‹ Melanges de philologieChapitre 85 sur 143 · Ovi.l.. Metam., IV, 253, et VU · texte numérisé non relu

Ovi.l.. Metam., IV, 253, et VU

signifiait, au propre : Rendre liquide, liquéfier. Eliquare est un autre composé, qui s'est seul conservé dans le sens propre.

Mais les grammairiens latins ont noté Tacception figurée de delicare^ rendre clair, expliquer, que la langue classique avait abandonnée. Nonius Marcellus explique deux fois ce mot, et en produit des exemples ^ Je me contente de transcrire un vers du poëte comique Titinius :

Quid istuc est ? aut islic sibi vult sormo ? Mater, delica.

Voici un point d*appui. Faire passer une chose à Tétat liquide, c'est détruire sa cohésion, sa solidité. Delicare répond donc à solvere^ qui se dit de la glace el des métaux en fusion. La même métaphore nous donne Tadjectif /Itu^ttô ^, qui exprime le contraire de la solidité. D'où il suit que, parmi les sens donnés du mot délicat, il faut placer en tête celui que nous soyons le second dans le Dictionnaire de l'Académie : Faible, frêle, l'opposé de Robuste. On sera frappé, je pense, de l'analogie des adjectifs qui suivent : Gallorum fluida corpora (T, Lie, XXXÏV, 47); murorum îeglecta et œvo fluxa(r«c., Hist,, II, 22); molle pecus (Virg., /En. IX, Î4I) ;delicata ;ttmen/a(P/m., Hist. Nat., XXXIII, 49, 1).

Il est un mot que, dans la plupart de ses sens, delicatus peut avoir pour jynonyme, c'est mollis, lequel présente, selon moi, une métaphore anaogae. A en croire les lexicographes (Forcellini, M. Freund),.fnoHt5 est une syncope de movilis, et il offre en premier lieu l'idée de mobilité^. J'ai Majeurs douté de cette dérivation, que condamnent Jos. Scaliger et <ro88ias. Moveo a son adjectif incontestable, mobilis, pour movibilis; 'autre formation semble peu probable. D'après ce cas, on peut voir combien l'étymologie est importante dans la composition d'un dictionnaire, ïuisqne l'édition allemande de Forcellini, au mot Mollis, a rejeté à la .roisième place le sens que cet auteur avait mis le premier.

Mollii m'offrait le caractère d'un mot racine^; et pensant naturellenent au sanscrit, j'ai interrogé mon savant ami M. Adolphe Régnier, equel a mis à mon service les trésors de sa judicieuse érudition. Suivant i. Régnier, et tous les philologues qui font autorité en cette matière, 'équivalent de mollis est en sanscrit l'adjectif mridu, lequel vient du verbe «firf, broyer. Or ce verbe prend a dans diverses formes de sa conjugaison, 'a sanscrit se remplace communément par e ou par o en grec et en atin.

Cette étymologie autorise parfaitement le rapprochement que j'essaye

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