‹ Mélanges de paléographie et de bibliographieChapitre 3 sur 76 · XXVII, 7, — XL · texte numérisé non relu

XXVII, 7, — XL

Deutéronome : i, 1 — xi, 4.

Voici les premières et les dernières lignes de chaque

fragment, avec renvoi aux passages correspondants de la

Vulgate :

[Genesis.]

Fol, 1. Dixit autem ei Angélus Domini : Revertere ad dominam tuam et humilia te sub maiiibus ejus... (xvi, 9). — Fol. 1

V* Sarra post nonaginta annos pariet. Dixit autem Abram

ad (xvii, 17 et 18).

Fol. 2. Educ illos ad nos ut coitum faciamus cum eis

(xix, 5.) — Fol. 2 v° Et ecce ascendebat flamma a

terra sicut vapor camini. Et factum est post (xix, 28 et 29).

Fol- 3. Propter hoc nomen est civitatis illius Puteus juramenti

usque in hodiernum diem (xxvi, 33). — Fol. 12

v“ Dixit autem Esau : Relinquam ergo te cum de

(xxxiii, 15).

Fol. 13. rexit meus manipulus et reclus stetit, et conversi manipuli vestri adoraverunt meum manipulum. . . (xxxvii, 7) .

— Fol. 14 v”* Dixerunt : Non erat hic fornicaria. Et

reversus est ad Judam et dixit : Non inveni. (xxxviii, 21 et 22) .

Fol. 15. me sine filiis esse fecistis (xlii, 36). — Fol. 24

v“ Et mortuus est Joseph cum esset annorum ex, et

saepelierunt eum etposuerunt eum in sarcophaum in Aegyptum (l, 25). Explicit Genesis.

[Exodus.]

Fol . 25 . Haec sunt nomina filiorum Istrahel qui introierunt in Aegyptum (i, 1). — Fol. 31 v^ Dixit autem

EN LETTRES ONCIALES 5

Dominus ad Moysen : Die Aron fratri tuo : Sume vir^am (vu, 19).

Fol. 32, titiam filiarum faciet ei. Quod si aliam sumet sibi quae justa sunt et vestem et consuetudinem ejus non abne-

gabit ei (xxi, 9 et 10). — Fol. 32 vendet

taurum vivum et parti en turpraetium ejus, et taurus qui mortuus fuerit dispartietur. Quod (xxi, 35).

Fol. 33. Versatile cymatium et coronae in circuitu, et faciès

quattuor annules per quattuor partes pedum ejus sub

(xxv, 25 et 26). — Fol. 33 Frit cooperiens in

lateribus labernaculi (xxvi, 13).

Fol. 34. aeramento. Et induces bastacteres in anulis, et sint

bastacteres ad latera altarii (xxvii, 7). — Fol. 49 v»

Et ignis erat super eum nocte in conspectu totius Istrahel in Omni gressu eorum (xl, 36). [Explicit liber Exodus.‘)

DEUTERONOMIUM.

Fol. 50. Haec sunt verba testament! quae locutus est Moyses

ex ore Domini (i, 1). Fol. 64 v° Dum delusit

aqua maris rubri in faciem illorum dum consequerentur post vos et perdidit illos Dominus usque (xi, 4).

Quant à la constitution matérielle du manuscrit, j’ai vérifié qu’il se composait de cahiers régulièrement formés de huit feuillets chacun, et que les 64 feuillets conservés à Lyon tenaient primitivement dans le livre les places indiquées par le tableau suivant :

Les fol. 1 et 2 appartenaient au cahier III ;

Les fol 3-10 constituaient la cahier V ;

Les fol. li-13 formaient les deux premiers et le dernier feuillet du cahier VI ;

Les fol. 14 et 15 formaient l’enveloppe du cahier VII ; Les fol. 16-23 constituaient le cahier VIII ;

Les fol. 24-31, le cahier IX ;

Les fol. 32 et 33 appartenaient au cahier XII ;

Les fol. 34-41 formaient le cahier XIÎI ;

Les fol. 42-49, le cahier XIV ;

LE PENTATEUQUE DE LYON

Les fol. 50-56 étaient les sept derniers feuillets du cahier XXVI ;

Les fol. 57-64 formaient le cahier XXVII.

