Féraud commence de mém« : Délicat, délicieux au goût
3. Le Dictionnaire de, M. Dochez, publié lu 1860, a été accueilli avec de justes éloges. Il n'a pas encore la réputation qu'il mérite. Des exemples empruntés aux auteurs viennent justifier tous les sens.
tîon gît dans l'intelligence du latin delicatus. Ménage n'inscrit pas le mot Délicat dans son Dictionnaire étymologique ; de Roquefort* le rapproche simplement de delicatus, et il le place dans la famille de Délecter^ délices. C'est donc aux lexicographes latins qu'il faut demander des lumières.
Malheureusement cette étymologie a paru trop facile, et Ton n'y a donné aucune attention. Forcellini et M. Freund, comme tout le monde, le dérivent de Deliciœ. Dœderlin, dans un dictionnaire des étymologies et des synonymes latins en six volumes, n'a pas cru nécessaire d'inscrire ce mot. Toutefois je l'ai aperçu par hasard dans un endroit (t. IV, p. 175), où l'auteur écrit : « Il me semble que pervicax, ou l'ancienne forme pervicus, vient de vigerCy comme delicatus vient de deligere. » C'est là une découverte dont on me dispensera sans doute de m'occuper.
Les glossaires du moyen âge ont, je ne dis pas causé, mais psurtagé Terreur des lexicographes modernes. Johannes de Janua (Jean de Gènes) écrit dans son Catholicon : « Delicatus a deliciœ derivatus, id est deliciis assuetus, insolens angustiarum et dolorum. »>
Le Glossaire de Thomas *, publié par M. Maï, explique deux fois ce mot: « Delicatus, deliciosus, mollis, effluens. » (P. 176.) Delicius, deliciosus. Delicatus, oblectans. » (P. 180.) Plus tard Vossius ' dit de même : w Deli" catus, a deliciis, quae a laciendo dictœ, )> et Du Cange présente cette synonymie : « Delicatus, deliciosus. »
Delicatus vient-il de deliciœ, ou du moins ces deux mots ont-ils une origine commune ? Deliciœ, deliciatus, deliciari, deliciosus, présentent un i (le second) qui constitue précisément leur titre de famille. Ces composés viennent du verbe lacio, qui signifie tromper, séduire. Les composés de lacio sont allicio, illicio, pellicio. lien est un autre, delicere^ delicio^ dont Nonius Marcellus (p. â77, éd. Merc.) nous a révélé l'ancienne existence. On aurait pu le conjecturer, mais cette affirmation met hors de débat l'étymologie de deliciœ et des autres mots de la même famille.
Et d'où vient donc delicatus ? C'est tout simplement le participe de delico, comme cœcatus est celui de cœco, explicatus celui de expHco. Deli^ care est un vieux verbe qui a conservé l'ancienne orthographe *, eau lieu de qu. Ainsi Ton trouve cocus, delicus, relicus ou relicuus, etc. Le verbe neutre de l'actif deliquo est deliqueo, deliquesco, lequel, au parfait, reprend l'ancien c, delicui, et fait compter Vu pour une brève ^. Dans Festus, le mot delicia (chéneau) est une transcription différente de deliquia. Primitivement délicate, d'après la racine liq (qu'on voit dans liquor^ liquidus)^
i. Cet auteur donne une classification à part. Il débute par le sens : Qui flatte agréablement le goût, rejeté par les autres vers la lin, et il termine par : Faible de constitution, sens placé généralement au commencement de l'article.
2. Thésaurus novus latinitutis, dans le Ciassicorum audontm lom. YIU, in-8*.