Scil. ad pugnam mttieret
3. Donatus : « Mutata prœpositionc non deduxx sed produxi^ fliiit. i. p. porro duxi. b
Lucain (IV, 708) :
Veluti fatal is arenm Munorihus, non ira vêtus concurrcro cogit Productos * ; odere pares.
Virgile {jEn. IX, 486) :
Nec te, tua funera, mater Produxi, prcssivc oculos, aut vulnora lavi.
Lucain (II, 298) :
Longum pruduccrc funus Ad tumulos ju])cl ipso dolor.
Stace(S«7r.IÎ, 1,20):
Ipsc ctcnim tccum nigrtc solennia pompai Spectatumque urbi scclus, et puérile feretrum Produxi.
Varron (ap. Non, p. 372) :
Valete, mcque palmulis producite,
Voîcî un sens fréquent qui se déduit du premier : Engendrer, enfanter ; faire pousser; en gén. produire.
Lucrèce (V, U3) :
Ut propagando possiiit producerc sa»cla.
Virgile {jEn. XII, 900) :
Qualia nunc hominum producit corpora tellus, Juvénal(8, 371):
Si te Thcrsilte similcm producat Acliilles.
Horace (C. S. 17) :
Diva (Lucina), prodiioas sobolcm.
Plautc (^Rud. IV, 4, 129) :
Filia nica, salve ; ego is suni qui te produxi pator. Perse (0, 18) :
Gcminos, liorosrope, varo Producis gonio.
Sénôquetr. (ÛBrf.,7<6):
Geniti'ixquo suo reddi gromio Modo productos vidit aluinnos.
i. Los gladiateur» qui vont rombaUre.
Silius(I, IH):
Partusque récusent, Te surgentc, puer, Latiœ producere maires.
Térence {Ad. III, 2, 16) :
Scni animam extingucrem ipsi qui illud produxit scclus.
JuYéDaI(15,3i):
Dira quod exemplum fcritas produxerit œvo.
Horace (£ptsMI, 2, il 9) :
Adsciscet nova (verba) quœ gcnitor produxerit usus.
Palladius {Mart. X, 32) : « Quiim folia producere incipicnt ficî, » Il y a lieu de distinguer le sens de Prolonger, allonger, retarder, différer, remettre à un autre temps, amuser (lantorner), Virgile (/l?n.ll, 037) ;
Ahnogat excisa vilara producere Troja.
Horace {Sat. I, 5, 70) :
Prorsus jucunde cœnam produximus illam.
Stace {Theb. VI, 219) :
Vario producuni sidéra ludo.
Ovide {Her., 12, 5) :
Quidquid ab illo Produxi vitœ tomporc, pœua fuit.
Properce (I, 3, 39) :
ulinam talcs producas, improbo, noctcs !
Horace (A. P. 189) :
Nevc miiior, ncu sit qiiiiito produclior actu Fa})ula, cte.
Térence {Ad, IV, 2, 52) :
Cyathos sorbillans paulatim hune producam diom.
Martial (IX» 89, I) :
Quod nimio gaudes noctem producere vino.
Lucain (X, 173) :
Longis Cœsar producere noctem Tnrhoat alloquiis.
Stace (Silv. IV, 8, 43) :
Ulterius sed cnim producero qucstus Non licct.
Lucain (11,613):
Hanc ^ laius angustum jam so cogcntis in arcum Hesperiœ, tenuis producit in œquora linguam.
Manilius (II, 319) :
Tertia pars cjus numcri latus efflcit unum In très producti parles per signa frigoni.
Tibulle (ï, 4, 5) :
NuduB et hibernœ producis frigora bruma^.
Lucain (IV, 195) :
Non tulit afflictis vitam producere rébus.
César (B. G. IV, 30) : « Optimum factu esse duxcnint, rem in hîeraem producere. » — Id. (B. G. V, 31): « Res disputatione ad mediam noctcm producitur. »
Hirtius (B. C. I, 83) : u Producitur tamen res, aciesque ad solis occasum continentur. »
Tite-Live (XXXV, 48) : « In sérum noctîs convivium productum. »
Cicéron ((?. fr. II, 3) : « Producta dies est in iv id. febr. » — Td. {Pro Quint. 8) : « Conditionibus hune producit. » — Id. (Tusc. III, 17) : « Si productior dolor est. » — Id, (Off. IIÎ, 20) : « Marius ad populum criminatus est, bellum illum producere. » — Id. {S.Scip. 1) : « Sermonem in multani noctcm produximus. » — W. {Brut. 1 5) : « Varjro vitam Nœviî produxit longius. a
Térence (ilnrf. IV, 1,24) :
Nisi me. • • falsa spe produceres.
Toutes les citations que j'ai faites des verbes Perducere et Producere n'étaient pas nécessaires. Un seul auteur, César ou Cicéron, aurait suffi pour en démontrer la propriété, et aurait tenu lieu de dictionnaire. Je m'étonne que ceux qui avaient à prendre un parti dans cette question q'aient pas cru devoir remonter à ces sources pour la résoudre.
Je recommanderai toujours de ne pas trancher de telles difficultés d'après l'autorité d'un seul manuscrit : il est plus sûr de se reposer sur l'usage de la latinité. La confusion de perduocit avec produxit dans la première églogue de Virgile est une faute légère sous la plume d'un copiste îgno-
/• Urbem, Brandlsium,
rant des temps mérovingiens ou oarlovinglens : elle devient grave sons celle d'un érudit, car les érudits doivent connaître ceux qui ont écrit le latin d'une manière supérieure. Ceux-là ont fait école ; les successeurs ont suivi fidèlement leurs traces. II faut bien noter que le néologisme n'a pas détrôné l'ancienne langue : il est venu s'ajouter à elle, et l'on trouve dans les auteurs de la décadence la confirmation des meilleures expressions. C'est cette unanimité qui fait de la langue latine oette langue admirable que nous savons.