Il est bon de remarquer que le double feuillet 42 et 49, qui enveloppe le cahier XIIII, a été refait après coup : il se distingue des autres feuillets par l’absence de litres courants et par le nombre des lignes, qui est de 26 à la colonne et non pas de 27. Le copiste qui a refait ce double feuillet en a d’ailleurs prévenu le lecteur, par quelques mots tracés au bas du fol. 42 : HOC FOLIVM IN CODICE MENIMAE EVE RAT REPERTVM.

Maintenant que nous sommes fixés sur le contenu et la composition du manuscrit de Lyon, nous avons k rechercher s’il est *en réalité, comme je l’avais supposé, un fragment du même volume que le manuscrit possédé et publié par lord Ashburnham.

Les feuillets de l’un et de l’autre ont absolument les mêmes dimensions ; dans tous les deux l-’écriture est disposée sur trois colonnes, et chaque colonne contient 27 lignes. Quand on compare les pages du manuscrit de Lyon avec le fac-similé joint à la publication de lord Ashburnham, il est impossible de trouver la moindre différence entre les caractères du manuscrit lyonnais et ceux du manuscrit anglais. En bonne critique, ces rapprochements suffiraient pour établir que les deux manuscrits sont les débris d’un même exemplaire, ou, du moins, de deux exemplaires exécutés en même temps et dans le même atelier. Mais je prétends aller plus loin et démontrer que les fragments de lord Ashburnham ont été arrachés au manuscrit même de la bibliothèque de Lyon.

A n’en pas douter, le manuscrit de Lyon, quand il était complet, renfermait tout le Pentateuque. La principale lacune qu’il offre aujourd’hui porte sur le texte du Lévi'tique et des Nombres. En effet, le fol. 49 v® s’arrête aux derniers mots^de l’Exode, sans letitrefinal,et le fol. 50 r° commence

EN LETTRES ONCIALES

aux premiers mots du Deutéronome, sans le titre initial. Or, le feuillet 49 répond au dernier feuillet du cahier XIIII, et le feuillet 50 au second feuillet du cahier XXVI. On a donc enlevé du manuscrit de Lyon les cahiers XV-XXV plus le premier feuillet du cahier XXVI, et ces cahiers XV-XXV réunis au premier feuillet du cahier XXVI renfermaient le texte du Lévitique et des Nombres, précédé du titre final de l’Exode et suivi du titre initial du Deutéronome.

C’est exactement ce que contient le manuscrit de lord Ashburnham,qui nous offre : 1° le titre final de l’Exode ; 2° le texte du Lévitique et des Nombres (1) ; 3° le titre initial du Deutéronome, de sorte que, si par la pensée nous intercalons les feuillets du manuscrit de lord Ashburnham entre les feuillets 49 et 50 du manuscrit de Lyon, nous comblons exactement la principale lacune de ce manuscrit, et nous la comblons avec une exactitude si parfaite qu’aux points de jonction il n’y a pas un mot en trop, ni un mot en moins.

La coïncidence n’est pas moins rigoureuse si nous examinons la composition et les signatures des cahiers. J’ai constaté que le manuscrit de Lyon est incomplet des cahiers XV-XXV, plus du premier feuillet du cahier XXVI. Lord Ashburnham a pris soin de nous avertir que son manuscrit se compose de cahiers cotés XV-XVII et XIX-XXV, plus du premier feuillet d’un cahier XXVI.

On pourrait, à la rigueur, supposer qu’au vi® siècle un même copiste a pu transcrire deux exemplaires du Pentateuque, absolument semblables aussi bien pour la composition des cahiers que pour la disposition de l’écriture et la répartition des matières sur les pages de chaque exemplaire. Mais ce qu’on ne saurait admettre, c’est que le hasard ait été assez intelligent pour ne laisser exactement

(1) Il y manque la partie du Lévitique comprise entre xviii, 30 et XXV, 16 ; elle occupait le cahier XVIII, qui a disparu.

