et acar7 naniens, à la conférence qui eut lieu à Phœnicé, en Épire, entre le roi Philippe et le général romain Sempronius; la paix fut conclue à cette occasion \ En l'an 200, au commencement de la guerre contre Philippe , Amynandre vint au camp romain, et accepta la mission d'exciter les Étoliens à se déclarer contre les Macédoniens. Deux ans plus tard^ à la suite de la victoire de Flamininus, en Épire, il entra en

> Polyb.,IV, 16.

» Tit.*Liv.,XXVn,30.

» Tit.-LiT., XXXV, 47; XXXVI , 31. — Appian., Syr., IS.

* TH.-XiY.,XXIX,12.

Thessalie , en ravagea une partie et s*empara de la ville importante de Gorophi *. On le trouve la même année, assistant à l'entrevue qui eut lieu à Nicée entre le consul romain et le roi de Macédoine; et pendant l'armistice qui la suivit, il fut envoyé à Rome par Flamininus, afin d'appuyer par ses conseils la politique que le consul suivdt en Grèce \ Il continua à servir la cause romaine , et après la défaite de Philippe à Cynocéphales (197 avant J.-C.) , il fut présent au congrès tenu près de Tempe ; et dans les arrangements définitifs qui furent proclamés l'année suivante à Gorinthe, il eut pour sa part les places qu'il avsdt enlevées à Philippe *.

Amynandre n'avait pas eu à se plaindre des Romains ; cependant lorsque la guerre éclata entre eux et Antiochus III, roi de Syrie, il embrassa le parti de ce dernier (192 avant Jésus-Christ). C'est à l'instigation de son beaufrère, Philippe de Mégalopolis, qu'il se rangea parmi les ennemis de Rome ; ce dernier espérait que si les Romains étaient v^ncus, leur chute entraînerait celle de Philippe de Macédoine, maintenant leur allié, et il croyait pouvoir faire valoir alors les droits qu'il prétendait avoir au trône de Macédoine. Amynandre prit part à la campagne en Thessalie contre Philippe et les Romains, et s'empara de Pellinée (191 avant Jésus-Christ) ; mais à l'arrivée du consul Acilius la ville se rendit et Philippe de Mégalopolis qui y commandait fut envoyé prisonnier à Rome; le roi de Macédoine envahit à son tour l'Athamanie, et Amynandre dut aller se réfugier à Ambracie avec sa femme et ses enfants \

« Tit.-Liv., XXXI , 28 ; XXXII ,14.

« Polyb.,XVn.l,10.

* Tît..Lîv., XXXIII, 34. - Polyb.,XVm, 19, 30.

* Tit.-Liv., XXXVI, 10, 14. — Appian., Syr., 17.

Après la prise d'Héraclée, les Étolien^^ étant venus traiter . avec Acilius, une des conditions qui leur fut imposée était de livrer Amynandre; mais ils ne purent s'y décider et la guerre continua S A la même époque, Amynandre chassé de ses États , perdait l'Ile de Zacynthe ; après le départ de son beau-frère Philippe, il en avait confié le commandement à Hiéroclès d'Agrigente; et ce dernier, à la nouvelle de la défaite de son maître, s'empressa d'entrer en négociation avec Diophanès, prêteur des Achéens, et lui livra l'Ile moyennant une somme d'argent *.

Deux ans après (189 avant Jésus-Christ) l'Atharoanie rentrait sous le sceptre d' Amynandre. Les Athamanes mécontents des lieutenants de Philippe, rappelèrent leur ancien prince, et lorsqu'il se présenta à la frontière, avec un corps de troupes étoliennes, ils chassèrent les garnisons macédoniennes. Philippe arriva bientôt en personne pour reconquérir la province, mais il éprouva un échec important, et dut laisser Amynandre maître du pays '. A peine remonté sur le trône, Amynandre se hâta de faire la paix avec Rome, et envoya des ambassadeurs à la fois au sénat, et aux Scipions qui étaient alors à Éphèse après leur victoire sur Antiochus \ La paix lui fut accordée , et peu de temps après, le consul Fulvius ayant mis le siège devant Ambracie , Amynandre, qui avait passé presque tout le temps de son exil dans cette ville, et qui désirait lui épai^er les horreurs d'une prise d'assaut, arriva au camp rom^ pour négocier une capitulation; il y réussit et Ambraciefut sao-

« Tit.-LiT., XXXVI, 28, 29. — Polyb., XX, 10.

•Tit.-Lif.,XXXVI,31,32.

•Tit..Liv.,XXXVIII,l, 2.

^ Tit.-Liv., XXXVllI. 3. — Polyb., XXII , H.

vèe S Depuis ce moment il n'est plus mentionné dans l'histoire.

Voilà tout ce que les auteurs nous apprennent au sujet 'd'Amynandre ; mais une inscription trouvée à Téos fournit quelques détails de plus. Elle fait partie d'une série nombreuse de décrets rendus par différents peuples et villes, et reconnaissant le droit d'asile du temple de Dionysus à Téos. Les plus importants sont ceux des Romains, des Étoliens et des Athamanes \ Le décret du sénat romain fut rendu pendant la prétui'e de M. Valerius Hessala, c'est-àdire en l'an 103, et il détermine la date approximative de tous les autres. Celui des ÉtoUens est daté de la magistrature d'Alexandre de Calydon, sans doute cet Alexandre surnommé Ifflus, qui de 198 à 180 fut un des principaux chefs étoliens. Celui des Athamanes doit être de la même année que celui des Étoliens, puisque les mêmes envoyés de Téos, Pythagore et Clitus, y sont nommés; mais il doit aussi être antérieur à l'année 101, époque à laquelle Amynandre perdit son royaume ; il appartient donc probablement à la même année que celui des Romains, à l'année 103. Cette inscription nous apprend deux faits importants : d'abord qu' Amynandre n'était pas seul chef des Athamanes; il partageait le pouvoir avec un autre chef nommé Pythodorus, soit qu'ils régnassent conjointement, soit, ce qui est plus probable, qu'ils gouvernassent chacun une fraction distincte de la nation des Athamanes; en second lieu, qu'il ne portait pas dans son pays le titre *de roi, quoique tous les auteurs le désignent ainsi. En ceci la médaille est d'accord avec l'inscription.

