LIVRE d’heures
lium dicebat : « Adjuvet te Deus ! y> Et spiritum exalabat.
III. Tandem post stragem hominum maximam, luctus, jejunia et penitencias graves , pape processionaliter euiiti per Romam, cum universa plebe et clero, apparet angélus sanguinolentum ensem in vagina reponens supra palacium magicum (1).
IV. Servaturque bec consuetudo usque in hodiernum diem quod homines vadunt nudi in aliquibus locis, verberantes se et macerando carnem in jejunio et oratione et planctu, processionaliter omnium sanctorum patrocinia implorantes.
Le tableau auquel se rapporte cette dernière explication est l’un des plus curieux du volume : il représente un groupe de pénitents blancs, ou de flagellants, se donnant la discipline.
Je n’ai pas entendu, par une aride description, donner une idée de la richesse et du bon goût d’un livre qui fut au XV® siècle l'un des morceaux d’élite rassemblés dans les trésors du duc de Berry et de la mère du bon roi René. Le seul but que je me suis proposé, c’est de constater la conservation d’un manuscrit qu’on pouvait supposer perdu et qui se trouve heureusement dans une maison digne de le posséder.
A cette occasion, je dois résumer, en deux mots, l’état de nos connaissances sur le sort des manuscrits du duc de Berry. D’après les inventaires originaux qui nous sont parvenus, on peut évaluer k environ 300 le nombre des livres que le duc de Berry a fait faire ou a possédés. En 1868, j'ai publié la liste de ceux dont j’avais alors reconnu l’existence : cette liste comprenait 77 articles, dont o6 conservés k la Bibliothèque nationale et 21 dans diverses collections publiques ou privées de la France et de l’étranger.
Delà liste imprimée en 1868 il convient de retrancher
(1) Le manuscrit porte magi^.
DU DUC DE BERRY
deux articles : le Joseph et le Sidrac, que, sur la foi de Van Praet et de Marchai, j’avais indiqués à la Bibliothèque royale de Belgique, ce qui est inexact. — Par compensation il faut y ajouter les six articles suivants (1) :
1° Débris d’une demi-bible, portant une inscription de Jean Flamel et la signature du duc de Berry. Acheté l’an dernier par la Bibliothèque nationale. — (Nouv. acq. fr. 3431).
2° L’Arbre des batailles, reconnu par M. Thompson au Musée britannique, dans le fonds du roi, sous le n°20C.Yni. ,
3° Le Miroir des dames, signalé par M. Paul Meyer dans le même dépôt, n° 29986 du fonds additionnel.
4° Le Débat sur le roman de la Rose, vu à Cheltenham par M. le baron Kervyn de Lettenhove, mais qui, à ma connaissance, n’a pas encore été décrit de façon à pouvoir en déterminer rigoureusement l’origine.
5® La Mutation de fortune de Christine de Pisan, n° 701 de la bibliothèque de La Haye, décrit plus haut, p. 231.
6° Enfin le Livre d’heures de la famille d’Ailly, que je m’applaudis d’avoir la bonne fortune de faire connaître à l’Académie, ce qui m’amène, en finissant, à rappeler encore une fois le don précieux de médailles qui assure à la mémoire du baron d’Ailly l’impérissable reconnaissance de la Bibliothèque nationale et du monde savant.
(1) Peut-être faut-il attribuer, en outre, à Jean, duc de Berry, un exemplaire des Grandes Chroniques, dont un morceau, fort endommagé, est au Musée britannique dans le fonds coUonien et dont 274 feuillets sont la propriété du marquis de Bute. Voyez Third report of the Royal commission on historical manuscripts (London, 1872, in-folio),