‹ Melanges de philologieChapitre 116 sur 143 · Mataiiasiennes, p · texte numérisé non relu

Mataiiasiennes, p

seule preuve suffirait : je l'avais trouvée, avant de connaître sa brochure, en feuilletant les poésies de Balzac. Il y a dans un endroit un titre qui donnait ses jeux d'esprit pour ce qu'ils étaient : Ficta pro anUquis^ ainsi que je l'ai dit plus haut. Rostain avait vu là un de ses plus solides arguments. « Pour surcroît de démonstration, reportez-vous, Monsieur^ à la page 189 du même volume < ; les mots : Ficta pro antiquiSy inscrits en tête, sont là comme une rubrique de bonne foi, sous laquelle l'éditeur a placé huit petites pièces \ dont le fragment attribué à Turnus est le cinquième. Vous me dispenserez d'ajouter que Balzac avait une sincère horreur du plagiat, a Je ne veux rien, disait-il, qui ne m'appartienne ^. n

a Une aulre fois, il écrit à M. de Montausier : « Il faut que je vous fasse a rire de ce que dernièrement me disait un galant homme : à son avis, si a j'avais été du temps des anciens Romains et des anciens Grecs, je serais « aujourd'hui une partie de la science de ces messieurs les docteurs. Ils me « citeraient dans leurs livres, ils me liraient dans leurs écoles ; mon grand « ami même, M. de Saumaise, serait un de mes granmtiairiens, et ferait a des montagnes de notes et d'observations sur mes plus petits discours. »

« Que vous en semble. Monsieur? N'a-i-il pas présagé ce qu'il coûterait un jour à Wemsdorf et à quelques éditeurs subséquents? N'est-ce pas à quelqu'un de ces messieurs les docteurs que cet homme aimable et savant paraît dire, après lui avoir lu de ses propres vers : c Nomen auctoris de (( industria taceo, exercere enim volo facultatem animi tui divinatricem a {Epistola ad Molsam) ; » ou bien : « Je suis quelquefois d'avis de prendre a rang parmi les anciens auteurs, et d'user de certains droits que donne « l'antiquité ^. )>

Rostain ne pouvait manquer de faire une observation, qui m'avait été également suggérée par mon propre examen, c'est que la pièce donnée par Burmann et Wernsdorf n'est pas complète ^ J'ai donné le chiffre des vers supprimés. Dans le début se trouve le mot impostura^ que sans doute Balzac n'avait pas lu prétention de donner comme un mot du siècle de Néron.

Dans la dernière partie^ le seul mot Montoside, rappelé par Rostain, ne permet pas de se méprendre. Je signale encore ces vers, placés vers la fin :

Verum urbis si delicias, œvique beati Auram me spirare putes, nec Celtica chartis Ausoniis immixta legas, etc.

Les études patientes, microscopiques de Rostain, l'avaient naturelle-

1. Joannis Ludovici Balzacii Carminum libri très, EdilioD doDDÔe par M<:na^^ 1651^ in-io.

2. Je cile les titres des premières : Conjwatio in Auguslum détecta, £d Tibenum Cœsartm (deux pièces), Liberatis spes post mortem Tibcrii Cœsarts, etc.

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