‹ Melanges de poésie et de litterature (volume 2)Chapitre 1 sur 66 · Melanges de poésie et de litterature · texte numérisé non relu

Melanges de poésie et de litterature

flamme la nature a gravé dans le fond de notre ame , C'est de chérir l'objet qui nous donna le jour. Qu'il est doux à remplir ce précepte d'amour ! "Voyez ce faible enfant que le trépas menace; il ne sent plusses maux quand sa mère l'embrasse :

Dans l'âge des erreurs, ce jeune homme fougueux N'a qu'elle pour ami , dès qu'il est malheureux: Ce vieillard qui va perdre un reste de lumière , Retrouve encor des pleurs en parlant de sa mère. Bienfait du Créateur,, qui daigna nous choisir Pour première vertu notre plus doux plaisir ! Il fît plus : il voulut qu'une amitié si pure Fût unbien de l'amour , comme de la nature , Et que les nœuds d'hymen, en doublant nos parens,î Vinssent multiplier nos plus chers sentimens. C'est ainsi que de Ruth récompensant le zèle, De ce pieux respect Dieu nous donne un modèle.

Lors qu'autrefois un juge x , au nom de l'Éternel, i Gouvernait dans Maspha les tribus d'Israël , Du coupable Juda Dieu permit la ruine.

Des murs de Bethléhe m chassés par la famine, Noémi , son époux , deux fils de leur amour , Dans les champs de Moab vont fixer leur séjour. Bientôt de Noémi les fils n'ont plus de père : Chacun d'eux prit pour femme une j eune étrangères Et la mort les frappa. La triste Noémi,

1 In diehti8unius judicis, quando judices praeerant , facca est famés in. terra. Aoiitque homo de Betklehem Juda, utpeiegrinaretur in regione moabitide , cùm'uxore sua ac duobus liberis , etc.

Sans époux , sans enfans , chez un peuple ennemi. Tourne sesyeuxenpleurs vers sa chère patrie, Et prononce en partant, d'une voix attendrie, Ces mots qu'elle adressait aux veuves de ses fils :

Ruth, Orpha , c'en est fait , mes beaux jours sont finis ; Je retourne en Juda, mourir où je suis née. Mon Dieu n'a pas voulu bénirvotre hyménée : Que mon Dieu soit béni ! Je vous rends votre foi. Puissiez-vous être un jourplus heureuses que moi ! Votre bonheur rendrait ma peine moins amère. Adieu : n'oubliez pas que je fus votre mère.

Elle les presse alors sur son cœur palpitant. Orpha baisse les yeux, et pleure en la quittant. Ruth demeure avec elle: Ah! laissez - moi vous

suivre x 5 Partout où vous vivrez , Ruth près de vous doit

vivre.

N'êtes-vous pas ma mère en tout temps , en tout lieu ?

1 Ne adverseris inihi ut relinquam te et abeam : quocumque enim perrexeris , pergam ; et ùbi monta fueris , et ego pariter morabor. Populus tuus popuhis meus , et Deus tuus Deus meus. Quae te terra . morientem susceperit , in ea moriar , ibique locum accipiam sepultiM.se.

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