IV. — FASCIES
Delphinium Requieni D. C.— Tige fasciée dés la base, de plus d'un mètre de longueur, large de trois centimétres dans presque toute son étendue, brièvement courbée en crosse latéralement au sommet, portant une énorme grappe simple. — Jardin des plantes de Nancy.
Erodium cicutarium L'Hérit. — Une racine longue et très-épaisse au sommet cylindrique, née à la fin de lété, porte à l'automne une rosette de feuille très-dense, étalée
4) Godron, Nouveaux Mélanges de tératologie végétale, p.11, (Mém. de la soc. des sc. nat. de Cherbourg, t. XNIIT).
{2) Godron, Observations sur les formes bifructifères du Framboisier cultivé (Ann. de la Soc. d'agriculture de Nancy. t-Upet):
sur le sol; du centre de cette rosette s'élève une lige fasciée, trés-comprimée et finement striée, longue de 0"09, large de 0"015, au point où elle s’insére à lextrémité supérieure de la racine dans la direction de son diamètre, tronquée carrément au sommet et porte une crête de dixhuit fleurs, inégalement, mais brièvement pédonculées. — Mon jardin.
Cucumis colocynthis L. — La longueur de cette tige lasciée dans toute son étendue est de 3"40; sa plus grande largeur est de 0,11 ; elle est sillonnée de grosses côtes sur ses faces ; elle porte treize fruits. C’est, je crois la fascie la plus longue que l’on connaisse ; elle n’a pu être desséchée. — Cultures de M. Bertier.
Samifraga umbrosa L. — Une tige fleurie de 0"22 de hauteur, large de trois millimètres, est régulièrement fasciée dans toute sa longueur, sans que l’inflorescence ait été autrement modifiée, si ce n’est par sa pauvreté et son étroitesse. — M. Raoul Guérin.
Carlina vulgaris L. — J'ai déjà décrit une fascie de celle espèce (1), mais qui appartient à une autre section que celle qu'il nous reste à faire connaitre. Celle-ci est longue de 035, s’élargit peu à peu de la-base au sommet jusqu’à atteindre dans sa plus grande largeur 0"10 ; elle porte treize calathides disposées en crête et serrées les unes contre les autres. Cette plante a trois rameaux, lun qui nait un peu au-dessus de la racine ; les deux autres, beaucoup plus courts, s’échappent des bords de la fascie, un peu au-dessous de son sommet ; ils portent chacun une calathide. — Côteaux des environs de Naney.
Convolvulus maurilanicus Boiss.— Tige fasciée, mince, finement striée, longue de 0"35, s’élargissant insensible-
(1) Godron, Mélanges de tlératologie végétale; Cherbourg, 1872, in-8°, p. 23 (Extrait des Mém. de la Société des sc. nat. de
Cherbourg, t. XNT).
ment jusqu'à 0"02, émettant de lun des bords de la fascie, trois rameaux, linférieur normal, les deux autres fasciés et terminés par une petite crête de feuilles agolomérées. — Cultures de M. Bertier.
Daphne Laureola L. — Tige insensiblement fasciée de la base au sommet sur une longueur de 0"25, mesurant 0"035 dans sa plus grande largeur, munie de petites côtes rapprochées et portant au sommet trois rameaux un peu inégaux, également fasciés, terminés en crête et couronnés chacun par un bouquet de feuilles serrées les unes
contre les autres. — Recueilh aux environs de Paris par M. Raoul Guérin.
Asparaqus officinalis L. — Fascie mesurant 0"90 en
longueur et 0"035 dans sa plus grande largeur, mince, pourvue de côtes assez saillantes et naissant au-dessous des points d'insertion des rameaux ; ceux-ci très-nombreux, très-grêles, portant fleurs et disposés en nombreuses lignes obliques interrompues ; la fascie est courbée dans sa moitié supérieure en une large gouttière, puis se divise en deux branches inégales, l’une de 0"06, l’autre de 0"09 de long, Ss’élargissant un peu à leur sommet qui est tronqué carrément. — Cultures de M. Bertier.
Frilillaria èmperialis L. — La fascie occupe la totalité de la tige ;'elle mesure en largeur 0"02. Elle est mince, striée. Le bouquet de feuilles, qui normalement couronne le sommet de la tige, est beaucoup plus fourni que d’habitude, mais les fleurs sont moins nombreuses. — Jardin des plantes de Nancy.
