HYMNE A L'AMITIE
a' II.LE du ciel, source sacrée Des plaisirs les plus doux, des devoirs les plus saints, C'est aux premiers malheurs qu'ont soufferts les humains •Que tu volas vers eux de la voûte étbére'e. Consumé de douleurs , accablé de travaux , L'homme allait accuser la céleste sagesse :
Tu vins secourir sa faiblesse ,
Ses biens surpassèrent ses maux.
HYMNE A L'AMITIE. î3ï
L'oephelijS qxii pleure sa mêrCj Le jeune épou?; qui voit h. peine en ses beaux jours, Mourir le chaste objet de ses pures amours, Auprès de ce cercueil va finir sa carrière. Il lui reste un ami : cet ami dans son cœur Fait lentement couler un baume salutaire ;
Il vient partager sa misère ,
Il en est le consolateru-.
Le mortel à qui la fortune Vendit si chèrement ses tromipeuses faveurs, Solitaire au milieu de ses nombreux flatteurs , Prodigue ses trésors à leur foule importune. Il cherche l'amitié : c'est vers sou doux lien Qu'il tourne ses désirs , et non son espérance :
Il en achète Fapparence;
Pour lui ton nom seul est un bien.
Ar sein même de la victoire , Tu charmes le guerrier, qui, dans le champ de Mars D'un peuple de héros guidant les étendards , Cueille à la liberté les palmes de la gloire. Par ses frères vainqueurs lorsqu'il se sent presser, Des larmes qu'il répand son courage s'honore ; Mais ses pleurs sont plus doux encore Quand son amï vient l'embrasser.
Le sage dans la solitude, Libre des passions , dégagé de tout soin , S'applaudit de sentir l'impérieux besoin De mêler tes plaisirs aux douceurs de l'étude.
y3a HYMNE A L'AMITÏÊ.
Par toi contre la mort ses sens plus affermis
Des horreurs du trépas soutiennent mieux la vue }
Socrate buvant la ciguë
Sourit à ses jeunes amis.
Le saint amour de la patrie Par tes divines lois est encore épim^.
Contemplez des amis le bataillon sacré De l'oppresseur des Grecs affrootant la furie; Accablés , non vaincus , après an lonjj; effort , Ils meurent.... Voyez-les couchés siu- la poussière ;
Chacun tient la main de son frère,
Aucun d'eux n'a senti la mort.
Ainsi ta douce et vive flamme Ajoute h. la sagesse, augmente la valeur, L'innocence et la paix, la force et le bonheur Accourent à ta voix s'emparer de notre âme. Relevant les humains par le vice abattus, Jusqu'au plus haut du ciel avec eux tu t'élances ;
•Tes devoirs sont des récompenses ,
Et tes plaisirs sont des vertus.