« Tit..Liv., XXXVIII, 9. — Polyb., XXII , 12.

• Lebas, Inscriptiûm, n" 60, 83, 86. — Bœckh., Corp. Ittscript, Graeo^^ n** 3045, 3046.

Les monnaies des Athamanes sont rares; panni le petit nombre de types connus , on trouve celui d'un guerrier der bout * , probablement la figure de Mars, dont la tèt9 est gravée sur notre médaille. Le lévrier au revers se rap^ porte sans doute au mythe d'Atalante, si répandu cbes lea Étoliens.

Mionnet, ÉMU, n" 21.

LE NOME HEPTACOMÉTIS.

Tète laurée d'Hadrien, sans légende.

1$. €nTAK(i)M. L. U. Aigle debout. — M. 3. Cabinet du roi , à Turin. — (Voy. Arigoni , Num. Gfxd , 1 1 , tab. 3^ n* S. — Tôchon, Médailles d! Egypte j p. A3. — Zoëga, Numi jEgypt., p. 122, n* 206. — Eckhel, t. IV, p. 106. — Mionnet, VI, p. 526).

Voici une médaille qui, pour avoir été très-inexactement publiée par le premier des auteurs que nous venons de citer, est devenue pour tous les autres un sujet de contre^ verse et de conjecture, tandis qu'elle devait enrichir la géographie de l'Egypte d'un fait nouveau et intéressant. Arigoni avait eu la singulière idée de faire* dessiner ses mé^ dailles sur une échelle uniforme , ne tenant aucun compte du module, de sorte que ce petit bronze a été représenté coDune étant au moins du huitième module , tandis qu'il n'est en réalité que du troisième ; de plus il ne respectsdt pas la forme des lettres, et on trouve constamment dans les planches de son ouvrage Cl au lieu de (0, E au lieu de 6, et ainsi de suite. La collection formée par Arigoni au com^ mencement du zvm* siècle passa à la famille de Savorgnan,

et ensuite par héritage à celle de Gradenigo ; le comte Pietro Gradenigo la vendit, en 18A3, au roi Charles-Albert, et elle forme maintenant partie de la collection royale de Turin. C'est là que j'ai eu récemment l'occasion de l'étudier, de comparer les originaux avec l'ouvrage d'Arigoni, et de constater la singulière manie d'uniformité qui a présidé à la confection des planches. Disons en passant que, sauf le module, les médailles sont en général assez exacte-' ment rendues, mais que la collection contenait, comme toutes celles formées à la même époque , uû assez grand nombre de médailles et surtout de médaillons à légendes retouchées, et quelquefois entièrement refaites au burin.

Toutefois, ce n'eçt pas le cas pour la médaille qui nous occupei , et dont l'importance m'a été signalée par M* le chevalier Promis, le savait et aimable conservateur du cabinet royal. La pièce est d'une conservation excellente, intacte, et d'une authenticité à l'abri de tout soupçon ; il ne s'agit donc plus de corriger la légende et de lire 6I1TAN0M avec Zoega et Eçkhel, il faut l'accepter comme inc<mlestable et tâcher de l'expliquer. Ce soin, je le laisse à d'autres, et particulièrement ^ux égyptologuea qui étudient la géo^ graphie de F%ypte dans les inscriptions et les papyrus ; car je crois pouvoir affirmer qu'aucun géograpbe grec ou latin n'a naentionné le nome Heptacométis. La fabrique et le style de la médaille sont trop caractérisés pour qu'on puisse lui assigner une autre patrie quie l'%ypte ou quelque district voisin, et songer, par eii^eoiple, k la peuplade des Heptacomètes, qiU baJI^itait une .portion du Pont, sur les confias d(Ç la Colcbide. Cette pièce se rattache donc à l'émission nombreuse de médailles des nomes, qui eut lieu pendant la onzième année du règne d'Hadrien; ce» monnoÂes , toutes de petit module , se font ren^arquer par l'uni-

formité et la finesse du travail , très-supérieur à celui des grands bronzes frappés sous le même règne. Il est fort possible , comme le pense Tôchon d'Annecy (p. 21), qu'Hadrien ait voulu consacrer de cette façon une nouvelle répartition des nomes de l'Egypte; dans tous les cas, notre médaille est un élément nouveau dont il faut tenir compte pour la géographie de l'Egypte sous la domination romaine. J'ajouterai en terminant une remarque au sujet de l'ouvrage de Sestini, intitulé : Catcfiogus Musei Arigoniani c(uiigatus. L'auteur déclare lui-même dans sa préface qu'il ne put voir la collection à loisir et en détail ; aussi donnet-il la légende CnTANAM , moins exacte que celle fournie par Arigoni. Évidemment, il n'avait pas même vu la médaille; ce n'est, du reste, qu'un exemple de plus de la légèreté extrême avec laquelle cet auteur confectionnait ses catalogues.

MÉDAILLES DE MARIUM EN GTPRE.

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