‹ Mélanges économiquesChapitre 18 sur 19 · NEUF JOURS PRÈS D'UN MOURANT · texte numérisé non relu

NEUF JOURS PRÈS D'UN MOURANT

Le 16 décembre, vers midi, j'arrive chez lui, je le vois. Nous nous smbrassons, mais à son premier mouvement tout affectueux succède une impression chagrine. Sa figure s'attriste, et il murmure, en élevant les mains : « Est-il possible que vous ayez fait un si long voyage? Quelle folie!»

Pendant cette première entrevue je le trouvai, à ma grande surprise, impatient, irritable... Comme je voulais lui éviter la peine de monter un étage, à l'aide d'une précaution que j'aurais prise, il me dit : « Je ne puis pas souffrir qu'on s'occupe de moi. » Il lui répugne d'être vu pendant qu'il boit et mange, à cause des efforts pénibles qu'exige de lui l'inglutition. Toutefi)is cette répugnance ne parait pas exister à l'égard des étrangers. Ainsi à 2 heures 1/2 il entre au café prendre un verre de sirop et ne veut pas que je l'accompagne.

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