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C. Soudure de deux feuilles

Begonia Rex Puzeys. — J'ai publié, il y a trois ans (1), une observalion de soudure complète de deux feuilles de celte espèce. J'ai observé depuis deux variantes importan-

(1) Godron, Nouveaux mélanges de tératologie végétale ; Cherbourg, 1874, grand in-80, p. 4. (Extrait des Mém,. de la Soc. des sc. nat. de Cherbourg, t. XNII).

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tes de ce fait tératologique et je crois utile de les faire connaitre.

Prenuer fait. — Les deux pétioles sont réunis dans toute leur longueur. C’est par leurs grands côtés que la soudure des limbes se produit et seulement dans la moitié inférieure de leurs bords similaires, mais assez obliquement pour que les deux nervures médianes divergent d’un peu plus d’un angle droitet queles deux limbes,étant libres dans leur moitié supérieure, aient leurs sommets très-écartés l’un de l’autre. Les grandes oreillettes ne se soudent pas par leurs bords pour former une crête saillante, comme dans le fait que nous avons décrit eni 874 ; mais elles restent parfaitement libres, s’étalent dans le plan général, se recouvrent l’une l’autreet masquent ainsi

le tiers supérieur du pétiole commun. — Cultures de M. Bertier.

Second fœit. — La soudure des limbes à lieu par les

mêmes côtés, mais elle est encore plus oblique et se fait presque base à base. Aussi les’ deux nervures médianes divergent entre elles de 148°. La soudure a lieu à parür de l'insertion des pétioles réunis et mesure trois centimètres d’étendue. Au-dessus et au-dessous se trouve une échancrure étroite de deux centimêtres de profondeur. J'ai observé un autre cas de soudure, qui ne diffère de celui-ci, que par” l'inégalité assez grande des deux feuilles soudées. — Cultures de‘M. Bertier.

Troisième fait.— Sur une bouture, deux feuilles sortant de la jeune souche sont soudées dans presque toute la longueur de leurs pécioles. Les deuxlimbes sont libres, de même taille, ovales, presque équilatères, 1ls sont appliqués dos à dos l’un contre l’autre. — Cultures de M. Bertier.

Begonia tuberosa Lam. — Les feuilles sont soudées par leurs grands côtés, de telle sorte que lPéchancrure de la

base du Himbe, au point d'insertion des pélioles réunis est assez large, mais superficielle. Les sommets des deux feuilles sont assez écartés l’un de l’autre et l'angle qui sépare les deux nervures médianes, égale 98°. Le bord

supérieur, superlicieHement lobulé et denté, est presque

droit.

Sur un autre pied de la même espèce, deux feuilles sont soudées bien plus obliquement, également par leurs

‘grands côtés. L'échancrure de la base est très-ouverte et

assez fable ; les deux sommets libres sont acuminés, divergents à ce point que les nervures médianes sont sur la même ligne. — Cultures de M. Bertier.

Pelargonium zonale Willd. — Feuille axillaire à limbe infundibuliforme, évasé et passablement oblique. Le pétiole est déprimé latéralement et ses faces latérales sont parcourues par deux sillons opposés, qui s’élargissent sous le limbe, y deviennent moins superficiels, sont séparés l’un de l’autre par deux côtes assez saillantes, qui ont pour prolongement deux nervures principales et opposées du limbe. Ces faits indiquent la soudure de deux pétioles contigus et superposés. Le lHimbe en entonnoir a quatre lobes peu profonds, inégaux, irrégulièrement dentés ; 1 est parcouru par quatre nervures ; trois d’entre elles se réunissent par leur base au pétiole supérieur et se répandent dans les trois lobes du limbe qui sont de moindre grandeur. La quatrième nervure appartient au pétiole inférieur et le limbe de la seconde fleur est représenté par un seul lobe, mais le plus grand des quatre. Les nervures de l’une et de l’autre feuilles soudées, s’anastomosent par leurs dernières ramifications, tracent les limites qui séparent les individualités organiques des deux limbes, comme les sillons des pétioles soudés fixent également leurs limites. — Cultures de M. Bertier.

J'ai décrit déjà un autre fait analogue, observé sur une

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autre espèce du même genre, mais qui s’en distingue par le point d'insertion des feuilles soudées et par la régularité parfaite de l’entonnoir (1).

J'ai observé aussi sur le Pelargonium zonale Willd. un autre mode de soudure de deux feuilles. Le pétiole s’élargit insensiblement vers le sommet et porte : 4° deux limbes de feuilles s’inclinant l’un an peu à droite et l’autre à gauche, se recouvrant dans les deux tiers de leur étendue, à peu près égaux en développement, mais à lobes irréguliers ; 2° un troisième limbe, parfaitement distinct des deux autres, beaucoup plus petit, un peu irrégulier, non lobé, est caché entre les deux autres limbes et inséré sur la partie médiane du sommet du pétiole commun. — Cultures de M. Berüer.

Tradescantia discolor L'Hérit. — Les feuilles de cette espèce sont spiralées, engainantes à la base, rétrécies audessus, puis lancéolées. L’observateur, étant placé par supposition au centre de lPaxe du rameau, le bord droit de la gaine d’une feuille trés-jeune touche la nervure médiane, du reste normalement peu développée, de la feuille immédiatement supérieure dans l’ordre de la spire et se soude à celte nervure. Cette union a lieu dans une plus où moins grande étendue. Dans un premier exemple que j'ai observé, la soudure n'existe que dans le quart inférieur des deux feuilles ; leurs parties restées libres s’écartent l’une de l’autre et tendent à reprendre la position normale qu’elles occupent dans l’ordre spiral, lorsqu'elles sont complètement isolées. D'autres fois elle s’étend à presque toute l’étendue des deux feuilles, linférieure ne se montrant libre que par son sommet trés-court, et ces deux feuilles rapprochées et unies par la soudure,

(4) Godron, Nouveaux mélanges de tératologie végétale ; Cherbourg, 1874, gd in-8°, p. 4 (Extr. des Mém. de la Soc. des se. nat. de Cherbourg, t. XNIIT).

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occupent sur l'axe une position intermédiaire entre celles qui naturellement appartenaient à lune et à l’autre à l’état de liberté. Enfin la soudure peut avoir lieu dans la longueur des deux feuilles.

J'ai vu quatre faits de ce genre sur des boutures provenant d'un même pied, qui lui-même avait présenté une pareille anomalie.

Cette monstruosité est remarquable, en ce que la soudure n’a pas lieu par des parties homologues des deux feuilles. — Cultures de M. Bertier.

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