LE PENTATEUQUE DE LYON

subsister de l’un des exemplaires que les feuillets qu’il avait laissé détruire dans Fautre.

Jetiens donc pour évidemment démontré quele manuscrit de Lyon contenait à l’origine tout le Pentateuque et qu’on en a enlevé les feuillets auxquels la publication de lord Ashburnbam a assuré une légitime célébrité. C’est donc sous la dénomination de « Codex Lugdunensis » qu’il conviendra désormais de désigner l’ancienne version latine du Pentateuque telle que nous l’avons en combinant les fragments delà bibliothèque de Lyon avec ceux d’ Ashburnbam Place.

Quand et comment la scission s’est-elle opérée? C’est là une question délicate, dont la discussion appartient peut-être moins aux académies qu’aux tribunaux. Ce qu’on peut affirmer, c’est que l’extraction a été pratiquée avec une véritable sagacité (1). En effet, le voleur ne s’est pas borné à enlever un certain nombre de cahiers entiers ; à ces cahiers il a pris soin de joindre un feuillet délicatement coupé à un autre cahier, dont il dédaignait de prendre les sept autres feuillets. De cette façon, les fragments dérobés à Lyon n’offraient de lacunes ni au commencement ni à la fin ; et ils avaient l’apparence d’un volume bien complet, qui pouvait et devait être vendu à des conditions fort avantageuses.

Les fragments ainsi arrangés ont été vendus en 1847 par Libri à lord Ashburnbam. Ils forment le n” 7 du fonds Libri dans la bibliothèque du célèbre amateur anglais.

Il importait de mettre hors de contestation la connexité qui existe entre le ms. 54 de Lyon et le ms. 7 du fonds Libri chez lord Ashburnham, non seulement pour montrer

(1) Depuis la rédaction de celte notice j’ai constaté que les cahiers aujourd’hui possédés par lord Ashburnham étaient encore à Lyon en 1837. Cela résulte du témoignage formel du docteur Fleck, consigné dans ses Anecdota (Leipzig ; 1837. ^-8”), et reproduit dans la Bibliothèque de l'École des chartes^ t. XL, p. 259, année 1879.

EN LETTRES ONCIALES

encore une fois avec quelle audace et quelle dextérité nos bibliothèques publiques ont été mises au pillage, mais surtout pour bien établir Fliomogénéité de ces deux manuscrits, et donner ainsi une base plus large aux études dont ils seront l’objet.

Il résulte, en effet, des rapprochements qui viennent d’être faits, que, dans un manuscrit unique, dont les cahiers sont aujourd’hui dispersés, nous possédons le texte à peu près complet d’une ancienne version latine des cinq livres du Pentateuque. Le premier travail qui devra être entrepris sur ce manuscrit consistera à donner une édition littérale des parties de la Genèse, de FExode et du Deutéronome qui sont à Lyon, Cette édition, réunie à celle que lord Ashburnhama publiée du Lévitique et des Nombres, mettra à la disposition des érudits un texte suffisamment étendu pour résoudre plusieurs problèmes fort intéressants. Les principaux ont été indiqués avec beaucoup de netteté, en 1870, par les rédacteurs de la Uevue critique (i), qui, en rendant compte de la publication de lord Asbburnbam, supposaient, avec Ranke, que le reste du Pentateuque existait encore quelque part : « Heureux, ajoutaient-ils, le chercheur qui mettra la main sur ce trésor, caché peutêtre dans le fond de quelque bibliothèque de province ! n

Le temps et la compétence me manquent également pour mettre en valeur le texte qu’un pur hasard m’a fait découvrir. Il y a là le sujet de travaux qui tenteront quelques jeunes gens de nos écoles (2) et pour lesquels nous ne devrons pas nous laisser devancer par les étrangers, si empressés à publier les moindres fragments qu’ils rencontrent des versions latines de la Bible antérieures à celle de saint Jérôme (3).

(1) Tome IX, p, 341, 28 mai 1870.

(2) Ce vœu a été entendu. M. Ulysse Robert est à la veille de publier une édition du Codex Lugdunensis qui répondra de tout point à Fatienle du monde savant.

