SUR DES FEUILLES A NERVURE MÉDIANE BIFURQUÉE ACCIDENTELLEMENT
Pyr. De Candolle considère la Et accidentelle de la nervure médiane des feuilles, comme résultant de la soudure de deux feuilles par leurs A ès-rapprochés à l’époque de leur premier dév RE Il en citeeten figure deux exemples fournis, l’un par une feuille du Jushciaoxyphylla D.C. et l'autre par une feuille du Laurus nobilis L. (1). Avant De Candolle, Bonnet avait observé un fait semblable sur une feuille du Punica Granatum L. @), Schlotterbecc dans celle du Zilac vulgare L. (3) et Steinheil dans des feuilles du Hedera Helix L., du Plantago major L., du Geranium nodosum L. (4).
(1) Pyr. de Candolle, Organographie végétale, Paris, 1827, in-8, T. 1, p. 341 et T. IL, pl. 17, üg. 8 et pl. 48, fig. 2.
(2) Bonnet, Œuvres d'histoire naturelle et de philosophie, Neufchâtel, 1779, in-40, T. If, p. 432, tab. 31, fig. 2.
(2) Schotterbecc, in Acta helvetica, in-49, T. IE, pl. 1, fig. 9.
(4) Steinheil, dans Moquin-Fandon, Eléments de Tératologie végéiale, Paris, 1841, in-8o, p. 294.
Mais y a-t-il eu, dans ces exemples, réellement soudure? cela me paraît fort douteux et j'y vois de préférence un simple partage en deux parties de la nervure médiane, ce qui entraine la division de la feuille en deux lobes terminaux et plus ou moins profonds. Ces faits sont d'autant plus remarquables qu'ils se montrent normalementsur une plante à feuilles opposées, l'Urtica biloba Hort., ce qui ne milite pas en faveur d’une soudure.
Aux exemples déjà connus, je puis en ajouter d’autres que j'ai moi-même observés. Telle est une feuille de Gloæina speciosa Lodd., dont ia nérvure médiane se bifurque * au tiers inférieur du limbe; celui-ci offre au sommet deux lobes assez saillants et divergents.
Deux feuilles opposées de Viburnum Opulus L. présententégalement les mêmes faits, tandis que les autres feuilles du rameau n’en offrent pas la moindre trace. Y aurait-il une parenté originelle plus grande entre les feuilles qui appartiennent à un même nœud, qu'entre celles qui naissent de nœuds difrérents ?
Nous possédons aussi deux feuilles du Rosa alba L. dont la foliole terminale a sa nervure médiane bifurquée, et toutefois, bien que cette bifurcation se soit produite au tiers ou à la moitié de la foliole, le sommet n’est pas positivement lobé, mais plutôt tronqué.
Une feuille de vigne, dont les deux moitiés sont parfaitement symétriques, a deux nervures médianes, ou plutôt la nervure médiane unique se divise bien peu au-dessus de la limite qui sépare le limbe du pétiole; le lobe médian de cette feuille est bilobé au sommet, mais peu profondément.
Je trouve aussi la même disposition de la nervure médiane sur une autre feuille de la même plante. Mais cette feuille anormale est soudée par toute la longueur de son
pétiole, au pétiole d’une autre feuille, de telle façon que les deux limbes sont appliqués l’un contre l’autre par leurs faces correspondantes et, dans le cas présent, c’est par les faces organiquement supérieures. Mais, en outre, ces deux limbes sont unis l’un à l’autre par la soudure de leurs nervures médianes jusqu'à la première ramification de celles-cr.
Ce n’est pas la première fois qu’un fait tératologique semblable a été observé. Il en est, à ma connaissance, deux autres exemples consignés dans les annales de la science. M. His (1) a observé deux feuilles d'oranger dont les limbes étaient ainsi greffés par la partie inférieure des nervures médianes et se regardaient aussi par leurs faces supérieures. Bonnet (2) a vu, au contraire, deux feuilles de Laitue soudées par leurs nervures médianes de manière à se regarder par leurs deux faces de dessous, comme il l'explique lui-mème. Il est à remarquer que, dans les deux cas, l'union a lieu par des parties homologues.
(1) His, dans Moquin-Tandon, Eléments de Tératologie végétale, Paris, 1841, in-8v, p. 250.
(2) Bonnet, 1. c., p. 309.