Hyacinthus orientalis L. — La hampe est très-aplatie et s’élargit insensiblement jusqu’à atteindre 0"04 vers le sommet de l’inflorescence. — Jardin des plantes de Nancy.
Le nombre des fascies, que j'ai décrites dans mes pré-
cédents mélanges tératologiques et dans ceux-ci, s'élève à cinquante-quatre. Les auteurs en avaient déjà signalé un assez grand nombre et néanmoins leur étude n’a jusqu'ici fourni aucune lumière sur la cause qui détermine ce phénomène assez complexe. Linné a voulu cependant lexpliquer et s'exprime ainsi : Fasciata dici solel planta, cum plures plantas connoscantur, ul unus ex pluribus instar fasciæ evadat etcompressus. Fil idem arte, si plures caules enascentes cogantur penetrare courctatum spalium, et partluriri tanquam ex angusto utero (A). L'étude attentive des fascies ne permet pas de s'arrêter à ces explications, Nous nous en référons, du reste, aux conclusions que nous avons déduites des faits dans nos premiers Mélanges de tératologie végétale, publiés en 1872 dans les Mémotres de la Sociélé des sciences naturelles de Cherbourg.
fé V.— PÉLORIES.
Dictamnus albus L.— Fleur terminant l'axe de l’inflorescence, dressée, très-ouverte. Pétales tous égaux. ovales, obtus, atténués en onglet court et étroit, tous uniformément veinés, formant une corolle parfaitement régulière. Toutes les étamines ont leurs filets droits et dressés symétriquement autour de l'axe de la fleur, et non déjetés en dehors et formant une courbe ascendante. Pistil dressé, droit, s’élevant au centre de Ja fleur. — Jardin des plantes de Nancy.
Pentstemon gentianoides Poir. — Cette espèce qui, par une culture déjà ancienne, a donné de belles variétés ornementales, c’est-à-dire en voie de variation, montre chez elle assez souvent, au sommet de l’axe primaire de l'inflorescence, une fleur dressée et parfaitement régu-
(1) Linrœi Philosophia botanica, 274.
lière dans toutes ses parties. Les enveloppes florales sont ordinairement à cinq divisions et les étamines, en même nombre, sont toutes dressées, droites et munies d’une anthère de forme normale et fertile. Plus rarement cette fleur terminale est tétramère, mais n’en est pas moins régulière. |
Lorsque la fleur termine un axe secondaire, les étamines sont toutes fertiles, si cetaxe est allongé; mais, même dans ce cas, le tube de la corolle est un peu arqué.
J'ai observé un fait identique sur un pied de Pentstemon ovatum Hook. — Cultures de M. Bertier.
Linaria cymbalaria Mill. — On a déjà indiqué la pélorie de cette espèce, mais non pas avec les caractères spéciaux que nous avons observés. Le calice est à cinq sépales libres jusqu'à la base, très-étalés, spathulés, aigus, assez brusquement atténués à la base. Corolle anectariée, régulière, tubuleuse, à cinq lobes étalés, oblongs, obtus. Cinq étamines régulières. Pistl dressé. C’estlà ce qu'on observe sur certaines fleurs où la pélorie est parfaite. Sur toutes les autres, le calice est conformé comme nous venons de l'indiquer, seulement parfois il a seulement quatre divisions; la corolle est souvent à lobes inégaux et parait plus ou moins irrégulière; enfin j'ai vu sur une fleur trois éperons trèés-courts. — M. Zeiller, ingénieur cles mines.
Gladiolus psittacinus Lindt. — J'ai observé deux faits un peu différents : 4° Sur une fleur, qui au premier coup d'œil paraît terminale au sommet d’une grappe florale, on voit, au point d'insertion de la fleur supérieure, un très-court prolongement de l’axe de l’inflorescence, couvert de boutons floraux rudimentaires et de bractées atrophiées, un peu déjeté sur le côté, de telle façon que la fleur supérieure développée est dressée par suite d’usurpation d’axe. 2° Sur une autre fleur, observée un an
après, la fleur est organiquement terminale, Ces deux fleurs se ressemblent par leur parfaite régularité. Le tube floral est droit; les trois divisions extérieures du périanthe sont égales et semblables dans leur coloration; les trois divisions intérieures sont plus petites et offrent les mêmes caractères de régularité; toutes sont dressées, étalées. Les étamines sont de même longueur, dressées. Le style est droit, à stigmates égaux, étalés. — Cultures de M. Bertier.