(3) Oû trouvera la bibliographie des principaux travaux dont les

LE PENTATEUQUE DE LYON

Plus que tout autre, le texte de hyon pourra servir à prouver qu’antérieurement à saint Jérôme il existait plusieurs versions latines de la Bible faites sur le grec des Septante ; il permettra de reconnaître à quelle famille des manuscrits de la version des Septante appartenait l’exemplaire qu’avait sous les yeux le rédacteur d’une des plus anciennes versions latines ; il fera connaître l’un des premiers systèmes de la coupure de la Bible en versets ; il fournira des exemples de mots et de locutions de la latinité vulgaire des premiers siècles de l’Église; il donnera des notions sur les variations de l’orthographe et peut-être aussi de la prononciation. C’est plus qu’il n’en faut pour attirer sur lui l’attention des paléographes et des philologues.

anciennes versions latines de la Bible ont été l’objet dans la dernière édition de l’ouvrage de Hubner {Grundriss zu Vorlesungen über die Ræmische Lilteraturgeschichte, Berlin, 1878, pp. 303 et 338).

LE PSAUTIER DE LYON

EN LETTRES ONCIALES (1

Pour faire rentrer à la Bibliothèque nationale différents papiers du président Bouhier, qui, par suite d’un oubli du docteur Prunelle, sont allés s’égarer au Palais des Arts à Lyon, M. le Ministre de l’Instruction publique m’a autorisé à négocier un échange qui ne sera pas moins profitable à la Bibliothèque nationale qu’aux deux grandes bibliothèques de Lyon, et dont l’une des conditions est la restauration et la reliure de quelques-uns des plus anciens manuscrits lyonnais. En vue de ce travail, qui ne saurait guère être exécuté ailleurs qu’à la Bibliothèque nationale, M. le Préfet du Rhône a bien voulu me confier, entre autres volumes, un fragment de psautier en lettres onciales, dont j’ai pu remettre les feuillets en ordre, et qui, malgré de très regrettables mutilations, n’en reste pas moins un monument infiniment précieux pour la paléographie et pour la critique des versions latines du psautier.

Ce volume, dans l’état actuel, se compose de 103 feuillets de parchemin très fin, hauts de 295 millimètres et larges de 264.

L’écriture est une très grosse onciale, un peu lourde, dont l’aspect rappelle l’écriture du célèbre psautier de la

1) Notice lue à l’Académie des inscriptions le 9 août 1879,

LE PSAUTIER DE LYON

Bibliothèque nationale connu sous le nom de Psautier de saint Germain.

La réglure, à la pointe sèche, est disposée de telle façon que les lettres s’appuient en haut et en bas sur un des traits de la réglure. Les seules lettres dont le sommet dépasse un peu le niveau sont D, H, L et Y (1). La base des F se prolonge légèrement en pointe effilée au-dessous de la ligne de réglure : ce caractère se remarque aussi, mais avec moins de constance et d’intensité, sur les lettres P, Q et R. Le trait vertical qui termine les G est une ligne droite très fine, qui descend de quelques millimètres audessous de la réglure. Le premier jambage des N se termine par un petit délié tourné à gauche et dépasse toujours un peu le niveau inférieur des lignes. — De petits traits tranchent et arrêtent dans la partie supérieure les montants des lettres A, N, U, P et R.

Les I se terminent en bas par une pointe effilée, dirigée à gauche ; ce qui les distingue essentiellement des T, dont la traverse, parfois peu accusée, tend à se perdre dans le sillon de la réglure, mais dont la base est toujours formée d’un plein largement tracé et même un peu renflé. Très souvent la traverse des E et parfois la tête des G, des E, des F, des G et des X (côté droit) est formée d’un trait fourché.

L’âge des manuscrits en lettres onciales, est toujours assez difficile à déterminer. Heureusement l'antiquité du psautier de Lyon peut être démontrée par deux circonstances indépendantes de la forme des caractères que le calligraphe a employés.

En effet, sur beaucoup de pages, on remarque des annotations, les unes en onciale très barbare, les autres en minuscule ou en cursive de Fépoque mérovingienne. Plusieurs de ces annotations ont pour but de rétablir des lignes ou

(1) Voyez un Y à la ligne 13 du fol. 60 v“.

