INFLORESCENCE EN FEUILLES
Centaurea Jacea L. —--Sur deux rameaux, à feuilles très-rapprochées dans le voisinage de la calathide, on constate une transformation des écailles du péricline en
(4) V. Humnicki, Catalogue des plantes vasculaires des environs deiLuxeuil (Haute-Saône), in-8° de 75 pages ; Orléans, 1876.
feuilles. Cette enveloppe de linflorescence est formée tout d'abord d’un nombre de feuilles plus considérable que celui des écailles qu’elle renferme normalement. Ces feuilles sont étroites, linéaires-lancéolées, aiguës, trèsinégales ; les extérieures atteignent jusqu’à quatre ou cinq centimètres de longueur; mais cette dimension diminue, ainsi que la largeur au fur et à mesure qu’elles sont plus intérieures; elles sont imbriquées et serrées les unes contre les autres. Mais au centre de la calathide, on observe un certain nombre d’écailles semblables à celles qui, dans cette espêce, forment ordinairement le péricline; elles sont pourvues de leur appendice scarieux et lacinié. Les fleurs manquent. Il y à donc ici une double métamorphose, celle des écailles du périclyne en feuilles et
celles des fleurs en écailles. — Herbier de Soyer-Willemet.
Dipsacus sylvestris Mill. — J'ai observé une inflores-
cence de cetteespèce, dont l’involucreextérieur est remarquable par la taille d’une partie notable de ses folioles. Six de ces appendices sont des feuilles lancéolées, aiguës, longuement atténuées à la base, longues de quinze à dix-huit centimètres ; deux autres sont de moitié moins longues et plus étroites que les précédentes ; enfin sept ont leur tailleordinaire. — Herbier de Soyer-Willemet. Dianthus barbatus L. — Les axes de l’inflorescence trichotomique sont plus allongés que de coutume et inégaux entre eux. Tantôt on observe une fleur régulière, brièvement pédicellée, insérée à l’aisselle d’une bifurcation de deux axes opposés, secondaires ou tertiaires, rameux et feuillés. Tantôt quelques fieurs sont alternes le long d’un rameau de l’inflorescence feuillé dans toute sa longueur. Tantôt enfin un petitnombre de fleurs isolées terminent des rameaux feuillés de l’inflorescence. Les feuilles opposées de ces infloreseences sont généralement
très-rapprochées les unes des autres, bien plus étroites que les feuilles caulinaires, bien plus acuminées et souvent même tubulées. Les rameaux de l’inflorescence au lieu d’être raides et de former un faisceau compacte sont flexueux et irrégulièrement étalés. — Jardin des plantes de Nancy.
Coix Lacryma L. — Son inflorescence présente un organe, dont la signification morphologique ne parait pas bien connue. Les botanistes le nomment envolucre. C’est un. Corps ovoide-conique, très-dur, luisant, creux et s’ouvrant au sommet par une petite ouverture oblique. Il renferme dans son intérieur trois fleurs : une femelle sessile et deux pédicellées qui sont neutres ; 1l en sort par l’ouverture indiquée un axe portant une petite panicule de fleurs mâles. Mais le bord de l’ouverture oblique est ordinairement nu; j'ai vu, mais deux fois seulement, la partie supérieure de ce bord prolongée en une véritable feuille qui, à sa base est en gouittière, suit le pourtour de l'ouverture et ses nervures se prolongent d’un millimétre sur ce bord saillant ; le limbe de la feuille est long de 0"15, assez large, acuminée, aiguë.
Sur un autre échantillon, Je vois la même chose, à cette différence près, que le bord supérieur de l'ouverture donne naissance à une feuille bien plus courte (0",02), bien moins aiguë et plus fortement canaliculée à sa base.
Les feuilles qui naissent du bord supérieur n'ayant pas de gaîne et leurs nervures sedessinant sur la partie dure du bord de l’involuere, celui-ci est donc nécessairement la gaine de cette feuille. — Jardin des plantes de Nancy.