C O X T E. III
Ali! quel pays! dit -elle; quelles gens ! La liberté chez eux s'est que la guerre.: Jusqu'à l'amour, ils font tout en co)ère. Fuyons, fuyons. Elle arrive à ces mots A la Tamise, et découvre un navire, Non loin du bord , qui sillonnait Jes flots. Elle s'élaace ; et matelots de rire En la voyant près d'eux tomber dans l'eau : Mais aussitôt un grapin la retire, Et la voilà saine et sauve au vaisseau.
Ce bâtiment allait droit en Espagne.
En peu de jours il relâche à Cadix ; Et notre poule aussitôt en campagne •S'échappe , et court visiîer le pays.
Elle aperçoit dans les riches vallées L'or des épis, la pourpre des raisins; Ici l'olive et la mûre mêlées , Là l'oranger bordant les grands chemins; Le citronnier qui, fécond dès l'enfance 9 Parfume l'air de ses douces odeurs , Et, près des fniits poussant encor des ûeurs , Donne l'espoir avec la jouissance ; Et les brebis paissant sur les coteaux , Et les coursiers se jouant près des eaux; Par-tout enfin la corne d'abondance Versant ses dons sur ces heureux climats.