EIV LETTRES ONCIALES

des bouts de lignes, que la pourriture avait fait disparaître au haut d’un certain nombre de feuillets. Les autres constituent des variantes, introduites après coup, variantes sur la nature desquelles j’aurai à revenir. Pour le moment, je me borne à citer deux ou trois exemples de la première espèce de ces annotations.

Le fol. 26 r» se termine par ces mots du psaume XX : {( Gloriam et magnum | decorem inpones | super eum. » Les deux premières lignes du verso, contenant les mots : « Quoniam dabis eum in | benedictionem, » ont à peu près disparu sous l’action de l’humidité ; pour les remplacer, une main très mal exercée les a rétablis comme il suit au bas du fol. 26 r° : « Quoniam dabis ei benediccionem. » — De même pour les deux premières lignes du fol. 27 r° : « Omnes qui te oderunt ] Pones eos ut clibanum. » L’humidité ayant rendu ces deux lignes à peu près illisibles, on a récrit en caractères très barbares les mots : « Omnis qui te oderunt, » au bas du fol. 26 v°, et les mots : « glevanum ignis, » dans la marge du fol. 27 L’orthographe glevanum, pour clibanum, dénote, aussi bien que l’écriture, l’époque mérovingienne. — Au haut du fol. 29, les trois mots videntes me deriserunt (Ps. XXI, 7), que l’humidité avait rongés, ont été rétablis en caractères cursifs, absolument semblables à ceux des diplômes mérovingiens de la basse époque, et avec une orthographe tout à fait significative : videntis medirixerunt. — Citons encore au bas du fol. 33 r^ : justiciam ejus popolus (Ps. XXI, 34), et au bas du fol. 34 r° : et çalex meos inhihrians quam preclarus est{Ps. XXII, 7).

L’écriture et l’orthographe des variantes, dont il sera bientôt question, pourraient donner lieu à des remarques du même genre.

La conséquence à tirer de ces particularités graphiques et orthographiques, c’est que le psautier existait avant le siècle de Charlemagne, et que, dès lors, beaucoup des feuil-

LE PSAUTIER DE LYON

lets qui le composent, gâtés par l’humidité, avaient subi des restaurations. Le contraste qu’on observe entre l’écriture et l’orthographe du texte primitif et celles des passages restitués prouve qu’un assez long espace de temps s’était écoulé entre l’exécution du livre et la restauration dont il fut l’objet. La restauration étant au plus tard du milieu du viif siècle, il n’y a rien d’exagéré à supposer que la transcription première était plus ancienne d’au moins un siècle et demi. Je crois donc que, par cette considération, on peut assigner pour date à la copie de notre psautier la fin du VI® siècle ou le commencement du vu®.

A part ces circonstances accessoires, le psautier examiné en lui-même offre bien tous les caractères qui conviennent à un manuscrit du vi® siècle.

Le parchemin est très lisse et très fin.

Les abréviations sont très rares, ou même à peu près nulles, sinon au bout des lignes.

11 n’y a pas, à proprement parler, de ponctuation.

L’orthographe est assez bonne.

Je reprends ces trois derniers points : Abréviations, ponctuation, orthographe.

Abréviations et conjonctions dans le courant des lignes. — Dans le courant des lignes les abréviations se rencontrent très rarement, à l’exception toutefois des mots Dominas et Deus^ qui sont représentés d’ordinaire par les lettres DMS et DS, surmontées d’un trait. On trouve un petit nombre de fois le mot Dominas figuré par DNS (fol. 1 v®, 2, 62 Y®) ou par DOM (fol. 8 v® et 66 v®) ; mais la forme ordinaire est DMS, DME, DMI, etc., ce qui est une marque d’antiquité, comme l’ont très justement fait observer les auteurs du Noaveau traité de diplomatique (III, 544). Ajoutons que, dans la première et la dernière partie du psautier (fol. 1-61 et 101-103), les mots Dominas et /)e us sont toujours tracés en rouge ; dans la partie intermédiaire (fol. 62-100), ils sont en noir.

