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ÏI. — SOUDURES.
A. Fleurs où parties similaires de verticilles floraux soudées entre elles.
Papaver apulum Ten. — Calice à quatre sépales disposés sur deux rangs. Corolle à huit pétales formant quatre verticilles. Deux pistils libres, divergents, entourés chacun d’un groupe spécial d’étamines. Les deux fleurs, en ce qui concerne le calice et la corolle, ont donc combiné leurs éléments ; ils restent distincts, au contraire, en ce qui se rapporte aux étamines et aux pistils. — J'ai va deux fois ce phénomène anormal dans mes cultures.
Pelargonium zonale Willd. — Nous trouvons, comme dans le fait précédent, deux fleurs soudées. L'union est déjà visible dans le pédicelle, qui est épaissi au sommet, comprimé, muni de deux sillons opposés. Huit sépales, dont Jes deux supérieurs en partie soudés. Huit pétales libres. Etamines nombreuses. Deux pistils distincts. — Cultures de M. Bertier. 7
Fuchsia coccinea KL. — Les fleurs naissent normalement solitaires à l’aisselle des feuilles, mais il arrive parfois que deux fleurs naissent à l’aisselle d’une mème feuille, l’une un peu au-dessus de l’autre. Or ces deux fleurs peuvent se souder, ainsi que les pédoncules qui les portent, et ce fait n’est pas rare. On voit facilement la trace de‘la soudure des deux pédoneules par deux sillons opposés qui indiquent la limite de ces deux organes. Les tubes des deux cealices, tant la partie soudée à l'ovaire, que celle qui est placée au-dessus, sont réunies dans toute leur longueur par une soudure étroite. Au-dessus les deux fleurs sont libres et normales dans leurs autres organes. — Cultures de M. Bertier.
… Fuchsia globosa Lindl. — Nous avons rencontré une fleur de cette espèce, qui serait parfaitement normale, si
les quatre divisions du limbe du calice n'étaient pas soudées deux à deux. Mais, en même temps qu’il y a soudure, il y a aussi disjonction de ces deux parties dont l'isolement s'étend jusqu’à la partie supérieure de l’ovare et fait disparaître la partie du tube calicinal qui est audessus. Chacun de ces organes réunis est ovale, trèsconcave et, ce qui démontre encore qu'ils résultent de la soudure de deux éléments similaires, c’est qu'à leur
sommet ils sont brièvement bifides. — Cultures de M. Bertier.
Petuniæ hybridæ. — J'ai vu plusieurs fois, dans ces
plantes, la soudure de deux fleurs à différents degrés :
1° Soudure de deux pédoneules comprimés, munis de côtes saïllantes, mais restés libres au sommet et portant chacun une fleur distincte et régulièrement conformée.
2° Les deux calices sont confondus et présentent sept divisions trés-inégales. Les deux tubes corollins sont soudés extérieurement lPun à l’autre dans toute la moitié inférieure de leur longueur. I y à cinq étamines insérées à la gorge de chacune des corolles. Chaque fleur à son pisül distinct.
3° Le rameau, qui porte immédiatement les deux fleurs réunies, est franchement fascié, mince, large de cinq millimètres, finement strié. Les deux calices confondus ont quinze sépales libres, inégaux. Les deux corolles n’en forment qu’une ; elle est grande, offre de nombreux lobes ondulés aux bords. Deux groupes distincts de cinq étamines, entourant et isolant les deux pistils; stigmates verts, luisants, oblongs. — Cultures de M. Berter.
M. Ch. Martins a observé aussi la soudure de deux fleurs de la même espèce ; mais avec des caractères assez différents de ceux que présentent la soudure et la
fusion partielle des enveloppes florales, que nous venons de décrire (1).
Digitalis purpureo-grandiflora Godr. (2). — Calice à dix sépales inégaux, insérés sur deux rangs. Corolle très-ouverte, grande, campanulée, un peu déprimée en arrière. Huit étamines, dont quatre en avant, qnatre en arrière, didynames dans chaque groupe. Deux pisils géminés, libres, réguliers.
J'ai observé deux fois le même fait sur le Digitalis purpurea L.
Gladiolus psittacinus Lindl. — Périanthe à tube évasé
au sommet ; douze divisions florales bisériées. Neuf
étamines insérées à la gorge. Ovaire infère à six loges ; deux styles, chacun à trois stigmates un peu pétaloïides et munis sur les deux bords de papilles stigmatiques. — Cultures de M. Bertier.
