‹ Mélanges de paléographie et de bibliographieChapitre 57 sur 76 · III. « Auctores octo · texte numérisé non relu

III. « Auctores octo

Caractères gothiques. Deux colonnes.

In-quarto.

ANNE DE POLIGNAC

Mêmes commentaires que dans les éditions de Lyon, des années 1494 et 1495.

Exemplaire incomplet au commencement et à la fin, provenu du couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré à Paris.

(O.) Notes sur plusieurs Manuscrits d’Anne de Polignac.

11. (1) (c Méditation très dévote sur le mistère de la Passion de Nostre Sauveur Jesu Cbrit. Pour ce que, ainsi que dit l'Apostre parlant des juifz, ce que nostre seigneur faisoit en eulx et par eulx estoitla figure des chestiens.... »

Manuscrit sur parchemin. 110 millimètres sur 75. Écriture du temps de François

Acquis par M. le marquis de Lambertye.

12. Exposition de POraison dominicale, commençant par cette rubrique et ces mots : « C’est la très saincte oraison qui commence Pater noster, composée par nostre très benoist Dieu Seigneur et Saulveur Jésus. Tant plus que la chose est commune, d’autant en est elle meilleure, ainsi qu’il appert ou sens de l’attouchement.... » Petit ms. sur parchemin, du commencement du xvi® siècle. 92 feuillets.

Acquis par la Bibliothèque nationale; n° 4186 du fonds français des nouvelles acquisitions.

13. Exposition des sept paroles prononcées par Jésus- Christ en croix. Ouvrage composé pour Anne de Polignac,

(1) Les mis en tête de chacune do ces notes renvoient aux articles du catalogue publié par M. Labitte pour la vente du 18 mars 1879.

ANNE DE POLIGNAC

comme on le voit par l’épître dédicatoire, dont je copie le commencement et la fin :

« Madame, Combien que toutes les parolles que Nostre Seigneur Jésus Christ a proférées, luy estant cy bas sur la terre pour nostre réparation, soient bien à recorder, touteffoiz,

, entre les autres, celles sont encores plus songiieusement à noter, lesquelles il a dictes pendant en croix et prochain de sa mort à tous vrays fideles, ainsi que vrays enfans doivent imprimer en leur mémoire la doctrine de leur bon père qu’il leur baille en l’article de sa mort. . .

. . . Certes, c’est nostre bon père qui de riens nous a faicts et creez, celluy qui nous a rachaptez de la servitude du dyable et faicts ses enfans adoptifz. Et s’il est ainsi que les enfans doivent volontiers ouyr la doctrine de leur père affin que grâce leur soit donnée, de tant plus nous qui sommes ses enfans par création, enfans aussi par adoption et régénération baptismale, devons escouter et entendre sa doctrine, mesmement celle qu’il nous donna et laissa en son lict de la croix dur et aspre, auquel constitué avec grandes doleurs, ne ayant autre chevet et coussin soubz son précieux chef que la couronne d’espines, dist les dictes sept parolles, lesquelles (me confiant en l’aide et miséricorde de celluy qui les a proférées) me suys enhardy mettre par escript, pour les envoyer à vous. Madame, qui prenez plaisir à veoir et lire les escriptures faisans mencion des faictz merveilleux, des parolles et de la vie d’icelluy Nostre Seigneur Jésus Christ. Et combien, Madame, que l’entendiez myeulx que je ne sçauroye dire, exprimer ne escripre, et que ne vous sera pas chose fort nouvelle, parceque de tout temps estes nourrie es sainctes méditations et choses spirituelles, toutes foiz me confiant en vostre bénignité et humilité qui est la mère et nourrice des autres vertuz, me suys donné hardiesse de ce faire, suppliant à vous. Madame, très humblement qu’il vous plaise en vostre maniéré acoustumée excuser mon ignorance, et en charité, qui en vous habonde, supporter mes faultes, et me faire remonstrer ce en quoy je pourroye avoir failly. Car en tout et par tout j’entends me soubz-

AN5E DE POLIGNAC

mettre à la discrection et correction de toutes personnes qui myeulx l’entendent que moy, protestant de ne vouloir maintenir aucune chose qui soit contre la détermination de l’eglise, soubz la bannière, correction et protection de laquelle je entends escripre les dictes sept parolles, en l’ordre, forme et maniéré qui s’ensuyt. »

En tête de cette préface, grande miniature représentant la scène du crucifiement, avec un encadrement dans lequel sont les armes de La Rochefoucauld et de Polignac. La place des miniatures qui devaient se placer en tête de chacune des sept divisions de l’ouvrage est restée en blanc.

V'olume sur parchemin, de 23o millimètres sur 2Û0. Écriture du temps de François I®"".

Acquis par M. le duc de La Rochefoucauld Bisaccia.

20. Volume sur papier, contenant le « Livre de bonnes meurs », de Jacques Le Grant, la traduction d’un morceau du quatrième livre de l’Ènéide, une «déclaracion en brief « des quatre parties du monde, » « le Livre des sages, » deux oraisons, et « une aventure qui advint au sieur et « damme du Chastel en Bretaigne. »

Le Livre des sages est une compilation analogue à celle qui forme les deux premières parties du ms. français o72 de la Bibliothèque nationale ; il débute par des vers qu’on trouve aussi dans le ms. 572 :

Ce fut d’avril XVIP jour.