EN LETTRES ONCIALES 15

J’ai noté aux fol. 87 et 93 les mots Dei nostri et Deus noster représentés par DI. N et DS. N. — A part Fabréviation de Dominus et de Deus je n’ai, pour ainsi dire, relevé aucune abréviation dans le courant des lignes ; une lecture rapide ma seulement fait remarquer :

USQ. Fol. 4 v*" et 22. Pour usque.

TRIBULATIONIB. Fol. 39 \\ Pour tribulationibus.

OMNIB. DIEB. Fol. 42 v». Pour omnibus diebm.

NEQ. Fol. 43 v°. Pour neque.

Il n’y a point non plus de ces contractions ou conjonctions de lettres, qu’on doit considérer comme des espèces d’abréviations. J’ai seulement noté au fol. 50 la conjonction des deux dernières lettres du mot HABITANT.

Abréviations et conjonctions au bout des lignes. — Les abréviations sont beaucoup plus communes à l’extrémité des lignes. Rien n’est plus ordinaire que d’y voir les désinences AM, EM, UM, représentées par les lettres A, E, ü, non pas surmontées, mais accompagnées à droite d’un trait au-dessous duquel on a marqué un ou deux points. — A la même place nous trouvons Q. pour que (fol. 63 v®), et B. pour bus (fol. 29 et 65 v°). — L’emploi des lettres conjointes ou enclavées se rattache au sy^ème des abréviations. J’ai noté les conjonctions de lettres dont la liste est ci-jointe :

AE. Fol. 69.

NE. Fol. 87.

UL. Fol. 69 v°.

UNT. Fol. 1, 8 et 50

Quant aux lettres enclavées, citons de petits R et S enfermés dans de grands O pour figurer les désinences OR (fol. 93 V®) et OS (fol. 67). — Les deux dernières syllabes du mot «mmîa sont représentées, au fol. 71 v®, par les lettres M et G dans l’intérieur desquelles sont tracés des 1.

ÜR. Fol. 5 v° et 36 v®.

US. Fol. 7, 22, 38, 50 v«.

UT. Fol. 29.

LE PSAUTIER DE LYON

L’usage des conjonctions de lettres et des abréviations au bout des lignes s’explique par la nécessité de faire tenir des mots ou des portions de mot qu’on ne voulait pas rejerer au commencement de la ligne suivante.

La même raison a décidé le copiste à tracer en petites onciales les dernières syllabes d’un assez grand nombre de lignes.

Ponctuation. — A l’origine, il n’y avait dans le psautier aucun signe de ponctuation, sinon après les lettres numérales qui indiquent la série des psaumes et après les mots qu’on avait écrits en abrégé. Le point marqué dans ces deux cas est triangulaire, ou plutôt affecte la forme d’une très petite feuille de lierre. — A trois endroits, j’ai remarqué des points de même apparence entre deux mots dont le premier avait pour lettre finale la voyelle par laquelle commençait le mot suivant :

Spes mea. ab uherih. (fol. *29, ligne 12).

* Inpinguasti. inoleo {îo\. 34, ligne 13),

Sperabi. in (fol. 39 v°, ligne 5).

A la ligne 8 du fol. 24 le copiste a tracé avec beaucoup de netteté un point en forme de feuille de lierre entre les mots sacrificii tui^ que rien n’autorise à séparer.

Aucun signe n’avertit qu’un mot commencé au bout d’une ligne sera terminé au commencement de la ligne suivante. En d’autres termes, nulle apparence de traits d’union. Pour s’en assurer, On n’a qu’a recourir aux passages suivants :

Fol. 7 v°. Mo I vebitur.

Fol. 13 v°. Trans [ currerunt.

Fol. 14. Taber | naculum.

Fol. 17. Transgre | diar.

Orthographe. — L’ortbograpbe est assez correcte. Parmi les anomalies, on peut signaler la confusion de l’accusatif et de l’abbatif et la substitution du B au V. Voici

EN LETTRES ONCIALES

quelques exemples recueillis au cours d’une lecture assez rapide :

Istrahel. Fol. 6 v" et 73. (Pour Israël.)

