LETTRE A M. T. C. D. S. E
Si j'osais vous parler de notre prince , je vous dirais qu'il n'est pas le moins chagrin de votre absence j et cela seul tous rend inexcusable.
Quoi! vous quittez sans murmure
D'Anet le charmant séjour ,
Ce vallon où la nature Épuisa ses trésors pour contenter l'amour ! Voiisfuyez sansregretun prince qui vousaime , Qui sait fixer ici le volage bonheur ,
Et veut déposer sa grandeur
Pour être chéri pour lui-même ; Qui se plaît à marquer chaque jour d'un bienfait,
Et dont l'esprit toujours aimable Égaie avec douceur les propos de la table , Et sait parler de tout, hors du bien qu'il a fait!
Heureusement pour vous, mon cher pasteur ? nous savons notre secret ; et , quoique nous y perdions , il faut vous en aimer davantage :
Xa voix des malheureux vous appelle à Paris, Vous y courez leur tendre une main secourable,
Et , quittant pour eux vos amis , Vous aimez encor mieux être utile qu'aimable ,