Gleditschia triacanthos EL. — Une famille voisine de celle des Césalpiniées, les Papilionacées n’offrent que bien rarement plusieurs gousses naissant dans une même fleur et on ne connaît jusqu'aujourd'hui qu'une seule espèce de cette dernière famille, l’Affonsea juglandifolia Aug. Saint-Hilaire (3) qui, à l’état normal, produit cinq gousses libres. Nous avons observé, plusieurs fois, sur le Phaseolus vulgaris L. (4), dans une même fleur, deux gousses plus on moins longuement
(4) Ch. Martins, Ann. des sc. nat., Sér. 3°, t. II (1844), p. 362. (2) Godron, Nouvelles expériences sur l’hybridité dans le règne végétal ; Nancy, 1866, in 8°, p. 33 (extrait des Mém. de l’Acad. de Stanislas, pour 1866, p. 356).
(3) Aug. Saint-Hilaire, Voyage dans le pays des diamants, etc ; Paris, 1833, in 80, t. I, p. 386.
(4) Godron, Mélanges de tératologie végétale ; Cherbourg, gd, in 80, p. 35.
soudées par leur bord placentarien (1). Les Césalpiniées, qui n’ont aussi normalement qu'une seule gousse dans chaque fleur, nous ont offert, d'abord, dans le Gledtschia triacanthos L., deux exemples, dans une même fleur, de deux gousses soudées entre elles dans une partie de leur étendue. Mais ici la soudure n’a plus lieu par les bords placentairiens. Il n'existe qu'un seul pédoncule muni de quatre côtes un peu saillantes et opposées deux à deux, de telle sorte que les unes sont une décurrence des bords placentairiens, et les autres des bords qui ne portent pas de placentas. La soudure est plus ou moins étendue ; elle a lieu de telle façon, qu'à partir du pédoncule, l’une des gousses se soude à l’autre suivant une ligne oblique qui, du bord non placentairien, atteint le bord placentairien de l’autre gousse, et réciproquement. Les deux gousses réunies forment, dans la partie soudée, quatre ailes saillantes disposées en croix, dont deux opposées ne sont pas pourvues de graines, et les deux autres en sont fournies ; la partie libre des deux sousses, un peu écartées l’une de Pautre, se regardent par leur bord placentairien. Dans l’espèce dont nous parlons, les deux gousses sont un peu inégales et sont
soudées dans leurs deux tiers inférieurs. — Jardin des plantes de Nancy.
Gledtschia sinensis Lam. — Cette espèce a les gousses
moins allongées que la précédente, mais elles sont du double plus larges. L'existence de deux gousses soudées y parait plus fréquente ; nous en avons vu dix-sept exemples. La soudure ne dépasse pas la moitié de la longueur des gousses ; le plus souvent elle est beaucoup moins étendue et peut même n’atteindre que trois cen-
(4) Godron, Mélanges de tératologie végétale ; Cherbourg, 1872, p. 35 (Extrait des Mém. de la Soc. des sciences naturelles de Cherbourg, t. XVI).
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timètres. Plus elle est, courte, plus elle est oblique et celle obliquité est encore augmentée par la plus grande largeur des gousses. Si la soudure ne se fait pas, suivant une ligne déterminée organiquement, par exemple comme celle des placentas dans le Phaseolus vulgaris L., elle à lieu suivant une ligne oblique et presquejamais autrement.
Dans cette même espèce, j'ai vu deux fois seulement la réunion de deux gousses nées d’une même fleur ; mais la soudure ne fait plus une ligne oblique sur les faces. Elle s'opère absolument comme dans le Phaseolus vulgaris L., c’est-à-dire par les bords placentairiens. La longueur de l’une de ces soudures est de trois centimètres, la Jongueur de l’autre est de six centimètres, non compris la soudure des podocarpes. — Jardin des plantes de Nancy.
B. Soudure de deux inflorescences.
Dahlia variabilis Desf. — F'ai observé quatre ou cinq fois, sur cette espèce, l'union de deux calathides, portées sur un même pédoncule. Les deux: périclines sont soudés par leur face inférieure, de façon que les deux inflorescences sont placées dans une direction fortement oblique et presque verticale. Elles regardent de côté en se tournant le dos. — Cultures de M. Bertier.
Pyrethrum roseum Bieb. — J'ai rencontré, mais une seule fois, sur cette seconde espèce, absolument le même senre de soudure, que dans le cas précédent.