Congraegabo. Fol. 8.

Manum mearum. Fol. 15 v® et 16.(Pourmawîmm mearum.)

A temptaiionem. Fol. 17.

Praecingit me virtutem. Fol. 17 v°.

Inter qentibus. Fol. 20 v®.

Inrepraehensibilis. Fol. 22.

Eripe a frameam anima mea. Fol. 31.

Sperabi. Fol. 39 v'’.

Peti. Fol. 42. (Pour Petii.)

Circuibi. Fol. 43.

In jubilationem. Fol. 49 v®. {Pour jubilatione.)

Aput. Fol. 66 v\

Patris mei. Fol. 66 v°. {P om patres mei.)

De lacum. Fol. 67. (Pour de lacu.)

Scribtum. Fol. 68.

Conpraehenderunt. Fol. 69.

Dereliquîd. Fol. 69 v°

Salvabit. Fol. 77. (Pour salvavit.)

Juvüate. Fol. 85 v®.

Abréviations, ponctuation et orthographe des notes additionnelles. — Dans les passages ajoutés après coup, le système des abréviations est assez différent : Dominas est écrit DNS (fol. 81 et 99 v°), et non plus DMS. — La lettre Q suivie d’une sorte d’apostrophe tient lieu de que (fol. 89 V®) ou de qui (fol 78). — La conjonction quoniam est écrite Qfim (fol. 83 v®, 90, 92 et 94).

La main qui a révisé le manuscrit sur la fin de l’époque mérovingienne y a ajouté beaucoup désignés de ponctuation, qui affectent assez la forme d’un t minuscule, penché de droite à gauche, et muni sur la gauche, à la partie supérieure, d’une traverse courbe, à peu près comme on a figuré la conjonction et dans les écritures du xin® siècle.

LE PSAUTIER DE LYON

L’orthographe des passages additionnels est beaucoup plus barbare que celle du texte primitif. Qu’on en juge par ces exemples :

In estudiis. Fol. 4 v°.

In conspecto. Fol. 15 v'’.

Corrixit. Fol. 18.

Vistigia. Fol. 18.

Inmacolata. Fol. 22^

Soscipiat. Fol. 24.

Calex meos inhibrians. Fol. 34. (Pour calix meus inebrians.) Custudi. Fol. 39.

Angusties. Fol. 39 v°. (Pour angustiis.)

Vanetates. Fol. 40. our vanitatis .)

Ane. Fol. 42 v“. (Pour hanc.)

Occoltaverunt. B’ol. 56 v^'.

Ingripationes . Fol. 62 v». [Vour increpationes.)

Ausiliom. Fol. 69 v°.

Iggenos. Fol. 70. (Pour egenus.)

Adjova me., adjutur et liberatur meos es tu. Fol. 70. Repolisti et quare tristus. Fol. 75.

Adfleggit me inimicos . Fol. 76. (Pour afftigit me inimicus.) Vultus tuae. Fol. 77.

F août. Fol. 77 v^ (Pour/ac^e^.)

Gerça. Fol. 81 v°. (Pour circa.)

Vultum suom. Fol. 84 v”.

Optenebunt. Fol, 91

Soper sacrificiam toam . Fol . 94 .

Especies. Fol. 94 v°. {V our species.)

Detraebas. Fol. 96.

J’aurai terminé l’examen des caractères extrinsèques du manuscrit, quand j’aurai dit que les 103 feuillets dont il se compose sont les débris d’un volume au moins trois fois plus considérable et formé de cahiers de 8 feuillets. La signature de chaque cahier est marquée en chiffres romains, sur la marge inférieure de la dernière page, du côté droit.

EN LETTRES ONCIALES

Les cahiers I, II et III manquent.

Le cahier IV, dont le premier feuillet manque, forme les fol. .1-7 du volume actuel.

Au cahier V, dont les feuillets 2 et 7 ont disparu et dont le feuillet 6 est presque entièrement arraché, correspondent les feuillets 8-13 du volume actuel.

Le cahier VI forme les feuillets 14-21.

Page 1