En ce printemps que la rouse est en flour,

Guaye saison que tout se renouvelle,

Les prés verdoyent et toute fleur est belle,

Yver se passe et la morte saison,

Et lez oyseaux commancent leur chançon . . .

Quant à FAventure du sieur et de la dame du Chastel, c’est la légende que M. Ghazaud a tout récemment publiée, d’après un manuscrit de Saint-Pétersbourg, à la suite des

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Enseignements d’Anne de France à sa fille Suzanne de Bourbon (Moulins, 1878, in-8), pp. 137-209.

La date de la transcription et le nom du copiste sont indiqués à la fin du Livre de bonnes meurs : « Ce livre est à Régnault des Exars, et a été escript en l’an mil quatre cens soixante et douze, et de sa main ert pareillement la plus grande partie de cellui qui esticy amprès. »

Au commencement et à la fin sont plusieurs petits morceaux historiques assez intéressants, savoir : 1® Vers sur la mort de Jacques de Beaumont ; 2°. Note sur la fondation de la chapelle de Notre-Dame de la Belle-Croix h laChataigneraie-sur-Vouvant (Vendée, arr. de Fontenay-le-Comte), en 1471 ; 3® Vers sur la représentation du mystère de saint Jean-Baptiste, le 30 juin et le 1®^ juillet 1492, probablement dans une ville du Poitou ; 4° Vers sur la mort de Louis Bouhault, évêque de Maillezais (1) en mars 1474 (probablement 1475, nouveau style). Voici le texte de ces quatre morceaux.

1. Memoyre doyt l’on bien avoyer De la mort d’ung bon chevalier.

Nommé messire Jacques de Beaumont,

Auquel Dieu fasse pardon .

En son vivant estoit seigneur De grans vertuz et honneur De Bressuyre, Lozay et La Mothe,

Chascun de ce bien le nothe,

Auquel lieu il trespassa,

Et de ce monde s’en alla,

Le jour dePasques flouries.

Environ heure de matines En l’an mil IIIIc XII et BIP* ;

Qui entretenoyt fort les Poctevins

(1) La date de la mon de ce prélat a été inconnue aux auteurs du GaUia christiana (11,1374), aussi bien qu’à l’abbé Lacurie (Histoire de V abbaye de Maille%ais), p. 123.

XmE DE POLIGNAC

Durant la vie du roy Louys.

Il le tenoyt de ses bons amys ,

En grant crédit et auctorité .

Par tieul il estoit réputé.

De Poictou il estoit seneschal,

Et envers le roy bon et loyal,

Tant du père que du filz ,

En tous ses faitz et en ses dictz.

IL L’an de grâce mil IIIPLXXI, ou moys demars, fut commaincé le bastiment et ediffice de la chapelle de Nostre Dame de la Belle Croix, qui est située et assise prez le grant cymentiere de La Chastaigneraye sur Vouvant, auquel lieu n’avoit jamais heu nulle chapelle ne ediffice, més seullement la belle croix et Tymage de Nostre Damme, ainsi comme de présent elle est enclouze au dedans la dicte chapelle, et parceque de long temps par avant illec y avoit grande devocion de peuple, et à l’intercession de la glorieuze vierge Marie nostre benest Sauveur Jhesu Christ y fasoit pluseurs beaux miracles, comme guarir gens de pluseurs malladies, à femmes ensainctes en leur enfanter qui estoient en dangier de mort et le frut d’elles secourir, et aider aucunes personnes en leurs affaires et neccessités de perdicion de corps et de biens. Et à icelle cause, par le beau voyage et miracles qui là advenoient, les manans et habitans de la ville du dict lieu de la Chastaigneraye, avecques aultres bienfaicteurs, firent bastir et edifûer la dicte chapelle. Si prierons tous d'affection, de corps et de ame, la benoyste glorieuze vierge Marie, roy ne des cieulx, qu’i luy plaise tousjours que (sic) par son intercession augmenter en la dicte chapelle la devocion du peuple et ses miracles, et aussi préserver et garder en corps et en ame tous ceulx et celles qui la servent et honnourent, et en la fin que tous et toutes par son moyen puissons parvenir au benest reaulme de paradis. Amen.

III. En \111e doyt estre honnouré Et de ung chascun bien prizé,

ANNE DE POLIGNAC

D’une entreprinze par eulx faicte,

Bien commancée et aussi parfecte,

De jouer en parsoiinages,

Sans porter à aucuns dommages,

La vie et mistère de saint Jehan Baptiste,

Qui estoit grande et bien comprinze.

Soixante joueurs en y avoit,

Ainsi que besoign en estoit.

En deux jours le convint faire ,

Car en ung ne se povoit parfaire,

Le dernier jour de juing et premier de juillet, Ainsi que par cest escript se mect,

En l’an mil IIIIc IIID" et XII :

Ce n’est pas chouse de frivolle.

Ung grant peuple s’i trouva,

Et de plusieurs lieux s’i amassa.

Grandement y furent joués Les parsonnages et demennés,

En manyere que tous les presens Si en estoient fort contons ;

Et parfoix estoit piteux à voer Tout le mistère à regarder :

(’^ar maintes personnes en plouroyent De la pitié qu’ilz en avoyent.

Lors ou chasteau seigneur ne damme n’y avoit, Fors le cappitaine qui y estoit.

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