NOUVEAUX MÉLANGES PROLIFICATION D'INFLORESCENCE
C'estune graminée qui me fournit ce singulier exem-
ple.
Sesleria cœrulea L. — Inflorescence longue de 0425, lâche, à demi-verticilles floraux bien plus développés que d'habitude. L’axe de plusieurs épillets dépourvus de fleurs se prolonge en un filament anguleux muni, à une distance plus ou moins écartée de sa base, d’un nœud où s'insère une petite gaîne foliaire. Celle-ci renferme au sommet du prolongement de cet axe, tantôt des rudiments d’épillets ; tantôt cet axe s'étend au-dessus de la gaine et porte aussi des débris de même nature ; tantôt enfin, il s’allonge jusqu’à mesurer de 7 à 8 centimètres et montre à son sommet une petite inflorescence formée de 5 à 8 épilets fertiles et de quelques-uns stériles.
Cet échantillon, recueilli aux environs de Vassy, m'a été adressé par M. Carion.
PROLIFICATIONS DES FLEURS.
Les prolifications des fleurs constituent une des anomalies les plus fréquentes. J'en ai déjà décrit un grand nombre et chaque année il en naît de nouvelles sous nos yeux.
Dianthus barbatus L. Flore pleno. — Cette plante m'a montré ce genre de monstruosités, à l’état plus ou moins complexe. Je commencerai par les plus simples.
1° Calice régulier. Pétales nombreux, verticillés à la
base de l'ovaire qui est normal. Un axe latéral, né du fond du calice, long de 10 millimètres, vert, filiforme, porte à son sommet un calice à cinq sépales, renfermant de nombreux petits pétales et un ovaire au centre.
9 Calice fendu d’un côté. Pétales nombreux. Du centre s’élève un axe central long de 2 millimètres qui porte un calice et de petits pétales. De la base de cet axe central s'élèvent tantôt 3, tantôt 4 axes secondaires verticillés, qui chacun sont cou verts de 12 à 15 pétales disséminés sur toute sa longueur et au sommet une petite fleur.
3° Fleur grande. Calice très-développé, fendu d’un côté. Pétales nombreux, verticillés. Ovaire central, régulier, fertile. De la base de ce dernier s’élèvent, syméiriquement aux dents du calice, cinq axes munis chacun de pétales verticillés et au sommet d’un ovaire qui s'ouvre pour montrer des pétales et un nouvel ovaire surmontés de deux styles tortillés lun autour de l’autre. Il y à donc ici une double prolification.
Entre ces trois types tératologiques on rencontre de nombreux intermédiaires.
Petunia violacea Hook. — Calice à 8 divisions profondes et inégales. Une grande corolle à 8 lobes, absence complète d’étamines et de pistil. Une seconde corolle, à tube long et devenant insensiblement très-grêle à sa partie inférieure, est insérée dans l’intérieur du calice et à sa base devant la nervure médiane d’un des sépales.
Hesperis matronalis L. Flore pleno. — Calice régulier. Pétales normaux. Etamines persistantes ou transformées en pétales. Ovaire divisé en deux valves libres ; celles-ci bordées de chaque côté d’ovules rudimentaires, au centre beaucoup de pétales. Cultivé dans les jardins.
Pavia discolor Pursh. — Le pédoncule de la fleur se
te VO As
prolonge, sous forme d’un faisceau fibreux à travers l'ovaire où 1l se trouve situé entre les trois loges de cet organe. Il se fait jour au sommet irréguliérement fendu en trois ou quatre valves dont l’axe porte le style. Cet axe montre à son sommet une nouvelle.fleur parfaitement constituée. Il arrive même, mais très-rarement, qu'il traverse le second ovaire et soit pourvu d’une troisième fleur. — Cette prolification a été vue assez abondante par M. Lemonnier, au jardin botanique de Nancy en 1878 ; elle s’y est reproduite sur le mème pied en 1879. Turpin a décrit et figuré une prolification simple, tout à fait semblable à la nôtre sur le Pavia rubra Lam. (4).