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Maria qui en tint lieu. Avec ton unique secours, Léocadie mit au moude un garçon plus beau que le jour. Don Louis le porta sur les fonts de baptême , où il lui donna son nom. Bientôt la mère fut rétablie ; et sa tendresse pour son fils fut si vive , la vue de cet enfant devint si nécessaire à son existence, qu'on résolut de garder dans la maison le petit Louis , en le faisant passer pour un neveu du vieillard.
Ils revinrent tous à Tolède , où personne ne s'était douté du motif de leur absence. L'aventure de Rodolphe n'avait fait aucun éclat ; il était parti peu de temps après pour Naples : et Léocadie , respectée , aimée de tout le monde , jouissait du bonheur de l'état maternel et de tous les honneurs de l'état de fille.
Cependant le petit Louis croissait e1 devenait tous les jours plus aimable el plus charmant. Son esprit , ses grâces devançaient son âge , qui n'était encore que de sept ans ? lorsqu'un jour où il
ANECDOTE ESPAGNOLE. l3o
devait y avoir un grand combat de taureaux cet enfant se mit à la porte de ia maison de sa mère , pour voir passer les jeunes cavaliers qui allaient combattre.
Il était seul ; il voulut traverser la rue pour voir une troupe de jeunes gens qui venait de l'autre côté : dans le moment un de ces étourdis T emporté par son cheval ? vient au grand galop , et passe sur le corps du petit Louis. Le pauvre enfant reste étendu sur le pavé , jetant des cris , perdant beaucoup de sang d'une plaie que le fer du cheval lui avait faite à la tête. Le peuple s'amasse et s'écrie. Tout à coup un cavalier vénérable , suivi de beaucoup de valets , qui passait pour aller aux courses, voit cet enfant ? court à lui , le prend dans ses bras , le baise , le caresse, essuie le sang qui couvrait son visage , envoie un de ses gens chercher le meilleur chirurgien de la ville ; et ? perçant la foule qui l'environnait ? il emporte l'enfant chez lui.
Pendant ce temps ? don Louis y sa
femme et sa fille, avaient appris l'accident. Léocadie, comme une insensée, courait déjà dans la rue en ciiant, en demandant son fils. Son père la suivait à peine, et lui recommandait en vain de ne pas l'appeler son fils. Tout le monde les plaignait, et leur indiquait le chemin qu'avait pris le vieux cavalier. Ils courent, ils volent à sa maison; ils montent eu jetant des cris jusqu'à la chambre où l'enfant était déjà entre les mains du chirurgien. Léocadie arrive la première , se précipite vers lui , le presse , le serre contre son cœur , le baigne de douces larmes , et demande à voir sa blessure. L'aimable enfant, qui pleurait encore, se met à sourire en voyant sa mère ; il la caresse, il l'assure qu'il n'a point de mal. Le chirurgien visite la plaie , et ne la trouve pas dangereuse : Léocadie se le fait répéter cent fois , tandis que don Louis et sa femme rendent grâce au vieux cavalier j lui disent que cet enfant est leur petit neveu, et cherchent à excuser l'amour