Il faudrait s'entendre une bonne fois sur la valeur des manuscrits. Les savants qui ont coUationné un manuscrit inconnu ou peu connu, dont ils ont su profiter, n'ont pas la sincérité de dire combien ce manuscrit est d'ailleurs fautif : ceux qui n'ont jamais étudié les anciennes transcriptions ne peuvent pas le deviner. Les meilleures ne sont pas à l'abri de ces iaé« galités. C'était le devoir d'un possesseur érudit de redresser ces erreurs, el on lui en sait beaucoup de gré quand il l'a fait. Mais ce n'est pas chose facile que de corriger beaucoup de fautes dans un bon ouvrage. Apronianus l'a fait ou a voulu le faire pour Virgile ; mais combien de choses lui ont échappé ! Ainsi dans le manuscrit Mediceus on voit bien souvent praece, praecari. Va a été souvent biffé par le correcteur, mais vous lisez encore {jEn. VIII, 403) :
Quantum ignés animœquc valent, absiste praccando.
Et X, 368 :
Nunc praece, nunc dictis virtutem accendit amaris.
Cet oubli ne saurait ajouter de la valeur & une brève notée par une diphthongue, d'autant plus que de telles fautes ne sont pas rares : ne trouve-t-on pas souvent praelium^ praemeref Un cas plus rare, mais d'une culpabilité exceptionnelle, nous a frappé dans le Mediceus à ce vers des Géorgiques, III, 266 :
Scilicet ante omnes furor est insignis aequarum.
La faute a été corrigée. Mais le scribe a sans cesse des bourdes pareilles pour nous révolter.
Faudrait-il attendre la rencontre d'un nouveau manuscrit pour se per-' mettre de corriger les fautes suivantes : jEn. VI, 513 :
Namquo ut suprcmuro faîsam intcr gaudia noctcm Egerimus, nosti.
Et X, 908 :
Undantiquc animam difTundit in arma cruorem.
Quelquefois les fautes montrent qu'on avait désappris In grammaire :
témoin cet emploi do toutes les personnes dans les verbes unîpersonnels [^n. I, 552) :
Non mctus, ofOcio ne to ccrtassc priorem Pœniteaut*.
Je proposerai une rectification pour deux passages d'Ovide, où je n'ai pas trouvé de variante.
II dit (Met. YIII, 61 i), en parlant de Baucis :
Indo foco tcpidum cincrcm dimovit, et igncs Suscitât hcstcrnos ; foliisque et cortice sicco Nutrit, et ad flammas anima perducit anili.
La leçon ordinaire est producit \ qui me paraît impropre. L'haleine d'une vieille était loin de produire TefTet d'un soufflet : pour obtenir du feu il fallait, outre des matières inflammables, de la patience. A ce prix elle arrive à se procurer du feu. j
Le môme {TrisL IV, 6, 11) :
Tcmpus et in canas scmen producit aristas.
Bien des éditions donnent ainsi. C'est la leçon de Burmann, qui n'est pas un guide bien sûr. Il est certain que producere n'est pas un mot déplacé quand il s'a/^it de végétation ; cependant je vois ici la succession des saisons et les progrès de la maturation. Avant d'arriver h canas aristas^ le grain est passé par bien des états : c'est ce développement que le poëte me parait avoir voulu exprimer, perduciL
Nous serions plus frappés de la confusion des deux verbes que nous avons longuement discutés, si nous trouvions un exemple analogue dans notre langue. Je vais supposer une faute dans une édition incorrecte telle qu'en présente souvent le xvi* siècle, par exemple : « Cet espoir ne m'est plus permis, n Un des commentateurs futurs qui trouverait dans un livre promis, pourrait d'abord être un peu surpris ; mais s'il avait de la hardiesse et mettait sa gloire h montrer que ses prédécesseurs se sont trompés, il noterait que le mot espoir exprime un sentiment qui concerne l'avenir ; il trouverait que promis est un mot ayant également rapport h l'avenir, et il finirait peut-être par le préférer au précédent : qui sait s'il ne dirait pas exquisitius ?
On pourrait demander pourquoi les deux verbes précités sont si mal partagés, pourquoi ils sont souvent confondus, ce qui n'arrive pas pour
1. Non corrigé. — Rien n'obligeait ici à meUre le pluriel; mais les pluriels étaient dan.* la règle, surtout chez les auteurs ecclésiastiques. J'ai noté dans fcaint Cyprien pamituerilis. Excuse pour les clercs.
2. Burmann dit dans sa note : Exquisitius quant spiriiu suscitât debili. L'idée ne lui est pas reauô d'essayer perducit.
les autres composes du même radical. On ne trouve pas rechange de proferre avec perfeire^ de prodere avec perdere.
On remarquera que c'est ordinairement perduco qui est sacrifié en faveur de produco, même dans le cas oii la propriété du premier ne peut pas faire difficulté. J'ai noté cette phrase de Tertullien {de Habitu muL, § 2) : « Et medicamenta ex fuco quibus lanœ colorantur, et illum ipsum nigrum pulveremquo oculorum exordia perducuntur. » Toutes les éditions, même les plus récentes, ont producuntury qui n'a pas de sens. Perducere^ u enduire, oindre, frotter de, » est confirmé par Virgile {Georg, IV, 415) :
Et liquidum ambrosiu; diffudit odorem, Quo totum iiati cur[)U9 perduxit.
Servius traduit par ungere.
Serenus Sammonicus (vs. 739) :
Est qui galliuaj perducit storcorc corpus. Celse (VU, 30) : « Lenibus medicamentis ulcéra perducere. »