‹ Melanges de poésie et de litterature (volume 2)Chapitre 35 sur 66 · E Z DE CASTRO · texte numérisé non relu

E Z DE CASTRO

Foemme onde se use toda a feridade , EuJre leoens e tigres , e verei Se nelles achar posso apiedade, Que entre peitos humanos nao acbei î Alli c'o amor intrinseco , e vontade , Naquelle por quem mouro , criarei Estas reliqtiias suas que aqni viste , Que refrigerio sejao da mai triste.

Qvteria perdoarlbe O rei benino , Movido das palavras que o magoao ; Mas o pertinaz povo , e s eu destino , ( Que desta sorte o quiz ) ]he nao perdoaS Arrancao das espadas de aço fino Os que por bom tal feito alli pregoaô $ Contra huma dama , ô peitos carniceiros \ Perozes vos mostraes , e cavaleiros !

Quai contra a linda moça Policena 4 Consolaeaô extrema da mai veina , Porque a sombra de Acnilles a condemna, C'o ferro o duro Pyrrbo se apareîîia • Mas elîa os oihos , com que o ar serena , ( Bem como paciente e mansa ovelba ) Na misera mai postos , que endondece , Àô duro sacrificio se ofFerece.

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Dans les rochers, loin des lieux où nous sommes. Chez les lions , capables d'amitié , Je trouverai sans doute la pitié Que je n'ai pu trouver parmi les hommes, De mes amours ces fruits tristes et doux Rempliront seuls mon âme désolée ; Et de mes maux je serai consolée, En leur voyant les traits de mon époux.

A ce discours de la tendre victime Alphonse ému sent palpiter son cœur ; Biais les destins et le peuple en fureur Ont résolu de consommer le crime.

Les grands, auteurs de ces affreux complots, Le fer en main, volent sans plus attendre... Ciel ! arrêtez ; vous , nés pour la défendre , Vous, chevaliers, vous êtes ses bourreaux !

Ainsi Pyrrhus , sur la rive troyenne, Voulant ravir à la mère d'Hector Le seul enfant qui lui restait encor , Des bras d'Hécube arracha Polyxène.

Comme un agneau destiné pour l'autel , Elle suivit le héros sanguinaire , Et ne songeant qu'aux douleurs de sa mère* Sans murmurer reçut le coup mortel.

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Taes contra Inez os brutos matadores , No collo de alabastro, que sostinha As obras coinque amor matou de amores A' aquelle que depois a fez rayuha , As espadas banhando , e as brancas flores Que ella dos olhos sens regadas tinha, Se eucarniçavao fervidos e irosos , No futuro castigo nao cuidosos.

Bem poderas , ô sol , da yista desteS Teus ravos apartar aquelle dia , Como da seva mesa de Thyestes Quaudo os fTlnos por mao de Atreu comia Vos 5 ô concavos valles que pudestes A voz extrema ouvir da boca fria , O Dôme do seu Pedro , que ihe ouvistes , Por muito grande espaço repetistes.

Assi como a bonina , que cortada Antes do tempo foi , candida e bella , Sendo das maos lascivas mal tratada !Da minina, que a trouxe na capella , O clieiro tras perdido e a cor murchada : Tal esta morta a pallida. donzella ; Secas do rosto as rosas , e perdida A bracca e viva cor , ce' a docs vida*

INEZ DE CASTRO, ÎOj

Telle est Inez ; le glaive l'a frappée : Ce sein d'albâtre , où le dieu de l'amour Plaça son trône et fixa son séjour , Est déchiré par la tranchante épée j Ces yeux si doux se ferment pour jamais. Xes assassins , consommant leur ouvrage , Ne pensent pas dans leur aveugle rage , Que Pèdre un jour puuïra leurs forfaits.

Et toi, soleil , que le coupable Atrée ïit reculer loin d'un affreux feslin, Ah ! tu devais reprendre ce chemin Le jour qu'Inez à la mort fut livrée.

Et vous , échos du paisible vallon , A qui sa voix en mourant dit encore Le nom chéri de l'amant qu'elle adore ; En longs accens répétez ce doux nom.

Comme la fleur qui , trop tôt moissonnée , De la beauté pare un moment le sein , Fraîche et brillante aux rayons du matin, Et vers le soir languissante et fanée : De même Inez , à peine en ses beaux ans , A descendu dans la nuit éternelle ; Sur son visage une pâleur mortelle A remplacé les roses du printemps,

As fillias do Mondego a morte escnra Longo tempo chorando memoràraS , E por memoria eterna em fonte pura As lagrimas choradas transformàrao ; O nome lhe puzerao , que inda dura , Dosamores de Inez , que alli passàrao : Vede , que fresca fonte rega as flores , Que lagrimas sao a agoa , e o nome amoi

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Xe Mondégo , dans sa course lointaine, N'entend partout que de tristes regrets ; Tout est eu deuil : des nymphes des forêts les pleurs bientôt se changent en fontaine. Ce monument dure jusqu'à ce jour ; Dans tous les temps mille fleursl'environnent. Et ce beau lieu que des myrtes couronnent 9 S'appelle encor la fontaine d'amour.

1 liiez , chargée de fers , sous le glaive des bourreaux, et s'efforçant d'émouvoir la pitié de son juge, ne devrait peut-être pas commencer son touchant discours en rappelant l'histoire de Sémiramis nourrie par des oiseaux de pïoie, ( que presque tout le monde ignore) et celle de Romulus et Rémus allaités par une louve : mais on s'est attaché dans tout ce morceau à être de la plus scrupuleuse fidélité ; et cette attention , qui ne peut être sentie que par ceux qui savent le portugais , les rendra peut-être plus indulgens sur les défauts de cette traduction , surtout s'ils veulent considérer qu'à la difficulté extrême de traduire en vers l'inimitable Camoëns , s'est jointe celle de le rendre octave par octave , et presque vers par vers,

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