‹ Melanges de poésie et de litterature (volume 2)Chapitre 12 sur 66 · A M. DE SAINT -LAMBERT · texte numérisé non relu

A M. DE SAINT -LAMBERT

On courtbien loinpour chercherle bonheur.

A sa poursuite en vain l'on se tourmente : C'est près de nous , dans notre propre cœur , Qoe le plaça la nature prudente.

O Saint-Lambert ! quile sait mieux que toi ? Toi qui vécus dans les camps , à la ville , Près de Voltaire , à la cour d'un grand roi , Tu quittas tout pour un champêtre asile. Xà, méditant sous des ombiages frais, Tu sais goûter ces biens , ces plaisirs vrais, Que tu chantas sur le luth de Virgile : Xà , loin d'un monde ennuyeux et pervers , Tes j ours sont purs, ton sommeil est tranquille ; Et la nature , autour de toi fertile , Te fait jouir de ses trésors divers, Pour te payer tes soins et tes beaux vers.

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LE CHEVAL d'eSPAGNE, 83

Voilà, voilà le bonheur véritable.

En attendant que j'en puisse jouir, Je veux au moins prouver dans une fable Que ces vrais biens s'attrapent sans courir.

Certain coursier né dans l'Andalousie Fut élevé chez un riche fermier ; Jamais cheval de prince et de guerrier , Ni même ceux qui vivaient d'ambroisie , N'eurent un sort plus fortuné , plus doux. Tous dans la ferme aimaient notre andaloux, Tous pour le voir allaient à l'écurie Vingt fois le jour ; et ce coursier chéri D'un vœu commun fut nommé Favori.

Favori donc avait de la litière Jusqu'aux jarrets , et dans son râtelier Le meilleur foin qui fût dans le grenier. Soir et matin les fils de la fermière , Encore enfans , ménageraient de leur pain Pour l'andaloux ; et lorsque dans leur main Le beau cheval avait daigné le prendre , C'étaient des cris , des transports de plaisir; Tous lui donnaient le baiser le plus tendre : Dans la prairie ils le menaient courir ; Et le plus grand de la petite troupe , Aidé par tous, arrivait sur sa croupe .*

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