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du temps p;if,st; ; i! regrette que nos conversations d'aujourd'hui soient si différentes de celles qui avaient établi la réputation de nos cercles et de nos salons dans l'Europe entière- Il voit dans ces mêmes salons, autrefois animés par tant de grâces , d'esprit et de saillies, aujourd'hui les femmes d'un côté, les hommes de l'autre , comme si nous étions des Gaulois et non plus des Français ; il se plaint que lorsque les femmes prennent part à la conversation, ce soit pour y porter encore cet esprit de discussions politiques qu'elles devraient être lières de ne pas entendre j il fait des vœux pour qu'elles reviennent comme autrefois à des entretiens plus aimables 5 et, ennoblissant ces détails par une brillante allégorie, il remarque que les anciens avaient placé le temple des Lois devant celui des Muses, filles de la Mémoire^ qui donne des conseils prudens \ et mère de la Persuasion, qui charme les cœurs.
L'orateur, voulant prouv'er, par un illustre exemple, tous les avantages d'une langue bien faite et d'un beau langage pour l'expression de nobles senlimens, a tiré du fonds même et du sujet de son discours, un ingénieux éloge de ce prince auguste en qui l'Europe admire la sagesse du législateur, la bonté d'un père et la dignité du monarque. Je n'ai pas besoin de dire de quels applaudissemens ce morceau a été couvert.
Parlant de l'Académie et de son origine, M. de Fontanes a dû parler de son fondateur, et rendre hommage à son président actuel. Cet hommage a été trèsbrillant et très-applaudi. En général, la faveur publique s'est toujours attachée d'une manière très-
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marquée à tous les mois tlailcurs que les divers orateurs ont directement ou iudirecleraent adressés à M. le duc de Richelieu.
M. le comte de Choiseul - Gouffier devait lire, comme membre de l'Académie des Inscriptions , dont il est président, une dissertation sur Homère. Lue extinction de voix ne lui ayant pas permis de faire cette lecture , M. Wakkenaér , membre delà même Académie, a lu pour lui ; mais si .M. AValckenaër n'avait pas la voix éteinte, il l'avait fort enrouée, ce qui a fait perdre une grande partie du mérite de ce morceau d'érudition à la plupart des auditeurs, qui entendaient mal. ]M. le comte de Choiseul déplore le sort d'Homère, qui fut attaqué dans les deux derniers siècles par de beaux - esprits un peu ignorans , qui ne Tentendaient pss, et rougissaient en secret de ne pas l'entendre 5 et qui l'est aujourd'hui par de savans hellénistes, qui font de leur érudition un bien mauvais usage , puisqu'ils Femploienl contre ce grand poêle, l'honneur des lettres grecques. L'un, M.Bryant, prétend que Troie n'a jamais existé dans cette partie de l'Asie-Mineure , où la place Homère : Taulre , M. Wolf, va plus loin^ il croit qu'Homère lui-même n'a point existé, ou du moins qu'il n'est pas l'auteur des immortels poëmes qu'on lui attribue 5 un troisième parti de modérés veut lui ôier du moins les derniers chants de l'Iliade. M. de Choiseul combat tous les adversaires de la gloire d'Homère ; ses voyages et ses savantes recherches sur les lieux où fui Troie détruisent les objections de l'un : son goût redressé les erreurs ou les sophismesdes autres. Celle dissertation est remarquable surtout par la pureté de la
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diction el rélégaiict; du langage : ce sonl les recherches cl l'érudilion d'un académicien des Jnscripiions el Belles-Lellres : c'est le slyle plein de goût d'un des membres les plus distingués de rAcadcmie-Frariçaise.
M. Cuvier était l'organe de l'Académie des Sciences. Caton , entendant plaider Cicéron , s'écriait : «Nous « avons un consul bien gai !» L'Académie des Sciences aurait pu vanter aussi la gaîté de son interprète, eu voyant l'aimable ?ourire répandu sur toutes les lèvres pendant toute la duiée de ce discours. On ne saurait parler avec plus d'agrément aux gens du monde, de matières aussi sérieuses , el il est difficile d'avoir plus de succès dans une assemblée qui , s'altendant à être un peu ennuyée, a bien récompensé l'orateur de l'avoir tout à la fois intéressée et amusée. M. Cuvier a commencé d'une manière très-grave ; il a représenté l'homme placé par la nature au milieu de dangers et de maux , de secours el de remèdes ; mais les remèdes et les secours sonl cachés, il faut les découviir ^ delà, l'activité de l'homme; delà, ses recherches ; de là, ses découvertes. Le savant académicien v.n fait voir l'enchainement et les progrès : il en montre les résultats surprenans et inespérés. Assurément les Phéniciens qui virent le sable se changer en verre par l'action du feu , ne soupçonnaient point qu'ils découvraient ^^n secours à la vue faible et languissante des vieillards, un moyen délire dans les astres et d'en calculer le cours et les distances , de découvrir des mondes peuplés d'êtres organisés et animés, de faire éclore au milieu des glaces du nord, les fruits de la zone torride , etc. Qui eût pu révéler au moine qui
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enflamma le salpùlro, la révolulion (juil ail, lil opérer dans le monde? M. Cuvier a eu surtout lari de ramener les seiences les plus élevées, les plus inaecessibles au vulgaire des liommes , et souvent par cela même jugées inutiles par ce vulgaire, à des usages journaliers, et à des applications communes; c'est ainsi qu'il a prouvé Tulilité de celte géométrie transcendante qui soumet le ciel à des chillres. Il a fait voir toutes les conquêtes faites sur la nature par la chimie : le vinaigre sortant du bois , îe blanc de baleine de la chair des chevaux , le savon de la chair des poissons, l'ammoniac de quelques morceaux de drap ( je lui demande pardon si dans tout cela je confonds les objets, et fais quelques quiprotjuo)-^ il n'a pas oublié les bateaux à vapeur, qu'il a représentés comme des êtres animés, comme des oiseaux de mer 5 et appliquant ce nouvel agent à l'imprimerie, il voit des presses se mouvoir sans le secours de Ihomme, et imprimer, pour ainsi dire , toutes seules ces longues colonnes de journaux, qui vont porter jusque dans les Indes , nos arts , nos connaissances et notre civilisation. Assurément si cette feuille contenait une analyse bien faite et une idée juste de son discours, quelque part qu'elle arrivât , elle apporterait beaucoup de plaisir et d'agrément à ceux qui la b'raient.
« Lorsque la beauté, a dit M. Quatremère de « Quincy, secrétaire et interprète de la classe des M beaux-arts, parut devant son juge, le berger du u mont Ida , ce ne fut pas par l'éloquence de ses dis- « cours qu'elle obtint l'avantage sur ses rivales : elle u se montra, et son triomphe fut assuré.» Il en est de même des arts. Cette comparaison , gracieuse pour le